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Malgré un taux de divorce significatif (52 %) et une diminution de moitié du nombre de mariages depuis les années 70, l’institution matrimoniale continue de séduire certains couples (1). Chaque année ils sont plus de 22 000 à se dire «Oui» pendant que d’autres continuent de réfléchir...
Depuis la révolution tranquille, la pression sociale et religieuse liée au mariage a considérablement changé la donne. Le mariage reste un moment unique et important dans l’histoire d’un couple mais l’acte religieux a perdu de son importance à la faveur d’une décision plus symbolique et plus festive. «On ne se voyait pas ne pas être mariés, explique Carole, unie à Patrick depuis quatre ans. Le mariage était un bon moyen pour officialiser notre relation face aux sceptiques de ma famille. C'était aussi l'occasion unique de réunir tous nos amis et nos familles éparpillés un peu partout pour célébrer ça ensemble».
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La peur de l’engagement
Le mariage n’est pas un acte anodin et l’engagement qui l’accompagne peut avoir des conséquences sur le couple. «L’engagement lié au mariage signifie aussi de ne plus avoir d’autres partenaires, ce qui peut générer de la peur chez certaines personnes en couple, même depuis longtemps», explique Élaine Grégoire, sexologue et psychothérapeute.
Carole et Patrick n’ont pas ressenti d’angoisse particulière mais ont néanmoins adopté un comportement de prudence. «On n'a pas eu peur de se marier car c'était logique, mais on a pris nos précautions en se mariant sous le régime de séparations des biens, dit Carole. Mes parents sont divorcés alors disons que j'en ai tiré des leçons».
Une preuve d’amour?
Pour Pascale Jacquin, rédactrice en chef du magazine
Mariage Québec cela ne fait pas de doute: «Oui le mariage est une preuve d’amour mais il doit être le résultat d’une réflexion longuement mûrie. Trop souvent les gens se lancent dans le mariage aveuglement et oublient qu’il est facile de se marier, mais très difficile de le rester!».
Pour Audrey et Stéphane, en couple depuis quatorze ans mais mariés depuis seulement deux mois, la réponse est plus nuancée. «Je pense que le mariage est effectivement une preuve d’amour, mais ce n’est pas la plus grande!» dit Audrey. «Ce n’est rien par rapport à d’autres choses que nous avons vécues ensemble, comme avoir un enfant par exemple», continue Stéphane.
Les indécis
De nombreux couples vivent «dans le pêché», diraient les plus bigots. Amoureux, heureux, mais ayant fait le choix de ne pas s’unir officiellement pour des raisons bien différentes. «On a déjà pensé au mariage puisque nous sommes fiancés, mais je ne pense pas qu'on passera un jour à l'acte, dit Marie, en couple depuis six ans. Et si jamais c’est le cas, ce serait par exemple à Las Vegas ou quelque chose du genre, histoire de mettre un peu de folie dans ce rituel».
Pour d’autres couples, le mariage ne correspond tout simplement pas à leur culture. «Le non mariage est une norme dans le milieu dont je suis issue, à savoir athée, dit Mélissa, en couple depuis six ans. Cela me prendrait des circonstances particulières pour que je planifie de me marier (civilement bien entendu). Je n'ai pas peur de l’acte, puisque je suis déjà conjointe de fait, c’est juste quelque chose que je ne sens pas».
(1)Sources statistiques: Statistique Canada, Institut de la statistique du Québec. 51,9% année de référence 2005.