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Les Québécoises sont-elles trop indépendantes en amour?
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Les Québécoises sont-elles trop indépendantes en amour?

Grande voyageuse, je réfléchis souvent sur ce mélange d'éléments — et de contradictions! — qui font de moi l'amoureuse, l'amie, la femme et la Québécoise que je suis devenue.
Sarah-Émilie Nault
Canoe.ca

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Ces derniers temps, après m'être penchée sur la question de la galanterie — les Français seraient-ils plus galants que les Québécois? — j'en suis venue à me demander si nous, Québécoises, n'étions pas devenues un tantinet trop indépendantes lorsque vient le temps d'aimer.

La Québécoise 3.0

À l'instar des modes de vie qui ont beaucoup changé au Québec au cours des dernières décennies, les Québécoises ont appris à s'adapter à leur environnement et à s'affirmer. De ménagères à femmes d'affaires, la transition ne fut pas de tout repos. Alors que les possibilités professionnelles sont aujourd'hui infinies, il semble que du côté du coeur, la transition ne se soit pas, non plus, faite sans heurts.

«Nous ne voulons plus être dépendantes des hommes», m'a dit Isabelle, une femme âgée de 30 ans en couple depuis quelques années. «En fait, plus que cela, beaucoup d'entre nous ont une peur immense d'avouer que nous avons besoin d'eux dans nos vies. Pour plusieurs femmes de notre génération, ne pas perpétuer ce vent de liberté serait comme oublier ce qu'ont fait nos mères et nos grands-mères avant nous.»

Cette liberté si chère à nos yeux, elle se retrouve un peu partout, parsemée au gré de nos commentaires, de nos comportements, de notre façon de réagir et même de faire confiance aux hommes. Combien de fois ai-je prétendu «ne pas avoir besoin d'aide» pour réaliser une chose anodine, uniquement dans le but de préserver cette chère indépendance? Combien de fois aussi, ai-je souhaité plus de romantisme alors que je suis souvent celle qui se braque devant un geste tendre?

Être libérée tout en étant une amoureuse, ne dépendre de personne tout en ayant besoin de l'autre, vivre sa vie tout en désirant la partager, autant de contradictions que de preuves que la Québécoise indépendante ne peut pas toujours, comme elle le prétend, tout faire toute seule.

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La part des hommes

«Les gars ne savent plus comment se comporter», m'a confié Éric, 34 ans, en couple depuis plusieurs années avec une vraie de vraie Québécoise. «Doivent-ils être machos, roses, galants, drôles, bons cuisiniers? On ne sait plus trop où nous placer dans l'équation.»

Entre les hommes qui ont été blessés et qui ont maintenant peur de s'abandonner, ceux qui manquent à la base de confiance en eux, ceux qui ont peur de ne pas être en contrôle de la situation (et de la relation) et ceux qui doivent prendre le temps de tout analyser, le concept de «femme indépendante» peut prendre différents visages.

«Une femme indépendante, c'est épeurant», a ajouté Éric, «et pour les hommes qui manquent de confiance en eux, c'est d'autant plus difficile à gérer.»

Pourtant, aux yeux de plusieurs Québécois, une femme indépendante c'est à fait tout séduisant. «Qui veut d'une fille qui acquiesce à tout ce que l'on dit et qui met sa vie sur pause lorsqu'elle est amoureuse?», a questionné Steeve, célibataire dans la fin vingtaine. «Plusieurs hommes recherchent des femmes indépendantes qui mettront du piquant et un peu de défi dans leur couple.»

Oui, certaines Québécoises sont peut-être devenues trop indépendantes en empruntant le chemin de la pure liberté, laissant ainsi peu de marge de manoeuvre aux hommes de leur vie. Pourtant, la plupart d'entre elles, croyez-moi, n'en cherchent pas moins une douce moitié à aimer, un homme qui saura jongler avec les mots amour, compromis et indépendance.

MicasaCanoë VoyagesLifewise
19 mai 2013

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