Mise à jour: 24/11/2005 10:01  
Leur fille a été tuée par un présumé chauffard
Les Boulanger militent en faveur du 0,05
(JdeM) David Santerre
Le Journal de Montréal
 
Pour les parents d'une jeune femme tuée par un chauffard présumément ivre, abaisser le taux d'alcoolémie permis pour prendre le volant de 0,08 à 0,05 serait un pas dans la bonne direction. Mais les Boulanger entendent bien se battre pour que le ministère de la Justice aille encore plus loin.

Dimanche soir, 14 mars 2004.

Carinthe Boulanger, 19 ans, une jeune femme de Sutton, étudiante prometteuse en médecine, conduit sa voiture sur le boulevard Saint-François, à Sherbrooke.

Arrivant en sens inverse, Evans Bouchard, 51 ans, dévie de sa voie et percute violemment la voiture de Carinthe, qui en est morte plus tard à l'hôpital.

Les enquêteurs de la police de Sherbrooke soupçonnent l'homme de conduite en état d'ébriété, mais celui-ci a refusé de se soumettre à un alcootest, ce dont il est également accusé. Il subira son procès dans les prochains mois.

Le drame a bouleversé à tout jamais cette famille avantageusement connue dans la région de Sutton. Le père de Carinthe, Denis, est l'ancien directeur de la station de ski Mont Sutton.

Depuis, ces parents s'impliquent et ne cessent de faire des représentations auprès des ministres de la Justice pour que soit durcie la loi au sujet des chauffards ivres.

«On souhaite que Carinthe ne soit pas morte pour rien. On ne veut pas se dire tant pis, on a une autre fille et on connaît plein de gens qui sont sur les routes chaque jour. On veut enrayer le problème, pas juste punir celui qui a tué notre fille», martèle Denis Boulanger.

Quand les Boulanger ont appris que le Canada et les provinces envisagent d'abaisser à 0,05 le taux d'alcoolémie maximum pour conduire, ils ont soufflé un peu.

«Actuellement, les gens établissent le seuil de consommation au bout duquel ils s'autorisent à conduire. Des fois, ils dépassent, des fois pas. À 0,05, ils abaisseront leur seuil», analyse M. Boulanger.

Plus de muscle

Mais cela ne suffit pas encore. Comme plusieurs familles de victimes de chauffards ivres, ils souhaitent que l'application de la loi soit plus sévère.

«Celui qui a tué notre fille a refusé de se soumettre à l'alcootest, et il s'en tirera probablement avec une peine légère. Dans les cas d'accidents mortels, ça ne devrait pas être négociable, il devrait y avoir prise de sang automatiquement», croit Lilian Boulanger.

«Le meilleur exemple, c'est le cas de Margaret Trudeau (l'épouse de Pierre Elliott Trudeau), acquittée mardi même si elle était 0,107... Ça renforce l'idée que ce n'est pas un crime grave, qu'on peut s'en sortir pour des technicalités», déplore Denis Boulanger.


 
 
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