Mise à jour: 26/06/2006 07:04  
Conflit d'intérêts / Hydro-Québec
Un haut dirigeant sur la sellette
(Journal de Montréal) Jean-Maurice Duddin
Le Journal de Montréal
 
LCN
Le président du conseil d'administration d'Hydro-Québec, Michael L. Turcotte, est également administrateur de l'un des plus importants fournisseurs d'Hydro.

Le nouveau président du conseil d'administration d'Hydro-Québec, Michael L. Turcotte, a été nommé en novembre dernier à la tête de la plus importante société d'État du Québec, en remplacement de l'ancien ministre libéral des Finances, André Bourbeau.

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Le Journal de Montréal a découvert que M. Turcotte siège aussi, depuis six ans, au conseil d'administration d'un important fournisseur de la société d'État, Guillevin International, et que ce fournisseur de matériel électrique a reçu plus de 1,2 million de dollars en contrats d'Hydro l'an dernier.

Il figure ainsi parmi une liste restreinte de 59 fournisseurs qui facturent plus d'un million de dollars par an à Hydro, a pu vérifier le Journal.

125 000 $ par an

En entrevue au Journal, M. Turcotte a confirmé sa situation chez Guillevin et admis qu'il était aussi payé pour siéger au conseil de Guillevin. Il a cependant refusé de dévoiler au Journal la nature de sa rémunération pour cette entreprise privée.

Chez Hydro, son job à temps partiel de président du conseil lui vaut 125 000 $ par an. Il a aussi droit à un compte de dépenses.

M. Turcotte a soutenu au Journal qu'il respectait rigoureusement le code de déontologie des administrateurs de la société d'État et qu'il «n'était pas en conflit d'intérêts».

Le président du conseil a précisé que tous les contrats de Guillevin ont été accordés par appels d'offres publics et aucun d'eux n'a été soumis à l'approbation du conseil de la société d'État.

«À titre de président, je dirige le conseil d'administration d'Hydro. Je ne suis pas président de l'exécutif. Je conseille sur la gestion, la stratégie de l'entreprise. C'est impossible d'avoir une situation de conflit d'intérêts.»

M. Turcotte se défend aussi en rappelant sa carrière de banquier - il a été 36 ans à la Banque Royale et a quitté à titre de 1er vice-président et directeur général - pour expliquer qu'il est «très conscient de l'importance d'éviter tout conflit d'intérêts».

«Je connais bien les notions d'intégrité et je suis très conscient d'éviter tout conflit d'intérêts», précise l'administrateur de 68 ans.

Il coupera court à toutes doléances éventuelles de concurrents de Guillevin qui se plaindraient de ce conflit d'intérêts potentiel: «Ils perdent leur temps en ce que je suis concerné.»

 
 
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