La quasi-soixantaine… extrême!

La quasi-soixantaine… extrême!

Normande en plein vol|Photo: Courtoisie 

Sarah-Émilie Nault

Dernière mise à jour: 09-11-2012 | 13h33

Quelques décennies plus tard, elle a réalisé son rêve: elle vole et le ciel lui appartient, un saut de parachute à la fois. Pas mal pour une femme qui célèbrera son 60e anniversaire en juin prochain.

C'est à 51 ans que Normande Mercier a décidé de prendre ses rêves par le collet. «Avant, j'en avais le désir, mais peut-être pas la force», dit-elle.

La lecture d'un article portant sur une dame de 80 ans qui avait sauté en parachute en tandem l'a fait réagir. «Je me suis dit "Pourquoi pas moi? Il n'est jamais trop tard!"»

À 52 ans, elle fait donc son premier saut de parachute en tandem. «J'ai bien aimé!», dit-elle. En fait, Normande a tellement bien aimé l'expérience qu'elle la répète, tout juste cinq semaines plus tard.

Et puis, comme tout bon passionné, elle désire plus et entame sa formation, histoire de pouvoir sauter éventuellement toute seule, comme une grande.

«Un ami parachutiste m'a dit "Si tu n'essaies pas, tu te demanderas toujours ce que ça aurait pu être"». La petite poussée dans le dos dont elle avait besoin pour poursuivre son rêve.

Un rêve parsemé d'embuches

Normande rencontrera toutes sortes d'embûches le long de sa formation: difficultés dans les airs, pluie et vent l'ayant souvent arrêtée de monter dans le ciel et le stress l'empêchant d'accéder au niveau supérieur.

En octobre 2006, elle se rend jusqu'à Nashua aux États-Unis pour voler en souffleries (c'était avant l'ouverture du Sky Venture à Laval). Une autre épreuve l'y attend : des tendinites aux deux bras et des capsulites aux épaules, résultat des 45 minutes de vol intense. «C'était sans doute trop pour mon corps», avoue Normande aujourd'hui.

Deux sessions de physiothérapie par semaine et un hiver plus tard, elle est de nouveau sur pieds. «Je faisais mes exercices debout devant l'ordinateur, en regardant des vidéos de parachute», se souvient-elle en riant. «En avril 2007, j'étais de retour en formation, en soufflerie. J'ai la tête dure!»

Son rêve reparti, c'est le 16 juillet qu'elle s'envole, seule, dans ce ciel qu'elle aime tant.

Son premier saut en solo, elle le réalise enfin, à 53 ans. «C'est une de mes raisons de vivre, être dans les airs», affirme-t-elle. Avec une cinquantaine de sauts par saison, elle a aujourd'hui 267 sauts à son actif.

«Chaque saut est différent. Chacun m'apporte un plus, que ce soit la création d'objectifs, la préparation, la persévérance ou le plaisir de réaliser de beaux atterrissages.»

«Le parachutisme m'a permis de franchir les obstacles reliés à l'aviation, mais aussi ceux de la vie de tous les jours. Cela m'a aussi appris à bien me nourrir, prendre soin de mon corps et faire de l'exercice.»

Si, dans ce milieu, les gens de son âge se font plutôt rares, Normande affirme aimer la vie de drop zone et s'y être fait des amis de tous les âges.

Le deltaplane, le parapente et le bungee: elle les a depuis tous essayés, mais le parachute reste son premier et vrai amour.

«Ce sport m'a épanouie! Il n'y a pas de mot pour le décrire.»


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