Mise à jour: 01/04/2008 05:40  
STM
Voyager sans payer
(Journal de Montréal) Noée Murchison
Le Journal de Montréal
 
La plupart des chauffeurs d’autobus ne regardent pas les billets de correspondance qui leur sont tendus. © Le Journal - Pascal Ratthé
Notre journaliste a voyagé à bord de 27 autobus avec des billets de correspondance non valides.

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Profiter des transports en commun sans payer un sou est un jeu d'enfant, a découvert Le Journal de Montréal en voyageant gratuitement à bord de dizaines d'autobus.

La Société de transport de Montréal (STM) a beau crouler sous les déficits et perdre 20 millions de dollars chaque année à cause de la fraude, la plupart des chauffeurs d'autobus ne vérifient pas les titres de transport qu'ils reçoivent.

Une de nos journalistes a présenté des billets de correspondance de métro non valides à 28 reprises pour monter à bord d'autobus de la STM.

Dans 27 des 28 autobus, les chauffeurs lui ont permis d'embarquer sans problème. Un seul lui a refusé le passage.

Pas de chauffeur

Deux fois la représentante du Journal a pu monter dans des autobus immobilisés devant des stations de métro avec leur porte ouverte, sans chauffeur à l'intérieur.

En sortant, l'un d'eux a même lancé «Embarquez!» à l'intention d'une file de plus de 25 personnes. Une trentaine d'usagers sont alors entrés sans payer ni même montrer leur carte mensuelle.

Alors que la STM a haussé ses tarifs de 2 % au début de l'année pour équilibrer son budget, la surveillance n'était pas beaucoup plus marquée avec un chauffeur au volant.

Bien que souriants, les trois quarts des conducteurs n'ont même pas regardé le billet de correspondance tendu par la journaliste.

Parmi les huit qui l'ont pris dans leur main, un seul a noté que l'heure était dépassée. Pourtant, les correspondances données dataient parfois de deux jours auparavant.

Des écouteurs

Les employés de la STM n'ont pas non plus été alertés lorsque la représentante du Journal a obtenu jusqu'à dix billets de correspondance à une même station de métro.

Dans un des cas, un employé était pourtant assis à un mètre à peine de distance du distributeur, des écouteurs aux oreilles.

La STM accuse des déficits chaque année depuis 2004. Ceux-ci totalisent plus de 31 M$ sur trois ans.

Près de la moitié des revenus de la STM proviennent de fonds publics, principalement de la Ville de Montréal et du gouvernement du Québec.


 
 
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