Cuir et laine à Rio

Cuir et laine à Rio

Photos: AFP 

Julia Garcia

Dernière mise à jour: 12-11-2012 | 10h57

Pour Daniele Schwartz, styliste de la marque Oh Boy! qui participe à la 22è édition de la Fashion Rio - pour l'hiver austral 2013 - trouver un équilibre entre le climat et les nouvelles tendances est une tâche compliquée.

«Nous savons que la marque est carioca; nous voulons montrer les tendances de la mode mondiale, mais nous devons équilibrer. Si le tissus est chaud, on ne fait pas un manteau lourd, si le tissus est plus léger, on peut faire quelque chose de plus fermé. On cherche un moyen terme mais c'est très difficile», dit-elle à l'AFP.

D'autres stylistes expliquent que Rio n'est pas la seule destination de leurs créations dans ce pays aux dimensions d'un continent.

D'après Alessa Migani, créatrice de la marque Alessa, on doit également penser de plus en plus en termes mondiaux.

«Le monde tourne de plus en vite et dans ce monde globalisé, les gens voyagent entre les saisons», dit-elle

Le dessinateur de TNG, Enrico Paschoal, croit que la solution est d'exploiter les tissus et les textures qui transmettent la sensation d'hiver sans donner trop chaud.

«Ici il ne fait jamais très froid, alors on peut utiliser par exemple de la laine de chameau qui réchauffe mais n'est pas lourde ou même de la toile de jeans (...) parce que même si c'est l'hiver tout n'a pas besoin d'être long et fermé. Notre femme est sensuelle, alors nous pouvons faire des vêtements d'hiver mais plus serrés et plus courts», explique-t-il.

Les technologies liées au textile exercent souvent un rôle fondamental dans cette ville ou le jour le plus froid de l'hiver (juin à août) dernier a été 14 degrés et le plus chaud de 41,2 degrés celsius.

«Fashion Rio n'est pas seulement pour les cariocas, c'est pour la mode et celui qui pense en termes de mode pense en termes d'innovation. Il faut toujours faire des collections nouvelles et la technologie du textile permet de pouvoir créer des collections légères», commente à l'AFP, Paulo Borges, l'organisateur des semaines de la mode à Rio et Sao Paulo.

Même si selon lui, 95% de la production brésilienne de mode est destinée au marché local, la mode d'hiver n'abandonne pas ses classiques européens et sur les podiums de Rio on voit beaucoup de tons sombres et des cuirs, du velours côtelé et des cotons épais, écharpes et trench-coats. Même si les créations mélangent aussi des tissus comme le lin et l'organza.

Amoureux du froid

Il y a quatre mois que la portugaise Ana Rita Frazao, 22 ans, est au Brésil dans le cadre d'un échange universitaire.

A son arrivée, elle portait des vêtements frais adapté au climat de l'hiver clément carioca et ne comprenait pas comment les gens s'emmitoufflaient autant.

«Je sortais dans la rue en petite robe et je voyais des gens en manteau. On dirait que pour le carioca il suffit qu'il n'y ait pas de soleil pour qu'il s'habille en hiver», déclare cette étudiante qui assistait aux défilés.

Amanda Leal, 18 ans, explique qu'«on finit parfois par exagérer parce qu'on aime le style européen. C'est le centre de la mode, nous voulons suivre ce style».

La styliste d'Alessa dit que le carioca trouve toujours le moyen de sortir les vêtements d'hiver de l'armoire.

«On met l'air conditionné au maximum et on met un manteau», plaisante-t-elle.


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