Mise à jour: 29/11/2006 06:55  
Débat sur la nation québécoise
Ça ne passe pas du tout au Canada anglais
(Journal de Québec) Jean-François Racine
Journal de Québec
 
Le débat sur la nation québécoise prend actuellement un virage empoisonné ailleurs au pays puisque les Canadiens rejettent massivement l'idée désormais acceptée par la Chambre des communes.

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Le pays rejette en bloc l'idée que le Québec est une nation, dit un sondage Léger Marketing mené pour le compte du réseau TVA. À l'échelle du pays, 67% des personnes interrogées se sont dites en désaccord avec le contenu de la motion présentée par le gouvernement de Stephen Harper et adoptée par 266 députés fédéraux contre 16, lundi soir. Le texte affirme que «les Québécois forment une nation dans un Canada uni».

À l'extérieur du Québec, la proportion des répondants en désaccord atteint un score encore plus élevé, soit 77%. Ce qui a fait dire au sondeur Jean-Marc Léger que le reste du Canada rejetait totalement cette motion controversée. Les seuls qui y sont favorables sont les francophones du Québec à 71%. Les anglophones de la province la désapprouvent à 62%. Le dossier est donc loin d'être clos.

Déconnectés du peuple

Le débat sur la nation n'a cependant pas eu de conséquences sur les intentions de vote, jusqu'à maintenant. Les conservateurs récoltent actuellement 34% des appuis au Canada et 20% au Québec. Si des élections avaient eu lieu la semaine dernière, les libéraux auraient obtenu 32% des voix, le NPD 15% et le Bloc 10% (40% au Québec).

M. Léger assure que si les conservateurs avaient voté contre la nation, ils auraient perdu des points parmi les francophones. Selon ce dernier, les résultats montrent un écart entre les préoccupations des politiciens et celles des citoyens. «Le monde politique serait déconnecté du monde réel», a-t-il signalé à la Presse Canadienne.

Ignatieff ne passe pas

Autre écart important entre le peuple et les politiciens, on constate que le résultat de la course au leadership du Parti libéral pourrait être différent si le scrutin était ouvert aux citoyens ou aux électeurs libéraux, plutôt que seulement réservé aux délégués du parti.

Le favori parmi ceux qui peuvent voter au congrès, Michael Ignatieff, se classe troisième derrière Bob Rae et Ken Dryden à travers les citoyens et les partisans libéraux. Stéphane Dion arrive quatrième. Dans la population canadienne, Rae recueille 17 % des appuis, comparativement à 11 % pour Dryden. Michael Ignatieff serait le premier choix de seulement 9% des Canadiens, soit autant que M. Dion.

Beaucoup de chemin reste à parcourir pour les troupes libérales puisque autant les membres du PLC que la population du pays croient que le parti de Jean Chrétien n'a pas racheté ses fautes depuis l'éclatement du scandale des commandites.

Méthodologie

  • Le sondage a été mené entre le 16 et le 26 novembre auprès de 1527 adultes canadiens. La marge d'erreur du sondage est de 2,6 pour cent, 19 fois sur 20. Les résultats recueillis par Léger ont été pondérés en fonction de l'âge, du sexe, de la religion et de la langue maternelle, selon les données de Statistique Canada.
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