Mise à jour: 31/08/2005 08:55  
La FTQ reste muette
Luxueux voyage de pêche pour des «boss de la FTQ»
(JdeM) Martin Bisaillon -Journal de Montréal
 
Le président de la FTQ-Construction, Jean Lavallée, faisait lui aussi partie du luxueux voyage de pêche au cours duquel le président de la FTQ, Henri Massé, a vu son fils frôler la mort dans un accident d’hydravion.

Les leaders syndicaux étaient en compagnie de Jean-Marc Baronet, le grand patron de Guay inc., une entreprise de Québec spécialisée dans les grues.

Cette information a été confirmée par Baronet lui-même, lundi matin.

Sa compagnie est considérée comme un joueur majeur de l’industrie de la construction au Québec.

Les convives étaient logés à la prestigieuse pourvoirie Rapid Lake, dans le secteur de la rivière Barnoin.

M. Baronet est également le propriétaire de l’avion Cessna Caravan amphibi d’une valeur de deux millions de dollars qui s’est abîmé dans l’eau, en face de la pourvoirie.

«Ça fait des années que je le connais. M. Massé est un gentleman, un amateur de pêche plaisant, on se rencontre par passion», a affirmé M. Baronet pour qualifier sa relation avec le chef de la FTQ.

Avion gratuit
L’avion de Guay inc. a servi à transporter gratuitement des gens à la pourvoirie, a admis M. Baronet.

Il a précisé qu’il ne pouvait pas «refuser du monde qui a envie d’embarquer».

Mais il a ajouté ne pas se souvenir si MM Massé et Lavallée étaient montés à son bord, puisque plusieurs appareils avaient transporté des convives à la pourvoirie.

Il y avait aussi cinq hélicoptères sur les lieux, qui ont été utilisés pour accommoder les pêcheurs.

M. Baronet a refusé d’identifier les autres personnes ayant participé à la partie de pêche. Il a cependant révélé qu’ils étaient environ 25 lors de ce périple.

«Je suis en affaires depuis 46 ans. Par la force des choses, on rencontre beaucoup de gens», s’est défendu l’homme d’affaires de 74 ans, lorsqu’on l’a interrogé à propos de ses rapports avec le président de la FTQ et avec le président de la FTQ-Construction.

Comme au golf
M. Baronet a assuré que jamais il ne se mêle de négociations syndicales, lui dont les quelque 300 employés sont, en partie, affiliés à la FTQ.

«On est simplement une gang d’amateurs de pêche. À aucun moment on n’a parlé de quoi que ce soit de relié au monde des affaires ou de syndicalisme. C’est comme ceux qui jouent au golf», a tenu à dire M. Baronet.

Celui-ci est incapable de se souvenir à quand remonte son amitié avec MM. Massé et Lavallée.

Le coût d’un forfait de cinq nuits à Rapid Lake se situe entre 5 450 $ et 8 800 $, selon les tarifs affichés sur le site Internet de la pourvoirie, située à plus de 200 km au nord-est de Kuujjuak.

Négligence du pilote
Le 19 août, vers 12 h 30, l’avion transportant Nicolas, le fils d’Henri Massé, qui était du luxueux voyage, s’est abîmé dans la rivière Barnoin, près du camp de pêche du groupe.

Le pilote a omis de rentrer les roues de son appareil amphibi dans ses flotteurs lorsqu’il a tenté de se poser sur la rivière.

Dès que l’avion a touché l’eau, il a piqué du nez et s’est complètement renversé, comme le rapportait le Journal la semaine dernière.

Les deux hommes ont été rescapés par Alain Lagacé, le propriétaire de la pourvoirie, qui est allé les repêcher avec sa chaloupe.

Fort heureusement, ils s’en sont tirés sans blessure grave.

La FTQ reste muette
Il est impossible de connaître les détails du voyage de pêche d’Henri Massé et de Jean Lavallée avec le patron de Guay inc. car la FTQ est muette.

Depuis plus d’une semaine, les demandes répétées du Journal pour avoir des précisions sur le voyage de pêche d’Henri Massé avec un patron de l’industrie de la construction se sont heurtées à de multiples «pas de commentaire», de la part de toutes les instances de la FTQ.

C’est comme si une chape de plomb s’était abattue sur la centrale syndicale.

Le président de la FTQ-Construction, Jean Lavallée, n’a pas rendu les nombreux appels du Journal.

Le seul commentaire d’Henri Massé à propos de ce voyage est venu du porte-parole de la FTQ, André Messier.

«M. Massé considère que c’est une affaire privée et se refuse à tout commentaire», a-t-il déclaré.

Il est donc impossible pour l’instant de savoir si messieurs Massé et Lavallée sont montés dans l’avion de M. Baronet gratuitement, ni d’établir s’ils ont payé eux-mêmes leur voyage.

 
 
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