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La journée de la femme
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La journée de la femme

Toute amélioration de la condition féminine ne peut qu’avantager la condition des hommes, des enfants et de la société. Ou du moins, le devrait!
Par Yvon Dallaire - Psychologue
Parution
Mars 2011

Pub.
La Journée de la femme du 8 mars a été créée il y a plus de 100 ans. On ne peut qu’applaudir à cet anniversaire qui souligne les immenses progrès réalisés pour l’amélioration de la condition féminine. Toute amélioration de la condition féminine ne peut qu’avantager la condition des hommes, des enfants et de la société. Ou du moins, le devrait!

Le féminisme sain

La révolution féministe devait avoir lieu. Pour y arriver, le féminisme a tout d’abord incité les femmes à prendre le pouvoir exclusif de leur sexualité et de leur maternité: «Cessons de faire des enfants et libérons-nous de nos chaînes (soutien-gorge et mariage). Vive l’amour libre!» Sans cette émancipation, le mouvement hippie n’aurait pas eu lieu.

Puis, le féminisme a encouragé les femmes à envahir les domaines réservés aux hommes: l’éducation, le travail, la politique et le monde des affaires. Entrées par la porte de derrière, elles ont réussi à révolutionner le monde du travail, à grimper les échelons hiérarchiques et à faire voter des lois dites de «discrimination positive». Les femmes ont maintenant droit de cité.

Le féminisme malsain

Jusque-là, bravo! Tout être humain a le droit de se réaliser en tant que personne, professionnel(le), amant(e) et parent. Là où il y a risque de dérapage, c’est lorsqu’on tente d’établir non seulement l’égalité des droits et des chances, mais la parité, de gré ou de force.

Pour pouvoir ainsi «s’élever» et sortir de «l’esclavage», un certain discours féministe radical utilise deux stratégies contradictoires: la première consiste à minimiser les différences entre les hommes et les femmes en associant l’égalité à la similarité. Tout ne devient qu’une question de culture et d’éducation: donnez aux filles la stimulation nécessaire et elles feront, une fois adultes, tout ce que les hommes peuvent faire et, probablement, mieux.

La psychologie culturaliste leur a fourni les arguments nécessaires à l’établissement de ce courant. L’homme et la femme, le père et la mère, s’ils sont identiques, deviennent alors interchangeables. L’un ou l’autre pourrait même remplir indifféremment les tâches de l’un et de l’autre.

L’autre stratégie consiste à «démoniser» l’homme: le rabaisser pour démontrer la supériorité du sexe féminin. Au lieu de minimiser les différences, on les accentue pour mieux dénoncer les aspects négatifs de la masculinité et, par le fait même, le porteur de la masculinité: détruire le message et le messager. Dans ce courant, ces féministes réécrivent l’Histoire pour dénoncer toutes les horreurs commises par les hommes, particulièrement celles faites à l’encontre des femmes.

Pour elles, l’homme n’est qu’un être violent, un violeur et un pédophile en puissance, un irresponsable, un insensible incapable d’exprimer ses émotions, un phobique de l’engagement, un dominateur, un incompétent au lit, un père absent (donc un fils manqué), un «macho» et un infidèle. En plus, on le traite de sexiste. Et, s’il a des problèmes, il n’a qu’à s’en prendre à lui-même.

Mise au point

Que l’on me comprenne bien! Il n’est absolument pas question pour moi de revenir en arrière et d’enfermer à nouveau les femmes dans l’esclavage maternel et les hommes dans l’esclavage du pourvoyeur.

Je suis pour l’égalité des êtres, tant au niveau des droits, des chances ou du salaire. C’est justement parce que je suis pour l’égalité que j’écris cette chronique hebdomadaire: pour tenter de rétablir l’équilibre entre les sexes, pour tenter d’augmenter la connaissance, la compréhension et l’harmonie entre l’homme et la femme, pour faire disparaître les iniquités, qu’elles soient causées par l’homme ou par la femme. Et pour apporter plus d’équité dans nos perceptions.

 

L’homme est le meilleur ami de la femme à la condition de le respecter dans ce qu’il est.
– Élizabeth Badinter

 

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