|
|
En théorie, les choses devraient se
replacer entre deux et six mois après
l’accouchement. En réalité, c’est
bien différent. Mais est-ce possible
de vivre cet événement heureux en
toute quiétude? Est-ce possible de
ne pas perdre ce désir sexuel au
profit de l’enfant qui vient de naître?
Quelques explications.
Pourquoi?
C’est la grande question que me posent
tous les couples qui se retrouvent dans
mon bureau à la suite d’un
l’accouchement: pourquoi c’est comme
ça? Une femme m’a même déjà dit: «Pourtant,
j’ai envie d’avoir envie. Mais mon
corps, ni ma tête ne suivent». La toute première
raison est sans doute reliée à l’adaptation.
|
Nombreux sont ceux et celles qui se
sont retrouvés, seuls à la maison à la sortie
de l’hôpital, devant ce premier petit bébé
en se demandant ce qu’ils allaient faire
maintenant qu’il ou elle est là. La course
quotidienne (les changements de couches,
les boires, les périodes de repos coupées,
s’occuper des autres enfants et j’en passe)
apporte son lot de beaux moments, mais
aussi d’inquiétudes. Les parents doivent
s’adapter. Souvent chez les couples il y a
interruption d’intimité durant la grossesse
ce qui fait que les partenaires se sont quasiment
déshabitués l’un de l’autre.
La grande fatigue est sans doute l’ennemie
jurée de la libido. Une fatigue physique,
mais aussi une fatigue psychologique.
Le sentiment de responsabilité
prend désormais le pas sur le plaisir
spontané. L’aspect ludique de la relation
disparaît peu à peu et les couples se retrouvent
devant le fait accompli: le désir est
disparu.
Les causes hormonales ne doivent surtout
pas rester dans l’ombre. Ces chambardements
(hausse de la prolactine par exemple) occasionnent à coup sûr des effets
néfastes sur la libido. Évidemment, les
causes varient en intensité d’une femme à
l’autre et d’un couple à l’autre. Peu importe
la cause, il est important de se donner
du temps pour reprendre le dessus – plus
que deux à six mois comme mentionné de
façon irréaliste dans les livres. Il ne faut
toutefois pas négliger la situation et croire
qu’elle «s’arrangera» d’elle-même.
Post-partum?
J’entends souvent des blagues au sujet
du post-partum. On dirait qu’il est facile de
mettre tout sur le dos de ce type de dépression,
mais attention. Le post-partum est
une situation qu’il ne faut pas prendre à la
légère.
L’Association canadienne pour la santé
mentale en dit d’ailleurs ceci: «Pour la majorité
des femmes, mettre un enfant au
monde est une expérience très intense, tant
du point de vue physique qu’émotionnel. Il
est donc naturel pour un bon nombre de
nouvelles mamans d’éprouver des sautes
d’humeur après l’accouchement, se sentant
heureuses et tristes par moments. Ces sentiments
sont parfois appelés
baby blues ou
“syndrome du troisième jour”. Dans la plupart
des cas, ils disparaissent environ 10
jours après l’accouchement. Cependant,
certaines femmes peuvent éprouver une
dépression profonde et continue qui durera
beaucoup plus longtemps. Il s’agit de la dépression
post-partum.»
Dans ce cas, ou en cas d’inquiétude, il
est important de consulter un médecin.
Florence a hésité: «Quand j’ai accouché
de ma deuxième, je ne me comprenais
plus. La moindre petite chose me tombait
sur les nerfs. J’étais extrêmement fatiguée,
ma fille pleurait beaucoup. Une nuit je me
suis prise à m’imaginer la laisser là et partir.
J’ai paniqué. J’en ai parlé à Jean-François
au bout d’une semaine. Il m’a dit d’aller
voir mon médecin, que j’avais peut-être
besoin d’aide. Je l’ai fait, heureusement.
J’étais effectivement en dépression postpartum,
sans le savoir.»
Quoi qu’il en soit, n’hésitez surtout pas
à consulter si le problème perdure après
un an.
Trucs pour redonner envie
- ne pas culpabiliser
- réapprendre à aimer son corps de femme (avec tous les changements)
- pratiquer une rééducation du périnée
- retrouver un équilibre de couple (après avoir trouvé un équilibre familial)
- parlez, parlez et parlez encore de ce que vous ressentez
- osez redevenir coquines et choisissez vos moments pour vous éclater en toute intimité… lorsque bébé se fait garder par exemple!