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« Les femmes naissent avec un nombre
fixe d’ovocytes », explique le Dr Bernard
Robaire, parlant de ces cellules essentielles
à la reproduction chez la femme. Le
chercheur de l’Université McGill, financé
par l’Institut de recherche en santé du Canada,
dit que les hommes, eux, n’ont pas de
telle limitation. Contrairement aux
femmes qui, après 35 ans, ont plus de difficulté
à tomber enceinte, les mâles, eux,
produisent quelque 1000 spermatozoïdes
par battement de coeur, pour un total d’un
million par jour.
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Théoriquement, donc, les hommes
pourraient se reproduire à l’infini (du
moins aussi longtemps que leur coeur bat).
« On a toujours considéré que, parce que
les hommes produisaient constamment de
nouveaux spermatozoïdes, il n’y avait aucune
différence entre le sperme d’un homme
de 85 ans, ou celui d’un homme de
35 ans », dit le Dr Robaire. Mais de plus en
plus de recherches se penchent sur les limites
de la fertilité masculine. Une étude
récente révèle en effet qu’après 40 ans les
hommes ont moins de chances d’avoir des
enfants. Leur risque d’avoir un enfant autiste,
bipolaire ou schizophrène est aussi
plus important. Des études révèlent par
ailleurs que les enfants nés de pères âgés
obtiennent de moins bons résultats aux
tests de QI. Une étude a en outre révélé que
l’incidence de trisomie 21 était liée au
sperme dans 50 % des cas.
Détérioration de l'ADN
« Nous avons découvert que, lorsqu’on
accouple de vieux rats de sexe masculin
avec de jeunes femelles, le développement
des embryons se fait différemment », explique
le Dr Robaire. « Le poids des embryons
diffère, mais, plus surprenant encore,
une augmentation de la mortalité à
l’accouchement est constatée. Le développement
est anormal. » Il semblerait qu’en
vieillissant la qualité du sperme régresse.
« La vitalité du sperme et la qualité de son
ADN se détériorent » poursuit le chercheur.
Même si les hommes produisent
toujours de nouveaux spermatozoïdes,
leur indice de qualité diminue. Les cellules
souches présentent plus de dommages
liés à l’oxydation avec le temps.
« La fertilité n’est pas réduite », insiste
toutefois le Dr Robaire, « c’est seulement la
qualité du sperme qui diminue. »
Des pères de plus de 50 ans
David Letterman à 56 ans
Warren Beatty à 63 ans
Larry King à 65 ans
Picasso à 68 ans
Trudeau à 72 ans
Charlie Chaplin à 73 ans
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Une horloge biologique masculine
Alors, les hommes sont-ils soumis à
une horloge biologique ? « Oui, parce
que l’idée d’horloge biologique n’a pas
trait qu’à la quantité, mais aussi à la qualité
du sperme », explique le Dr Robaire,
qui ajoute que beaucoup de pères âgés donnent
naissance à des enfants tout à fait
normaux. Néanmoins, l’âge idéal pour une
qualité optimum, « le sperme parfait », se
situe avant 40 ans.
Avec le nombre croissant d’hommes qui
deviennent père sur le tard, la question de
la qualité du sperme doit être entendue
pense le Dr Robaire. «Tous nos soucis
concernent la femme qui a des enfants
après 35 ans, mais les chances d’avoir un
enfant normal diminuent également avec
la qualité de sperme et, donc, avec l’âge
de l’homme.»
Peut-être devrions-nous mener des
opérations de dépistage pour les
hommes de 60 ans et plus. « Nous
avons des tests pour les femmes, mais
une femme de 25 ans mariée à un homme
de 60 ans ne demandera pas d’amniocentèse
(un test prénatal pour dépister les
anomalies chromosomiques).
Nous devons mettre au point une méthode
efficace de contrôle de la qualité du
sperme », soutient le Dr Robaire.