Mise à jour: 20/02/2013 18:02  
Sommet sur l'Enseignement supérieur: formule «dangereuse», selon le recteur de l'UQAM
Ewan Sauves
 
Le nouveau recteur de l'UQAM, Robert Proulx. Photo: Ewan Sauves
La formule actuelle du Sommet sur l'Enseignement supérieur est «dangereuse», estime le nouveau recteur de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Robert Proulx.

À moins d'une semaine du Sommet du ministre Pierre Duchesne, Robert Proulx se dit «très inquiet» et critique la méthode employée par le Parti québécois (PQ).

«Ça impose de nombreuses contraintes, ça regroupe plein de personnes qui ont des intérêts divergents, c'est court et ça risque de semer la confusion», indique-t-il.

Surtout, M. Proulx doute qu'une réflexion sérieuse sur le rôle des universités découle de cette consultation.

«Les droits de scolarité et le développement des universités sont deux questions fort différentes et le problème, c'est qu'on les a mises en pleine confrontation, déplore Robert Proulx. Quelqu'un qui poursuit des objectifs pour les étudiants et l'accessibilité aux études va aller à l'encontre du développement des universités pour faire prévaloir son point de vue. C'est ça qui est dangereux.»

Selon le nouveau recteur, entré en fonction le 7 janvier pour un mandat de cinq ans, le gouvernement doit assurer aux établissements universitaires un financement «adéquat» pour qu'ils puissent accomplir leur mission d'éducation et de recherche.

Gratuité scolaire, indexation, gel ou hausse : peu importe, dit M. Proulx, puisque le vrai débat n'est pas centré autour des droits de scolarité. «[Les droits de scolarité] relèvent d'un projet de société. Rien ne changera le fait qu'il faut réinvestir dans les universités pour permettre à ce réseau de collaboration d'accomplir sa mission et ses objectifs de développement social.»

Contre les idées de la CAQ

Le recteur rejette «farouchement» les propositions de la Coalition avenir Québec, qui suggère, par exemple, de moduler les frais de scolarité en fonction des programmes et d'accorder des budgets supplémentaires aux universités dotées d'équipes de recherche de renom.

Tout système éducatif à deux vitesses, préconisant la compétition plutôt que la collaboration, serait voué à l'échec.

«C'est un leurre de penser ça. Plusieurs recherches sont faites conjointement avec d'autres universités sur le territoire montréalais, soutient Robert Proulx. Toute tentative de créer artificiellement des catégories d'universités aura pour effet de rendre certaines institutions incapables de poursuivre leur développement et ça aurait un effet catastrophique sur la recherche.»

ewan.sauves@quebecormedia.com


 
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