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Les petites filles veulent plus que des princesses à l'écran

Les petites filles veulent plus que des princesses à l'écran

Katniss Everdeen du film Hunger Games a du succès parce qu'elle est un personnage «cool». Ce n'est pas une princesse.Photo Lionsgate

Moins de princesses, plus de filles courageuses et d'animaux sans sexe défini: les producteurs pour enfants s'éloignent des stéréotypes pour proposer des personnages féminins plus masculins ou des univers moins sexués, comme le montrent les programmes présentés au Mipcom.

«On cherche des rôles qui puissent être des modèles pour les filles d'aujourd'hui», a déclaré à l'AFP la directrice du pôle jeunesse de France Télévisions, Tiphaine de Raguenel. «On essaie de ne pas avoir que des princesses, des fées ou des garçons manqués», souligne celle qui dirige également la chaîne familiale France 4.

Les studios Disney, souvent pointés du doigt pour leurs personnages de faibles princesses, ont initié de leur côté une petite révolution en publiant récemment dix règles «pour être une princesse». Si elles recommandent aux filles de ne «ne jamais abandonner», ou de «vivre sainement», ces nouvelles règles ne font jamais référence à leur style ou leur beauté.

Depuis les années 1990, certains héroïnes de Disney ont aussi hérité de caractères moins stéréotypés, comme Mulan qui se bat à la place de son père, ou la petite hawaïenne Lilo, l'amie courageuse et forte en caractère de l'extraterrestre Stitch.

Dans la série d'animation française Les enquêtes de Mirette, présentée au Mipcom, une petite héritière de Fantômette parcourt la planète toute seule pour résoudre des mystères, accompagnée d'un chat feignant.

Au Brésil, l'apprentie fée de la série SOS Fada Manu sauve souvent la situation avec son parapluie magique, alors que son ami João est bien plus peureux.

Génération Z

«Cette génération veut des personnages aux identités plus fluides», remarque l'experte britannique Emma Worrollo du cabinet d'études britannique The Pineapple Lounge, qui s'intéresse à la génération Z (née entre 2000 et 2010).

Dans la trilogie Hunger Games, l'archère-star Katniss Everdeen, jouée par Jennifer Lawrence, passionne autant les filles que les garçons, «pas parce que c'est une fille, mais parce que c'est un super personnage», souligne Emma Worrollo.

Splash and Bubbles, une nouvelle série animée américaine présentée au Mipcom, comporte dans son casting sous-marin «autant de personnages masculins que féminins, et chacun d'entre eux a des caractéristiques à la croisée des genres», a déclaré à l'AFP sa productrice Lisa Henson. «Splash est un garçon et Bubbles est une fille, mais elle est aussi audacieuse que lui».

La fille de Jim Henson, créateur des Muppets et du 1, rue Sésame, dit s'être inspirée de ce qu'a fait son père Jim Henson en faveur de la diversité pour imaginer ce cartoon sous-marin. «Vous n'imaginez pas la diversité qu'il y a au fond de l'océan», a plaisanté Lisa Henson. «Il y a même un père hippocampe célibataire avec 499 enfants. Et un père hippocampe qui accouche».

De nombreuses séries mettent toujours en avant les stéréotypes féminins de leurs personnages, comme chez les jumelles de la série d'animation britannique Mimi and Bibi, qui parlent de famille et de vêtements sur internet. L'une s'habille en rose et l'autre est une rebelle vêtue de cuir.

D'autres producteurs préfèrent imaginer des personnages asexués, faisant souvent appel à des animaux. Le lapin surexcité Mölang, du studio français Millimages, passe son temps à se déguiser, accompagné d'un canari lui aussi asexué. Les Lapins crétins d'Ubisoft et les rongeurs de la nouvelle série d'animation de France 3 Grizzy et les Lemmings ont aussi été pensés comme des animaux sans sexe défini, pour parler à tous les enfants.

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