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Panne de désir?
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Panne de désir?

Mesdames, votre corps ne veut plus rien savoir? Zut! Que faire?
Par Pascale Martel - Collaboration spéciale
Parution
Mai 2009
Pub.
Cliché coriace: au printemps, on a la libido dans le tapis. La sève monte dans les arbres comme devrait monter notre désir à travers toutes les parcelles de notre corps. Les ti-zoiseaux s’accouplent à qui mieux mieux, la nature bourgeonne à cent fleurs à l’heure, alors que nous, pauvres créatures humaines, nous restons de glace, le sexe en hibernation. Pour certaines femmes, ça fait leur affaire. Pour d’autres, c’est la catastrophe. Pouvons-nous agir afin de nous sortir de cet engourdissement génital? Si oui, comment? De grâce, faites qu’Éros vole à notre secours!

Depuis quelques mois, aussitôt que votre amoureux se dirige de vous, vous craignez systématiquement qu’il ne fasse une tentative d’approche sensuelle? Si bien que depuis quelques mois, rien ne va plus entre vous et votre beau Roméo d’antan?

Étrange, n’est-ce pas? Pourtant, à vos débuts avec lui, vous étiez comme un volcan, toujours prête à vous éclater. Jour et nuit, fatigue, pas fatigue. Votre désir était si vorace qu’il vous dévorait toute votre concentration au boulot. Et puis, paf! Toute cette belle énergie s’est évanouie, comme si un mauvais sort s’était jeté sur vous.

Et là, aujourd’hui, dans le coin gauche, il y a vous et votre confusion, votre tristesse, votre solitude; dans le droit, il y a votre mec, son désir refoulé, son ego «écrapout», sa queue entre les deux jambes. Ouais, pas jojo, tout ça, surtout qu’à cela se rajoute une tension insupportable dans votre chaumière, et de la chicane en «format club». À l’aide!


Tête pleine, corps absent


«Comment peut-il penser à ÇA, alors que moi, j’ai la tête totalement envahie par ma listes d’urgences à traiter, de tous ces feux que j’ai à éteindre. Lavage, bouffe, aide aux devoirs des petits, gestion des cours de gym, karaté, soccer, hockey, bouffe, anniversaire, entretien ménager, boulot, comptes à payer… Comment trouverais-je de la place mentale pour me mettre en appétit sexuel? Et comment lui, ne se rend pas compte des tâches qui m’étouffent?»

La suite de cette réflexion arrive presque toujours à cette sinistre conclusion: «Si au moins j’avais un conjoint qui coopère plus, j’aurais peut-être envie de baiser. Mais avec lui, je ne suis qu’en beau joual vert. Tout le temps.» On part de loin, pensez-vous. Mais pas tant que ça, dois-je vous dire. Et pas que pour vous rassurer!

La vaisselle, c’est vachement sexe


En mars 2008, une étude américaine a démontré que les couples qui ont une vie sexuelle harmonieuse après des années de vie commune, sont ceux où le gars participe activement aux tâches quotidiennes. Les mecs qui font la vaisselle améliorent la qualité de leur vie sexuelle. «En gros, plus les hommes font de tâches domestiques, plus les femmes sont heureuses», maintient Scott Coltrane, sociologue à l'université de Riverside en Californie. Il explique: «Quand les hommes font plus de travaux à la maison, la perception des femmes concernant l'équité et la satisfaction matrimoniale augmente, et le couple traverse moins de conflits. Nous autres sociologues ne nous occupons généralement pas de cela, mais les thérapeutes disent qu'il existe une corrélation directe.» Un gars qui se mêle de la poutine quotidienne est aussi un gars qui baise mieux. Argument choc qui aura le chic de motiver le plus paresseux.

Mais y’a pas que ça.

La nourriture du désir


On le devine: le linge à vaisselle et les bubulles dans le lavabo ne parviendront pas comme par miracle, à faire surgir une conjointe à la libido dévorante. Ça en prend davantage.

Comme quoi?

Le désir pour qu’il soit fort - ou du moins présent – doit entre autres se nourrir du manque. Je vous donne un exemple. Il est vendredi, 16h30. Vous avez faim et vous rêvez d’arriver à la maison pour vous faire un gros plat de nachos gratinés. Dans le bouchon de circulation qui vous mène à la maison, vous vous surprenez à saliver: ça fait bien 4 semaines que vous faites attention à ce que vous mangez et cette gâterie grasse et salée est maintenant perçue comme le summum de la récompense. Vos sens sont hautement allumés. Vous subodorez déjà les effluves de fromage. Vous salivez. Bref, vous êtes dans un état d’excitation, vous planez en plein désir.

Mais quand votre plat sera terminé, en désirerez- vous un autre? Non. Et si vous en mangez un à tous les jours, est-ce que vous parviendrez à vibrer du même désir ressenti lorsque vous étiez dans votre véhicule? Probablement pas.

Hé ben, idem pour la bagatelle avec Roméo ou Juliette. «La saturation du désir aboutit à sa disparition,» affirme la Dre Ghislaine Paris, dans son bouquin Un désir si fragile, aux éditions Leduc.s.

Bon ben quoi, alors, il faut arrêter de faire l’amour pour avoir le goût de faire l’amour? Hummmm… un peu mais pas tout à fait. Mais l’état de manque reste certes le point de départ du désir. En couple, le hic c’est que les hommes ont dans la plupart des cas, le désir beaucoup plus rapidement renouvelable que celui des filles. Madame n’a même pas eu le temps de ressentir le manque que Monsieur est déjà prêt à se farcir toutes les positions du Kamasutra. Quand un couple fait vie commune, il devient archi important que l’homme et la femme saisissent ce mécanisme. Ça évitera un paquet de frustration inutiles.


Petits conseils en vrac du Doc Paris:

  • Les gars: vous faites vie commune avec votre blonde et la fréquence de vos relations sexuelles vous déçoit? Apprenez au plus vite à exprimer votre désir sans avoir forcément l’assouvir.


  • Les filles: le désir qu’exprime votre mec est aussi excitant que la menace d’une guêpe qui tournoie autour de votre tête? Renversez la vapeur, et changez votre perception. Voyez son désir comme un stimulus et non comme une envie qu’il vous impose.


  • Les satanées normes sur la fréquence: une fois pour toutes, balancez les moyennes sur ce que devrait une fréquence de baise idéale pour les couples. Y’en a pas d’idéal. La bonne fréquence sera votre propre fréquence.


  • L’équilibre du désir homme-femme, ça se jase. Pour les femmes, trop c’est comme «pas assez», et «pas assez» peut devenir «pu pentoute» (oui, une libido féminine ça peut faire comme la Belle au bois dormant, et effectivement, s’endormir longtemps, longtemps. Les filles, attention à ça, masturbez-vous au moins!)


  • La fusion, une idée que certaines municipalités ont balayé du revers de la main, n’est pas non plus une option pour un couple. Gardez-vous votre jardin secret, vos sorties avec vos potes respectifs. Vos sports juste à vous. Vos bouquins, vos passions. «Couple» ne signifie pas un, mais deux. Vous réserver des plages juste pour vous vous conduira tout naturellement à ce manque, à cette délicieuse naissance du désir. Et à son explosion sous les draps!





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