Mise à jour: 20/04/2009 14:13  
Les sextos font leur entrée au Québec
Sarah-Maude Lefebvre
 
Les sextos, ces messages ou photographies à caractère sexuel échangés par messagerie texte de téléphone cellulaire entre jeunes peuvent en effet se retrouver n’importe où, autant sur le web que sur des ordinateurs privés. Photo: Sébastien St-Jean
Les groupes d’aide pour les jeunes s’inquiètent de la popularité grandissante des sextos qui, après les webcams, sont en voie de devenir la nouvelle forme d’intimidation chez les adolescents.

Ces messages ou photographies à caractère sexuel échangés par messagerie texte de téléphone cellulaire entre jeunes peuvent en effet se retrouver n’importe où, autant sur le web que sur des ordinateurs privés. Or, s’ils ne sont pas encore aussi populaires auprès des adolescents québécois qu’aux États-Unis, ils commenceraient déjà à faire des ravages au Québec.

Le phénomène est en effet connu depuis environ deux ans par les intervenants de Jeunesse, J’écoute.

« On reçoit de plus en plus d’appels à ce sujet. L’image de la jeune fille qui envoie des photos sexys à son copain, qui les montre à tout le monde par la suite, c’est le stéréotype par excellence. Il serait faux de croire que ça n’arrive qu’aux filles, cette forme d’hypersexualisation touche aussi les garçons », témoigne Alexandre, sexologue et intervenant à Jeunesse, J’écoute.

Chez Tel-Jeunes, on avoue aussi recevoir une « quantité appréciable » de courriels et d’appels à ce sujet, même si le mot « sextos » n’est pas encore intégré au langage courant des jeunes.

« C’est un phénomène qui est en expansion dans la mesure où les adolescents ont accès de plus en plus facilement aux téléphones cellulaires », explique Marlène Harvey, directrice des services à Tel-Jeunes.

Selon cette dernière, les sextos sont un phénomène en devenir. « On entend moins parler de l’intimidation par sextos que celle effectuée à l’aide des caméras web. Toutefois, nous croyons que cette forme de cyberintimidation pourrait se transférer rapidement sur les téléphones ».

Une hypothèse partagée par Alain Gariépy, de l’Association des sexologues du Québec, qui croit que « c’est toujours le même problème de l’intimidation, c’est seulement le mode d’expression qui évolue ».

De son côté, la Commission scolaire de Montréal avoue être « consciente de l’existence » des sextos, mais soutient qu’il ne s’agit pas là d’une tendance lourde.

Étant donné la récente émergence de ce phénomène, il n’existe pas à l’heure actuelle de statistiques canadiennes sur les sextos.

Une vague de sextos aux États-Unis

Si le phénomène des sextos est relativement récent au Canada, il est toutefois en plein essor aux États-Unis alors que les reportages et analyses à ce sujet se multiplient dans les médias américains.

Selon une étude publiée par la National Campaign to Support Teen and Unplanned Pregnancy, 20% des adolescents américains seraient des adeptes du « sexting », une pratique qui n’est pas sans risque comme l’ont appris à leurs dépends trois adolescentes de Pennsylvanie. Ces dernières ont été accusées de fabrication, dissémination et possession d’images pédopornographiques tandis que leurs copains respectifs font face à des accusations de possession d’image à caractère pédophile.

La Sûreté du Québec ainsi que le SPVM sont conscients cette problématique qu’ils qualifient tous deux de « marginale pour le moment ».

« C’est sûr par contre qu’on garde un œil là-dessus. Nous avons experts de la cybercriminalité qui observent tout, des photos aux courriels. Cependant, nous avons reçu aucune plainte à ce sujet cette année », explique Yannick Ouimet, agent du SPVM.

sarahmaude.lefebvre@24-heures.ca


 
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