Nous avons vu au cours des trois dernières semaines que:
Nous possédons trois cerveaux: instinctif, émotif et conscient.
Les deux premiers sont rigides et
impulsifs.
Seul le cerveau conscient est
malléable et influençable par la
Culture.
Il y a des différences structurelles
entre le cerveau féminin et
le cerveau masculin.
Ces différences influencent le
comportement des hommes et des
femmes.
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La passion est une pulsion
Hors quelques aberrations, la Nature
fait bien les choses, comme nous l’a démontré
Charles Darwin et les autres évolutionnistes
à sa suite. La bisexualité
(mâle et femelle) est une stratégie, parmi
d’autres, développée par la Nature pour
assurer la pérennité de la vie.
La Nature a donc mis dans le corps de
l’homme et de la femme une pulsion les
poussant l’un vers l’autre pour assurer
la survie de l’espèce humaine. Sur cette
pulsion, nous n’avons aucun contrôle
conscient. Nous ne pouvons pas décider
d’être attiré par telle ou telle personne
ou de ne pas être attiré par telle ou telle
personne.
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L’attraction physique et sexuelle relève
des deux cerveaux que nous partageons
avec l’ensemble du règne animal. Cette attraction
est surtout d’ordre biochimique
(phéromones), beaucoup plus que psychologique.
Nous possédons tous une «carte
du tendre» qui nous pousse inconsciemment
vers tel type de partenaire.
En ce sens, notre nez est notre premier
organe sexuel. Or, le centre olfactif se situe
dans notre cerveau primitif. Dès
qu’une odeur corporelle (accentuée ou
non par des parfums) vient titiller positivement
nos papilles olfactives, notre cerveau
sécrète instinctivement de nombreuses
hormones (dopamine, phényléthylamine,
ocytocine…), lesquelles
provoquent en nous des sensations et des
émotions fantastiques: nous «tombons»
en amour, donc… nous perdons le
contrôle.
En fait, nous ne sommes pas en amour,
nous sommes «drogués». Et comme avec
toute drogue, notre corps et notre cerveau
s’habituent et l’effet de l’impulsion passionnelle
diminue avec le temps. C’est
pourquoi les passionnés changent de partenaire
aux trois ans en moyenne.
L’amour est une décision
L’amour, quant à lui, est un sentiment,
non une sensation ou une émotion. Or, le
sentiment est le résultat d’une réflexion.
Une réflexion basée sur la connaissance
de la personne qui a été à la source de tant
de sensations et d’émotions agréables.
Cette connaissance ne peut se faire qu’au
fur et à mesure que chacun se présente
sous son vrai jour. L’amour se développe
donc, ou non, au moment où la passion
commence à diminuer.
La passion ne nécessite aucun effort:
c’est une réaction instinctive. De toute façon,
le passionné ne se préoccupe nullement
de l’autre car il est égocentré: il ne
pense qu’à son propre plaisir. Le véritable
amour est fait de raison, de sentiments et
d’altruisme, pas d’obsession. L’amour,
c’est ce que nous décidons de construire,
ou non, après la baisse de la passion.
L’amour constitue en ce sens l’objectif du
couple.
Pour y arriver, nous devons le décider
et faire les efforts nécessaires pour le
construire à travers les crises et les
conflits inévitables de la vie à deux. Le véritable
amour procède d’un égoïsme altruiste,
non d’un égocentrisme déconnecté
de la réalité. La passion du début,
lorsqu’elle est présente, cimente le couple,
mais il faudra beaucoup de connaissances
et d’efforts pour que l’amour puisse se développer
sur cette attirance instinctive.
Cela en vaut la peine ou, comme dit l’un
de mes amis, en «vaut la joie».
L’amour, tout comme la fidélité d’ailleurs,
est donc le résultat d’une décision
que chaque partenaire d’un couple doit
prendre individuellement.
Avant le mariage,
nous ne rêvons que
de bonheur conjugal.
– Gary Chapman