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Originaire de la région d'Alep, la métropole commerçante du nord de la Syrie en proie à de violents combats depuis plus de deux mois, Line a décidé de rejoindre la révolution qui secoue son pays depuis plus d'un an et demi.
Elle fait désormais partie des «femmes libres», comme s'appellent entre elles les militantes.
Au début, elle a participé aux manifestations contre le président Bachar al-Assad, au grand dam de sa famille. «Il n'y a qu'une chose qui les effrayait, c'est ce qu'ils font aux filles», explique-t-elle, faisant allusion aux viols commis, selon rebelles et militants, par les forces du régime.
Avec de nombreuses autres femmes, elle a cousu les drapeaux de la révolution que les manifestants brandissent depuis mars 2011. Elle a aussi aidé à dessiner les pancartes et les slogans des manifestations hebdomadaires qui ont lieu chaque vendredi malgré les bombardements, les combats et les répression.
En 18 mois, plus de 30 000 personnes, en majorité des civils, ont péri, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Face à la répression, la contestation hostile au clan Assad, au pouvoir depuis plus d'un demi-siècle, s'est militarisée dans le pays désormais plongé dans la guerre civile.
Au moment des premiers combats, Line a commencé par aider les infirmiers, en se formant aux premiers secours.
«Il y a beaucoup de militantes, notamment à Alep. Certains jours, il y a même plus de filles que de garçons à l'hôpital», affirme-t-elle. Dans plusieurs hôpitaux de fortune d'Alep, l'AFP a constaté la présence de nombreuses femmes secondant les médecins.
Puis, comme beaucoup de jeunes femmes, elle a choisi comme arme son stylo, son petit cahier qu'elle ne quitte jamais et la petite caméra qu'elle garde toujours dans sa main.
«Je compte les victimes, je suis chargée de répertorier les noms et de garder des images des morts et des blessés», explique Line, habillée d'un long manteau noir et le visage ceint d'un foulard de la même couleur.
C'est notamment grâce à ces militants qui tiennent un décompte quotidien dans les hôpitaux improvisés que les groupes de militants et organisations comme l'OSDH, peuvent fournir des bilans aux médias internationaux, dont l'accès en Syrie est entravé par les autorités.
Ces jeunes femmes viennent des villages aux alentours d'Alep, très conservateurs, après avoir bravé leur famille. Elles vivent, dorment et travaillent à l'hôpital, et se déplacent d'hôpital en hôpital au gré des bombardements.
Ce jour-là, Line est aidée par une nouvelle recrue des «Haraïr» (femmes libres, en arabe), qui se fait appeler Oum Souheir.
Sous le voile noir qui couvre la tête et le bas du visage de cette jeune Syrienne se dessine un grand sourire quand elle évoque la «révolution».
«Tout ce que nous pouvons faire pour la révolution, nous le ferons. S'il le faut, nous irons même jusqu'à porter les armes au front pour notre pays», lance-t-elle avec conviction.
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