Mise à jour: 12/11/2007 17:13  
Étude sur la contamination d’amiante à Thetford Mines
Laurent Lessard choqué par un article de Daniel Green
(Canoë) Mélanie Tremblay
 
Laurent Lessard, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation © Photo Canoë/Mélanie Tremblay
«Moi, je n’attends pas après Daniel Green (chroniqueur environnementaliste du Journal de Montréal) qui est probablement caché à Montréal dans une tour d’ivoire pour me demander ce qui se passe dans la vie de tous les jours à Thetford Mines», a lancé Laurent Lessard, le député de Frontenac et ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, visiblement choqué, lors d’une entrevue accordée à Canoë en marge de la rencontre annuelle de l’Association des restaurateurs du Québec.

La déclaration du député se veut une réponse à un article écrit par le chroniqueur et publié ce dimanche, dans lequel M. Green indiquait que Thetford Mines était polluée par l’amiante. «Le ministre Laurent Lessard, qualifiant les études scientifiques de rapports de bonne femme, continue de nier l’évidence que l’amiante tue. Il ne sert à personne, surtout pas aux gens de Thetford Mines, de se mettre la tête dans le sable: l’amiante québécois est dangereux et n’a pas d’avenir commercial, sauf peut-être en dumping dans les pays pauvres», écrivait-il, entre autres.

L’article de M. Green était lié à une étude présentée par l'Association des victimes de l'amiante du Québec (AVAQ) la semaine dernière, selon laquelle 50% des maisons de Thetford Mines auraient des concentrations inacceptables d’amiante dans l’air, selon des normes américaines.

L’étude, basée sur des analyses effectuées en 2003 et en 2004 dans 26 maisons situées à environ un kilomètre des montagnes de résidus d’amiante, a démontré que 15 sur 26 présentaient un taux de poussière d'amiante anormal dans l’air ambiant. Ce qui pouvait entraîner des risques que les Thetfordois développent des maladies pulmonaires.

Laurent Lessard rappelle que le Québec a progressé au chapitre des normes de salubrité et d’hygiène industrielle et que Thetford Mines s’est depuis longtemps dotée de règles très disciplinées afin de travailler de façon sécuritaire.

«Je vis à Thetford Mines et ma famille vit là. Je peux vous dire qu’on s’occupe de notre santé d’abord avant de promouvoir l’industrie d’exploitation d’amiante. On n’est pas bornés et assez fous pour travailler à se faire mourir! On est plus conscients que ça et assez intelligents pour s’occuper de nos affaires!», a affirmé M. Lessard.

«Curieusement, c’est comme si Daniel Green voulait nous apprendre qu’il y avait une mine d’amiante à Thetford Mines. Haaa! Surprise! On n’en avait pas eu connaissance! Bien oui, on mesure nos actions tant pour les travailleurs que pour les résidants. Et on s’assure qu’on vit dans des conditions sécuritaires», a poursuivi le ministre.

Il a aussi mentionné que l’industrie d’exploitation d’amiante ne représentait que 600 emplois, contrairement à ce que plusieurs pensent, dans une région où il y en a des milliers. Selon des données fournies antérieurement par la Ville de Thetford Mines, le secteur minier occupe 3% des emplois de la région de l’Amiante, qui compte plus de 40 000 habitants.

L’étude

Laurent Lessard, qui avait qualifié l’étude de l’AVAQ «d’étude de bonne femme» la semaine dernière, maintient toujours sa position. Il croit fermement que l’étude manque de rigueur. Et que cela est «inacceptable».

«On parle d’une association qui n’a pas de numéro de téléphone, pas de site Internet et qui ne revient même pas en public parler de sa pseudo étude. Nous, nous avons toujours basé nos études sur des données scientifiques. En ce sens, des analyses effectuées à Thetford Mines par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, ont démontré qu’on est de 10 à 100 fois (selon les points analysés) en bas de la norme», a-t-il conclu.

 
 
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