Mise à jour: 25/06/2008 05:20  
La St-Jean
Une Anglaise au défilé
(Journal de Montréal) Noée Murchison
Le Journal de Montréal
 
Pierre Falardeau et Manon Leriche ont bien ri en apprenant que la touriste à qui ils venaient d’expliquer ce qu’est la Fête nationale était en fait une journaliste. «Je me suis retenu pour ne pas te dire de changer de chandail », avouait M. Falardeau. © Le Journal de Montréal, Annik Mh de Carufel

Les Montréalais avaient tellement le cœur à la fête, hier, que même une touriste anglophone vêtue d'un t-shirt du Canada n'arrivait pas à entamer leur bonne humeur.

Afin de tester la tolérance des Québécois le jour de la Fête nationale, une représentante du Journal de Montréal s'est mêlée aux festivités en prétendant parler uniquement anglais.

Portant le motif de la feuille d'érable sur son t-shirt rouge, elle disait être une touriste canadienne fraîchement débarquée à Montréal.

Gentillesse

À sa grande surprise, la douzaine de spectateurs apostrophés près du défilé pour savoir pourquoi tout le monde fêtait lui ont volontiers répondu de leur mieux en changeant de langue (voir encadré).

«C'est le premier ministre préféré des Québécois», expliquait notamment Della Maldet lors du passage de la marionnette représentant René Lévesque.

Quelques pas plus loin, Pierre Falardeau y allait de sa propre explication. «C'est comme la Fête du Canada, mais la Fête du Canada, tout le monde s'en crisse», lançait-il à la prétendue touriste.

Une dame a même demandé à son fils de traduire en anglais sa description de la Saint-Jean.

Feuille d'érable

Aucun Québécois approché en anglais n'a reproché à la journaliste sa tenue fédéraliste.

«On est tolérant, on est du bon monde ! Mais si j'avais vu ta feuille d'érable, je t'aurais dit de ne pas porter ça», lui a quand même lancé Michel Emery, une fois démasquée.

Des passants ont aussi dévisagé la représentante du Journal qui jurait parmi tous les drapeaux du Québec, quelques-uns soulignant le caractère insultant de sa tenue.

«C'est un agent provocateur», commentait ainsi Line Gariépy avant d'ajouter que «l'important, c'est qu'ils soient de la fête».

«Ce qu'ils ont dit ...»

Claudette Blais et Michel Emery regardaient le défilé, décorés de plusieurs drapeaux du Québec, quand la journaliste leur a demandé en anglais ce qui se passait dans la rue. Après quelques secondes de surprise, ils ont tenté de lui dire dans sa langue que Saint-Jean-Baptiste est le patron des Québécois. «C'est la fête des Québécois francophones», disait Mme Blais. «De tous les Québécois», ajoutait son époux.

Pierre Ledoux assistait au défilé avec sa fille et ses petits-enfants quand la représentante du Journal l'a apostrophé en anglais. Comme elle disait venir d'une autre province, il lui annonçait qu'elle était arrivée au Québec la bonne journée. «C'est la fête de tous les Québécois. Bienvenue !», lançait-il à la prétendue touriste. Même sans drapeau du Québec, elle serait bien accueillie au parc Maisonneuve, assurait-il.

Gabriel Duchesneau transportait une pancarte pour la défense du français quand il a offert un dépliant à la journaliste. Constatant qu'elle ne comprenait pas le français, il lui a indiqué en anglais que la langue est menacée au Québec. Il a aussi tenu à expliquer l'importance de la Fête nationale. «Le Québec existait 250 ans avant le Canada», soulignait-il à la prétendue touriste.


 
 
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