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Marie-Ève et Claire sont vite tombées amoureuses après s'êtres rencontrées au PINK28, une soirée pour les lesbiennes professionnelles.
Claire est d'origine parisienne où le Marais fait office de Village pour les gais, mais l'acceptation sociale et légale de l'homosexualité n'est pas aussi avancée qu'au Québec d'après elle. C'est pour cette raison que Claire a souvent caché son lesbianisme. De son côté, Marie-Ève est née dans le corps d'un homme et a changé son genre pour être bien dans sa peau. Dans les deux cas, ces femmes veulent maintenant afficher leur amour au grand jour et refusent catégoriquement de se cacher pour quelque raison que ce soit.
«Avant la transition, la Saint-Valentin ne signifiait pas grand-chose pour moi», a confié Marie-Ève. Elle croit d'ailleurs que l'ouverture à l'amour passe nécessairement par l'amour de soi, ce qu'elle n'arrivait pas à atteindre lorsqu'elle était encore un homme.
Cette ancienne vie lui aura tout de même permis d'avoir deux enfants avec son ex-conjointe, deux petites filles qui connaissent sa réalité de transsexuelle et qui en parlent ouvertement.
Cette année, Marie-Ève et Claire célèbreront leur première Saint-Valentin et elles ont l'intention de s'échanger une bague pour marquer leur engagement. Et les plans à long terme, quoique pas encore placés dans leur calendrier bien chargé, sont clairement définis: maison, mariage et un autre enfant.
«Deux personnes qui s'aiment, c'est toujours deux personnes qui s'aiment», ont-elles appuyé avec émotion. «L'amour n'a pas de sexe, pas de genre, pas d'orientation.»
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Guy vit à Saint-Christophe d'Arthabaska, un village en «banlieue-sud de Victoriaville», spécifie-t-il pour se moquer des Montréalais. Dans sa région, tout le monde sait qu'il est homosexuel, ce qui facilite les rencontres par l'entremise d'amis ou de voisins.
Selon lui, les gais en région sont plus authentiques «parce qu'ils n'ont pas le parapluie du Village Gai», et qu'ils ont le courage de vivre leur homosexualité au grand jour dans un environnement qui n'est pas toujours aussi ouvert. Guy démontre son point en précisant qu'avoir un autocollant gai sur le pare-choc de sa voiture à Victoriaville n'est pas la même chose qu'à Montréal, que les regards et l'attention qu'on y porte sont différents.
Contrastant avec son physique de camionneur – c'est aussi son emploi – Guy adore les fleurs. Tous les ans, lorsqu'il est célibataire, il s'envoie un bouquet de fleurs avec l'inscription «De ton admirateur secret». Il crée ainsi de la curiosité chez ses amis qui cherchent toujours à savoir qui lui envoie ce «beau bouquet» et ça l'amuse. Il a l'intention de s'en envoyer un autre cette année et le laisser bien en évidence sur sa table de cuisine.
Il profitera aussi de l'occasion pour dire à ses amis sincères qu'il les aime.
«Quand je suis célibataire, le mot s'élargit et je ne panique pas avec le fait que je ne sois pas en amour», a-t-il expliqué.
Le 14 février marquera très exactement le 15e mois de la mort de son conjoint pour Jean-Pierre. Claude s'est suicidé en se jetant dans le fleuve Saint-Laurent du haut d'un pont à Montréal parce qu'il ne pouvait plus supporter les effets secondaires du SIDA.
Prisonnier de ses symptômes, Claude n'avait plus l'énergie pour aller travailler. Mais il ne pouvait pas non plus s'impliquer dans les célébrations de la communauté gaie sans craindre de perdre l'argent de ses assurances.
«Tout ce qui lui restait c'était d'attendre à la maison de mourir», a expliqué Jean-Pierre qui a vécu 16 années avec Claude.
On meurt encore des préjugés du SIDA selon Jean-Pierre qui a insisté sur l'importance de l'usage de préservatifs comme étant le meilleur moyen de démontrer son amour.
Jean-Pierre fêtait la Saint-Valentin «quand Claude était là», mais il n'a pas l'intention de faire quoi que ce soit cette année. Il passera son 14 février seul à la maison si ses plans ne changent pas, mais il prendra le temps d'exprimer clairement l'amour qu'il a pour les gens qu'il apprécie comme sa grande amie Kat, qu'il aime beaucoup.
«Suffise que tu perdes quelqu'un pour t'en rendre compte, mais c'est vrai qu'on ne le dit pas assez souvent», a-t-il souligné.
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