Journée de la femme : danser contre la violence

Journée de la femme : danser contre la violence

L’organisme Danse contre la violence propose depuis 2009 des ateliers animés par des danseuses professionnelles. Sur la photo : Rachel Harris, danseuse professionnelle et animatrice des ateliers. | Photo courtoisie 

Agnès Chapsal

Dernière mise à jour: 08-03-2013 | 10h03

«Je faisais du ballet quand j’étais jeune, mais ces ateliers étaient nouveaux pour moi», a témoigné Alice*, résidente de la maison d’hébergement, La Dauphinelle. J’y ai appris des techniques de relaxation, en cas de crises d’angoisse, poursuit-elle. Dès le premier atelier, j’étais plus détendue.»

Cette heure de danse lui permet de «ne plus penser à ses problèmes, de mettre son cerveau sur off, assure-t-elle. On bouge, on s’étire, il faut inventer des mouvements et utiliser notre créativité».

Pour la danseuse Rachel Harris qui anime les ateliers, ces derniers ne s’apparentent pas à une thérapie, mais reposent sur des exercices de bien-être. Ils visent à tisser des liens entre les femmes et à leur redonner confiance en elles. D’une session à l’autre, «leur transformation est assez étonnante», raconte-t-elle. Inquiètes et embarrassées au début, elles proposent des mouvements et des danses à la fin de l’heure. Chaque atelier commence par un réchauffement passe par une étape plus créative et se termine par un exercice qui peut facilement être refait seule.

Une création new-yorkaise

Cette approche, unique au Québec, vient des États-Unis. «Emballée par l'action communautaire de la chorégraphe new-yorkaise Gina Gibney», qu’elle a rencontrée pendant un stage en 2007, l'avocate Amélie Dionne-Charest a décidé d’implanter l'expérience ici. «J’aime la danse et les arts de façon générale et quand j’ai fait du théâtre, ça m’a fait un bien fou», a expliqué la jeune femme, maintenant directrice de l’organisme. Depuis son lancement en 2009, plus de 350 femmes ont participé aux 85 ateliers. Une souscription sera organisée en mai pour les financer lors d’une soirée à l’Agora de la danse et d’autres intervenantes seront formées. À l’avenir, Mme Dionne-Charest cherche à étendre les ateliers à d’autres maisons d’hébergement, partout au Québec.

Pour sa part, Rachel Harris pense que les ateliers pourraient être offerts aux enfants. À New-York, ils sont aussi proposés dans les prisons.

* prénom fictif

 

En 2011

19 373 infractions, dont 5 535 à Montréal, dans un contexte conjugal ont été enregistrées par la police.

(Source : Sécurité publique du Québec)

 


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