iPhone: le consommateur pourra-t-il payer les tarifs de Rogers?

27 juin 2008 | 15h27
- ARGENT
En vidéo, les explications de l'analyste Anthony Hémond.

Par Katia Germain

ARGENT

Rogers Communications (RCI.B) a annoncé vendredi sa tarification pour l’appareil iPhone 3G d'Apple (AAPL), qui sera commercialisé dans les magasins canadiens à compter du 11 juillet prochain.

Rogers et sa division Fido offriront un forfait voix et données d’une durée de trois ans, qui variera de 60$ à 115$ par mois.

Les tarifs aux États-Unis seront moins élevés et la durée du contrat sera de deux ans, ce qui avantage le consommateur américain. L'analyste en politiques réglementaires de l'Union des consommateurs, Anthony Hémond, se désole du fait qu'au Canada, les consommateurs devront payer plus cher pour moins de services.

Selon lui, le manque de concurrence au Canada est en cause. «Le marché est plus grand aux États-Unis et il y a plus d'acteurs. Au Canada, vous avez trois gros joueurs qui sont sur le marché et en dehors de cela, il n'y a pas de concurrence», explique-t-il.

Le iPhone ne sera vraisemblablement pas à la portée de tous. «Il n'y a que les millionaires qui pourront se le permettre» ironise M. Hémond. Les prix des forfaits n'incluent pas les frais tels que l'accès au réseau ni le coût des options. «Pour le consommateur, ça paraît irréaliste. Si vous prenez un forfait à 60$ par mois, donc sur 12 mois, ça vous fait 720$, sur trois ans, vous atteignez 2160$», dit-il.

Le total des mises lancées dans le cadre de la vente aux enchères par Industrie Canada du spectre réservé aux services sans fil évolués atteignent 4,1G$. L'analyste ne croit pas que l'arrivée de nouveaux joueurs tels que Quebecor et Shaw Communications permettra d'améliorer le sort des consommateurs canadiens. «Ça va profiter au gouvernement, mais il faudra bien que quelqu'un paie et en bout de ligne, c'est le consommateur qui devra payer», conclut-il.