Mise à jour: 02/06/2009 10:41  
Montréal
À la défense du Café Cléopâtre
(Journal de Montréal) Mathieu Turbide
Le Journal de Montréal
 
Éric Paradis, organisateur de soirées de spectacles fétiches, et Johnny Zomboulakis, propriétaire du Cléopâtre, espèrent sauver l’institution du boulevard Saint-Laurent. © Mathieu Turbide

Une coalition d'artistes, de fétichistes, de danseuses et de prostituées se porte à la défense du Cléopâtre, l'un des plus anciens bars de danseuses nues de Montréal, qui est menacé d'expropriation.

Le Café Cléopâtre, qui propose des spectacles érotiques depuis 1975 sur le boulevard Saint-Laurent, juste au sud de Saint-Catherine, pourrait être forcé de fermer ses portes. À sa place s'élèverait une gigantesque tour à bureaux sur le quadrilatère situé à l'ouest de Saint-Laurent, au sud de Sainte-Catherine, au nord du Monument- National et à l'est de la rue Clark.

Le projet, poussé par le promoteur Angus, est appuyé par l'arrondissement Ville-Marie, qui a adopté, le mois dernier, un règlement prévoyant des expropriations si les propriétaires réfractaires n'acceptaient pas de vendre leur immeuble au promoteur.

«Personne à la Ville ne m'a jamais appelé ni consulté, dénonce le propriétaire depuis 33 ans du Cléopâtre, Johnny Zomboulakis. Seul le promoteur est venu me voir en me disant qu'il n'y avait pas de place pour moi dans son projet et que si je ne vendais pas, la Ville allait m'exproprier.»

Depuis, la résistance s'organise. Des artistes marginaux organisent un rassemblement samedi pro-chain. Une pétition a aussi été mise en ligne pour sauver le Cléopâtre.

Patrimoine

«Le Cléopâtre fait partie du patrimoine du Red Light. C'est un des seuls commerces à avoir conservé la vocation de spectacles de la Main tout en protégeant le caractère historique de l'immeuble et de sa façade», plaide Éric Paradis, organisateur des soirées fétiches mensuelles du Club Sin, qui ont lieu au deuxième étage du Cléo.

Même l'organisme Stella, qui défend les droits des travailleuses du sexe, appuie le Cléopâtre. «Le Cléo, au rez-de-chaussée, est un bar de danseuses nues qui acceptent tous les types de corps, contrairement à la majorité des bars de danseuses», souligne Émilie Laliberté, coordonnatrice au financement, exintervenante chez Stella et elle-même ex-prostituée, qui a travaillé au coin des rues Sainte-Catherine et Saint-Laurent.

Selon Mme Laliberté, le propriétaire du Café Cléopâtre, Johnny Zomboulakis, a toujours été très généreux avec les groupes communautaires comme le sien, notamment en leur prêtant gratuitement la salle du deuxième étage pour tenir des réunions ou des événements.

Éric Paradis a bon espoir de pouvoir convaincre le promoteur Angus d'accepter un compromis.

«On veut présenter une proposition constructive au promoteur. Je suis certain que d'ici le rallye de samedi, on va être en mesure d'annoncer une entente», dit-il.

La pétition est en ligne au http://www.ipetitions.com/petition/ensembles


 
 
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