Et il ne s’agit pas ici de banalités telles que faire l’amour sur la plage avec Barack Obama ou encore de se taper un trip dans un ascenseur: ça, on en convient, n’a rien de tordu.
Il s’agit plutôt d’images fantasmatiques si fortes qu’on ne les avoue même pas à sa meilleure copine. Et vous savez quoi? Il semble que les femmes excellent dans les mises en scène si salées, qu’elles en feraient frissonner les vieux os du Marquis de Sade. Votre curiosité est piquée? Un peu de voyeurisme cautionné par la psycho-pop vous fera un grand bien en ces froides journées!
Sur le site français Planète famille, on a fait le recensement des 15 fantasmes féminins les plus récurrents: tous plus clichés et sans saveurs les uns que les autres, on s’est demandé si cette liste était réellement représentative des fantasmes auxquels la gent féminine se livre quand vient le temps de passer aux choses sérieuses.
Au banc des recensés, on retrouvait notamment la baise sur la plage, le mec en uniforme, la débauche d’un jeunot, flancher pour une femme, etc. Bref, rien de nouveau sous le soleil mais juste assez pour faire naître cette petite question: est-ce que les femmes pensent réellement à ce genre de trucs quand elles jouent avec leur corps?
La bible des fantasmes
Je me rappelle être tombée, un jour, sur un bouquin écrit par une sexologue et qui longuement détaillait les fantasmes que ses patientes lui avaient confiés au cours de sa pratique. Évidemment, elle ne dévoilait pas l’identité de ces femmes mais elle n’épargnait aucun détail sur la nature de leurs fantasmes. Disons-le, j’ai été sidérée. Chien de toutes tailles, équipe complète de hockeyeurs, scènes de violence, tous les extrêmes y passaient. Inutile de souligner le fait que ces femmes n’avaient nullement l’intention de passer à l’acte et donc de concrétiser leurs scénarios.
Plus récemment, M. Brett Hahr un psychothérapeute qui bosse aussi à titre de consultant permanent pour la très prestigieuse BBC, a fait un exercice semblable et a demandé à 20 000 Britanniques de dévoiler le contenu de leur jardin secret. Les fruits de son enquête,
Le livre des fantasmes, viennent d’être traduits et publiés en français aux éditions Grasset. Résultat: le pays des fantasmes est soumis à la plus pure des anarchies et ne tolère aucune loi.
Le monde est pervers!
S’il faut en croire à son bouquin, nous sommes tous et toutes des êtres perpétuellement hantés par des flashs cochons, et ce, à toutes heures du jour. Des images sexuellement chargées de désirs interdits, franchement inavouables! Et les milliers de personnes interviewées n’y vont pas par quatre chemins pour raconter leurs fantasmes: en des mots excessivement crus et via des images fortement salaces, ils s’adonnent à des descriptions fort précises. Le vrai fantasme est tout sauf romantique! (Des exemples? Ok, vous l’aurez voulu: il y a cette mère de famille qui avoue se faire son cinéma maison dans lequel son propre fils la viole. Oui, je vous avais prévenus: au pays du fantasme, l’anarchie est reine, despote et sanguinaire!)
Surtout, il ne faut pas y voir quelconque anormalité: on ne choisit pas nos fantasmes, pas plus qu’on est désaxés de carburer à des scènes peu recommandables. Le fantasme fait partie de notre psychisme, soutient l’auteur du bouquin. Il fait non seulement partie intégrante de notre mental, mais il est essentiel à notre fonctionnement. Pourquoi? Simplement parce qu’il répond à un besoin de réparation, il nous aide à panser nos blessures et autres bobos qui remontent à notre enfance.
Également, les fantasmes jouent le rôle de traduire nos désirs interdits en les satisfaisant, et nous permet de botter le derrière et chasser certaines de nos vieilles frustrations. En gros, ils assurent une partie de notre santé mentale. L’auteur va jusqu’à avouer que s’il faisait face à un patient qui se déclarerait incapable de nourrir de fantasmes, il s’en inquiéterait: «Cela pourrait être le signe d’une déficience de l’activité mentale et de graves troubles psychologiques», soutient-il.
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Oh! Quelle vie d’orgie!
Des chiffres et du sexe
Selon l'étude du spécialiste:
- Dans la vraie vie: 4 % des hommes et 3 % des femmes se disent bisexuels
- Au pays des fantasmes: 13 % des hommes et 17 % des femmes prennent leur pied en s’imaginant en train de faire l'amour avec un homme et une femme en même temps.
- Environ 30 % des gens interrogés avouent avoir recours à des fantasmes à tendance maso, alors que dans leur vie de tous les jours, cela ne les allume pas.
- 90 % des gens interrogés sont infidèles en pensée.
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La normalité n’a pas de sexe
À propos de la sacro-sainte normalité, le spécialiste y va de sa réflexion qui en soulagera peut-être plusieurs: apposer le qualificatif «normal» au mot «sexualité» serait d’une absurdité sans nom.
Les fantasmes n’ont rien à voir avec la norme parce que ce sont des éléments qui proviennent de notre inconscient. En fait, le fantasme joli et poli de la baise sur la plage mentionnée plus haut ne serait que la toute petite pointe de l’iceberg de la sexualité fantasmée: sa partie la plus imposante serait cachée sous les flots peu pénétrables de notre inconscient, et serait fort révélatrice de ce que nous sommes en tant qu’individu, et de notre mécanisme mental. Intéressant, n’est-ce pas?
On ne s’étonnera pas, dès lors, de ressentir un mélange doux-amer d’excitation et de répulsion, de plaisir et de culpabilité, quand on laisse libre cours à nos petits scénarios exhibitionnistes, voyeuristes, orgiaques ...
Le fameux du trip à 3 des gars (avec deux filles, évidemment!)
Pour terminer sur une note plus légère, je m’adresse à vous, mesdames: quand votre mec vous dira, tout macho, que son fantasme secret est de faire l’amour à deux femmes en même temps, vous saurez dorénavant ce que cela veut dire. Et non, ça ne signifie pas que votre amoureux se voit si généreux et si viril de sa personne qu’il pourrait satisfaire plus qu’une femme à la fois.
Selon Hahr, ce «n'est pas du tout, comme on le pense parfois, une preuve indubitable d'hétérosexualité chez les hommes. De nombreuses études psychanalytiques sur le sujet démontrent qu'il est plutôt lié au manque d'affection maternelle: les amateurs de scènes saphiques ont besoin de voir non pas deux mais quatre seins (au moins) afin de compenser l'absence de la mère (physique ou affective) ressentie pendant la petite enfance».
Oh les pauvres petits choux!
Quelques statistiques plus digestes!
- 39 % des répondants confient fantasmer de baiser avec un(e) collègue
- 29 % se mettent en scène dans un rôle dominateur au lit
- 33 % préfèrent jouer les soumis
- 12 % se voient recevoir la fessée
- 5 % fantasment sur se déshabiller en publi.
- 6 % se vêtent fantasmatiquement dans les sous-vêtements du sexe opposé
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