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Pourtant, dans un récent sondage fait par la CORPIQ, plus d'un Québécois sur trois laissera son logement en mauvais état au moment de quitter.
«Dans un état négligé ou, dans 11% des cas, en très mauvais état. C'est préoccupant parce qu'on sait qu'il y a un nouveau locataire qui doit entrer et, parfois, ce n'est pas toujours possible de le faire», a ajouté M. Brouillette.
Une situation frustrante pour les gens qui emménagent, mais surtout pour les propriétaires.
«On en voit de toutes les couleurs, a raconté une propriétaire. Il y en a qui nous laissent des logements vraiment insalubres. On court après nos clés.»
«Il y en a qui sont vraiment sales, ça prend plusieurs sacs de vidanges», a ajouté un homme.
Pour les propriétaires, il n'y a pas que les problèmes de salubrité qui sont source de frustrations, mais aussi les problèmes d'argent.
«Un locataire sur cinq qui s'apprête à quitter son logement doit de l'argent à son propriétaire», a expliqué M. Brouillette.
Le propriétaire doit aussi s'assurer que le locataire ne récupère pas des choses sur le trottoir à cause des problèmes de punaises de lit, particulièrement à Montréal. En fait, selon un récent sondage de la CORPIQ, 10% des propriétaires disent avoir un logement aux prises avec un problème de punaises.
Avec la prolifération des condos et une réduction du nombre de logements locatifs, M. Brouillette est inquiet de voir une nouvelle crise du logement dans les prochaines années. D'ailleurs, le FRAPRU demande au gouvernement du Québec d'agir rapidement pour éviter un tel scénario.
«Il n'y a eu aucune politique gouvernementale québécoise qui a été implantée depuis la crise du logement du début des années 2000, a expliqué Hans Brouillette. Qu'est-ce qui fait que la crise de l'époque s'est résorbée depuis? C'est le mouvement d'accès à la propriété.»
Mais, cette bulle risque d'éclater lorsque les taux d'intérêt remonteront et l'accès à la propriété deviendra plus difficile, a estimé M. Brouillette. «Il va manquer de logements. Maintenant, on parle d'un taux de disponibilité de logements de 4% et un taux de vacance de 2%. Mais, éventuellement, on fera face à un grave problème.»
Il ajoute que le parc de logements locatifs se détériore et vieillit et, en cas de crise, le nombre de logements ne pourrait pas répondre à la demande.
M. Brouillette et le CORPIQ aimeraient voir des incitatifs ou des subventions pour les propriétaires qui rénovent leurs immeubles. «Il faut s'assurer que les conditions d'investissements pour rénover sont adéquates pour préserver le parc existant et favoriser la construction de nouveaux logements locatifs», a dit M. Brouillette.
Plusieurs logements requièrent des travaux majeurs, certains doivent être carrément démolis. C'est pourquoi plusieurs propriétaires optent pour la construction de condos, un choix beaucoup plus lucratif, en ce moment.
«Avec tous les frais, le coût du terrain, ça commanderait des loyers de 900 $ pour un petit immeuble. Si les gens ont les moyens de payer 900 $, ils vont faire un pas de plus et vont accéder à une propriété», a ajouté M. Brouillette.
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