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«C'est un lieu central pour beaucoup d'entre eux», ajoute-t-elle, «ils cherchent une culture commune et c'est là qu'ils se rassemblent, créent des liens, se rencontrent».
À l'occasion du festival Hammerfest, organisé par le mouvement Hammerskins, le plus en vue de cette nébuleuse, «les skinheads racistes viennent de tout le pays», dit-elle.
Wade Michael Page, 40 ans, un ancien militaire qui a tué dimanche six fidèles d'un temple sikh à Oak Creek, était un membre des Hammerskins, dit la dirigeante du centre.
L'homme, que l'on voit sur des photos jouant sous un drapeau nazi, avait fondé en 2005 le groupe «End Apathy» («En finir avec l'apathie»), mais il était depuis longtemps familier de cette scène, dans des groupes aux noms guerriers comme Celtic Warrior («Guerrier Celtique»), Radikahl, Intimidation One ou Blue-Eyed Devils («Démons aux Yeux Bleus»).
Selon Marilyn Mayo, ces groupes sont au États-Unis autour de 130 et rassemblent lors de leurs concerts jusqu'à 300 personnes, pour les plus courus. Il y a quelques festivals, pas toujours réguliers, et un nombre impossible à connaître de concerts dans les petites villes, où se produisent groupes locaux et également européens, dit-elle.
L'ADL avait publié en 2004 une «introduction» à cette musique «de haine néonazie», expliquant qu'elle avait été utile dans la formation de cette sous-culture. Dans les années 1960, les leaders avaient «peu de choses à offrir aux militants, sinon de la rhétorique» et cette musique a permis aux sympathisants de se sentir au coeur d'une même communauté, dit ADL.
Les genres musicaux sont le «Oi», sous-genre du punk, le black-metal, voire la musique folklorique nationaliste à référence aryenne, plus populaire en Europe qu'aux États-Unis.
Les paroles des chansons «s'attaquent aux Noirs, aux juifs, d'autres exaltent la suprématie blanche, parlent de préserver la civilisation blanche, les mots sont violents, pleines de haine», dit Mme Mayo.
La plupart des labels «sont petits et ne font pas beaucoup d'argent», ajoute-t-elle. «Certains comme Resistance Record ont un temps dégagé de gros profits, mais ce n'est plus le cas.»
«Se balader en voiture avec une bande de potes skinheads, écouter de la musique qui vous dit de frapper les personnes d'autres races, ça exalte, ça appelle à l'action», affirmait mercredi un néonazi repenti, Frank Meeink, sur la chaîne MSNBC. «Ça aide le mouvement à garder sa jeunesse», loin de la vieille image du Ku-Klux-Klan, «les nouveaux venus se sentent partie prenante, ils veulent continuer à faire partie de ça», dit-il.
Label 56, qui éditait les disques du meurtrier, annoncait sur son site internet avoir retiré de la vente les disques de «End Apathy», se déclarant «désolé» de la tragédie du Wisconsin.
Interrogé par le Washington Post, Byron Calvert, propriétaire de Tightrope Records, se demandait au contraire pourquoi «son art était responsable des fusillades et pourquoi les autres arts ne le seraient pas d'autres fusillades?».
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