Mise à jour: 26/02/2008 11:14  
Santé
Les assistés sociaux pris en otages?
(Journal de Québec) Le Journal de Québec
 
Les groupes de parents et de soutien aux assistés sociaux s'indignent de la décision des dentistes de se désaffilier de la Régie de l'assurance maladie.

«On n'a pas à être pris en otage par personne pour permettre de gagner une négociation», estime Nicole Jetté, du Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ). S'ils ne s'entendent pas avec le gouvernement du Québec d'ici un mois, 2300 dentistes ont annoncé qu'ils se retireront du régime public d'assurance maladie. Les enfants de moins de 10 ans et les bénéficiaires d'aide sociale devront donc payer pour leurs consultations, eux qui sont actuellement couverts par la RAMQ. La mesure entrera en vigueur le 27 mars.

Inquiétude

Cette situation inquiète les principaux intéressés. «Ça risque d'être assez difficile pour beaucoup de nos parents, qui ont déjà des budgets très serrés», craint Wafaa Bennane, intervenante à l'Association des parents-étudiants du Québec. «Ceux qui n'en ont pas les moyens vont tout simplement sauter les visites chez le dentiste», prévoit Angela Gale du groupe Entraide-Parent. «Évidemment, ça aura des conséquences directes sur la santé des enfants», estime-t-elle.

Déjà parti

Quelque 200 dentistes sont déjà désaffiliés de la RAMQ. Et selon l'Association des chirurgiens dentaires, le mouvement s'est intensifié depuis les derniers mois. «Je préfère pratiquer au privé qu'être payé 10$ de l'heure pour traiter des patients couverts par la Régie», explique le Dr Nicolas Poirier, qui s'est désaffilié avant les fêtes. Même le FCPASQ a remarqué la tendance. «De plus en plus de dentistes refusent de traiter les prestataires d'aide sociale», dénonce Nicole Jetté.

Plusieurs des dentistes qui quittent la RAMQ sont établis dans des quartiers défavorisés. C'est le cas du Dr Henri Dussault, qui est non-participant depuis 1999. «Plus de la moitié de ma pratique était couverte par l'assurance maladie, dit-il. Je ne faisais pas d'argent» «Je voulais moderniser mon équipement, mais je ne pouvais pas, j'aurais fait faillite, raconte-t-il. Alors j'ai quitté.»

Ses clients les moins riches ont changé de dentiste.


 
 
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