| C'est avec une franchise déroutante que 59% des Québécois s'avouent racistes dans un sondage sans précédent qui bouleverse notre perception de leur ouverture face aux autres cultures.
Les Québécois ont passé outre l'aspect tabou et controversé de cette question lors de ce sondage Léger Marketing réalisé pour le compte du Journal de Montréal, de TVA et du 98,5 FM.
Contrairement à ce qu'on croit généralement, le racisme est plus présent à Montréal qu'en région.
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«Il y a plusieurs façons de mesurer et de définir le racisme d'une population, explique le sondeur Jean-Marc Léger. Dans ce sondage, les citoyens révèlent eux-mêmes leurs attitudes et leurs comportements à caractère raciste.»
«Ceux qui ont des contacts avec les communautés culturelles sont légèrement plus racistes», dit M. Léger, qui y voit un lien avec les récents cas d'accommodements raisonnables.
Plusieurs raisons possibles
Autre donnée intéressante: les Québécois sont plus racistes que les autres Canadiens (47%), un constat qui étonne le président de la Société Saint-Jean-Baptiste, Jean Dorion. «Je ne perçois pas la société québécoise comme étant raciste», dit-il.
Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer ce fort pourcentage qui remet en question l'ouverture d'esprit des Québécois.
Fo Niemi, du Centre de recherche-action sur les relations raciales, estime que ce résultat «étonnant» est relié à la conjoncture mondiale.
«Les cas d'accommodement raisonnable, les gangs de rue, le conflit israélo- palestinien et le terrorisme jouent sur le bien-être et l'insécurité des gens», dit-il.
Daniel Salée, de l'Université Concordia, partage cette opinion. «C'est inquiétant, car on a tendance à croire qu'à cause de la politique canadienne du multiculturalisme, on est ouvert aux autres», lance-t-il.
Saïd Jaziri, imam de la mosquée al-Qods à Montréal, blâme les attentats de 2001. «Avant le 11 septembre, les gens ne savaient pas d'où venaient les musulmans. Aujourd'hui, ils pensent juste qu'ils viennent de pays terroristes», déplore-t-il.
«Une grande partie des Québécois ne reconnaissent pas que la grande majorité des Juifs passent inaperçus», dénonce à son tour Steven Slimovitch, porte-parole du B'nai Brith en référence aux Juifs hassidiques d'Outremont.
Racisme et xénophobie
Pour Marie Mc Andrew, de l'Université de Montréal, un bémol s'impose. «Il est rassurant de voir que seulement 16 % se disent moyennement ou fortement racistes. Il ne faut pas mélanger le racisme, qui est une attitude de supériorité d'intelligence, et la xénophobie, qui est la peur de l'étranger», explique-t-elle, rappelant que plusieurs avouent mal connaître les ethnies.
La proportion de vrais racistes doit se situer autour du cinquième des répondants qui affirment que certaines races humaines sont plus douées que d'autres, dit-elle.
lmgagne@journalmtl.com

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