03/06/2008 17:27
Ecclestone doute que Mosley puisse continuer
Charles-André Marchand
Malgré le vote de confiance de la FIA
 
Max Mosley © AP Photo/Luca Bruno
Bernie Ecclestone, grand manitou de la Formule Un, doute sérieusement que Max Mosley pourra continuer d’exercer normalement ses fonctions de président de la FIA, et ce, malgré le vote de confiance qu’il a reçu aujourd’hui en assemblée générale extraordinaire.

Dans une entrevue accordée à l’agence britannique Press Association, Bernie Ecclestone déclare: «Cela va être difficile pour lui d’agir en tant que président de la FIA si les gens qui refusaient de le rencontrer auparavant maintiennent cette position. J’espère que cela n’a pas déstabilisé les commanditaires et les constructeurs».

Rien n’a changé

Même s’il a réclamé la démission de Mosley ce week-end, Bernie Ecclestone répète qu’il voulait une transition en douceur: «Ce que je ne voulais pas, c’est que Max parte aujourd’hui. J’ai demandé un million de fois qu’il démissionne à fin novembre.»

Si Mosley avait retenu cette suggestion, Ecclestone croit que la passation de pouvoirs aurait pu se faire sans que personne ne soit tenté de claquer la porte de la FIA. Ce qui n’est plus du tout le cas.

«Nous sommes à présent dans une position où personne ne sait tout à fait ce qui se passera. Je ne pense pas que tous ceux qui ont dit des choses dans le passé vont changer d’avis maintenant. Rien n’a changé à cet égard. Ce n’est pas parce qu’il a obtenu le vote de quelques clubs d’Afrique que le Roi d’Espagne voudra davantage lui serrer la main», a-t-il affirmé au quotidien britannique The Daily Telegraph, dont le journaliste Kevin Garside tourne en dérision ce vote de confiance gagné auprès de fédérations «d’Europe de l’Est, d’Afrique et des pays en voie de développement».

Boycottage allemand

Bernie Ecclestone s’inquiète surtout des répercussions possibles sur la Formule Un: «Aujourd’hui il a eu ce qu’il voulait. Il est toujours là, c’est tout. J’ai été sous une pression horrible de gens qui me disaient que Max ne pouvait nous représenter. Ils disaient qu’on ne pouvait le soutenir et que je devais le convaincre de démissionner. Je ne suis plus dans cette position », a-t-il affirmé.

Déjà certaines réactions confirment que la fin de mandat de Max Mosley s’annonce des plus houleuse. Ainsi, dès l’annonce du résultat du scrutin, la fédération allemande a laissé savoir, par voie de communiqué, qu’elle mettait fin immédiatement à toutes ses activités au sein de la FIA, et ce, tant et aussi longtemps que Mosley en sera le président. «Nous accueillons ce résultat avec regret et incrédulité», peut-on lire dans le communiqué du Allgemeiner Deutscher Automobil-Club, le plus important club en Europe.

Le CAA et le AAA

D’autres fédérations nationales risquent désormais d’emboîter le pas et de boycotter la FIA. Le président de la fédération hollandaise, Guido Van Woerkom, a déclaré que désormais, Mosley n’était plus qu’un président «fantoche». L’Association automobile canadienne (CAA) s’est dite déçue par le résultat de ce vote de confiance et l’on attendra le retour de Paris de ses dirigeants pour décider de la marche à suivre.

La fédération américaine, America’s Automobile Association (AAA), songe, elle aussi, à rompre ses liens avec la FIA. «C’est une journée décevante pour la FIA», a commenté le président du AAA, Robert Darbelnet. «Je vais réfléchir très sérieusement à savoir si nous resterons engagés au sein d’une organisation qui approuve ce genre d’activités», a-t-il ajouté, en référence à la participation de Mosley à une séance sadomasochiste à connotation nazie dans un bordel de Londres.

Mosley pourrait s’accrocher

Avant l’assemblée générale, Bernie Ecclestone avait servi une mise en garde aux 222 membres votants de la FIA qu’un vote de confiance pourrait inciter Mosley a briguer un cinquième mandat en octobre 2009, même s’il a déjà déclaré le contraire: «Le problème est que s’il reste jusqu’en 2009, il continuera encore. Je suis certain à cent pour cent de ça, non, un million de pour cent certain. C’est ce qu’il a dit. Mosley a déclaré qu’il n’a pas besoin de faire quoi que ce soit, qu’il y aura une autre élection et qu’il pourra continuer s’il le veut», a déclaré Ecclestone au Times.

Pourtant, le grand argentier de la F1, qui n’est pas à une contradiction près, tenait un tout autre discours après le résultat du vote secret des membres de la FIA: «Avant cette histoire, Mosley m’a souvent dit qu’il en avait assez, qu’il voulait s’en aller et faire autre chose dans sa vie».

 
 
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