Mise à jour: 01/06/2008 06:42  
Tabac/Réglementation
C'est la «loi mohawk»
(Journal de Montréal) Jean-Michel Nahas
Le Journal de Montréal
 
Les cigarettes Nativevendues dans les «cabanes» de Kahnawake sont bien visibles. © Photo Chantal Poirier/Journal de Montréal

Les Mohawks de Kahnawake et Kanesatake se fichent éperdument de la nouvelle interdiction provinciale de laisser à la vue les cigarettes dans leur commerce, a constaté hier le Journal.

Une tournée éclair de «cabanes» de ces deux territoires amérindiens où les produits du tabac sont abondamment vendus a permis de constater que cette loi qui entrait hier en vigueur ne semble pas pour les Mohawks.

«Je n'ai jamais entendu parler de cela», a lancé la première employée interrogée, dans un commerce situé aux abords de la 132, à Kahnawake.

Les Peacekeepers s'en mêlent

La dame n'a visiblement pas apprécié être questionnée à ce sujet. Moins de cinq minutes plus tard, un Peacekeeper (policier Mohawk) disant répondre à une plainte pour harcèlement débarquait sur les lieux.

Après un bref interrogatoire où on nous a subtilement invités à quitter l'endroit, nous avons pu poursuivre notre reportage.

À deux pas de là, dans un autre établissement où les cigarettes Native sont bien visibles, la commis nous a répondu que la loi ne s'appliquait pas aux Premières Nations.

«Comme vous pouvez voir, on ne suit pas cette interdiction, ce n'est pas pour nous», a lancé la femme.

Dans le troisième dépôt visité, la commerçante a affirmé connaître la législation maintenant en vigueur. Si ses cigarettes sont exposées aux yeux de tous, c'est pour une raison pratique, a-t-elle argué.

«On n'est pas dans un dépanneur, on ne vend que cette marchandise. S'il fallait ouvrir des tablettes à chaque fois, ce serait beaucoup trop long.»

Du pareil au même

Même son de cloche du côté de Kanesatake où les articles de fumeur sont tout, sauf inaccessibles.

«J'ai entendu parler de la loi, mais je suis complètement indifférente, a dit une employée. Si quelqu'un fume déjà, ce n'est pas un panneau de tôle qui va le faire changer d'idée.»

Quelques rues plus loin, à Oka, la position des Mohawks à ce sujet provoque des réactions partagées dans les dépanneurs qui se plient à la nouvelle réglementation.

«Ils vont sûrement vendre plus que nous», s'est inquiétée une commis du dépanneur 7 jours.

Gérante d'un commerce avoisinant, Marie a affirmé ne pas être surprise de l'attitude de ses voisins amérindiens.

«Ils font ce qu'ils veulent, ça a toujours été comme ça, a-t-elle dit. Ça fait tellement longtemps qu'ils vendent, la loi ne changera rien.»


 
 
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