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C’est beau, l’autonomie, non? Notre bébé qui
avait autrefois besoin qu’on le porte pour se déplacer
d’une pièce à l’autre le fait désormais tout
seul, comme un grand. Tellement bien que ses
pas l’ont mené directement à notre chambre à
coucher alors qu’on était gentiment en train de
faire l’amour. OK, c’est pas super comme feeling.
Il ne faut toutefois pas paniquer, mais il importe
de réagir correctement.
Soyons réalistes!
Il faut s’attendre à ce que cela arrive un jour ou
l’autre, car il serait très naïf que de penser que
nos enfants ne nous surprendront jamais en train
de faire l’amour. À moins qu’on ne le fasse que
lorsqu’ils sont sortis et pour un bon bout de
temps. Cependant, attendre le moment idéal peut
devenir cauchemardesque.
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Alors, si on veut profiter de notre jeunesse et
de notre vie sexuelle, il faut pouvoir assumer notre
intimité en plein jour, au risque d’être interrompus
dans nos ébats ou encore d’être carrément
pris les culottes à terre! Situation inconfortable?
Plutôt. Tant pour nous que pour nos enfants.
Voilà pourquoi il faut s’y préparer et y préparer les
enfants.
«Lorsqu’on souhaite avoir une relation sexuelle le
jour alors que nos enfants se trouvent dans la maison,
il faut faire ça de façon responsable, précise
Michel Lemieux, thérapeute conjugal, familial et
sexologue clinicien. D’abord, on s’assure que nos
enfants sont en sécurité. Puis, on choisit un endroit
où on peut verrouiller la porte.»
On peut aussi indiquer
clairement sur la porte de ne pas déranger. Car,
bien sûr, si on choisit de s’envoyer en l’air dans la
salle de lavage et que celle-ci est bien à la vue de
tous, on risque encore plus d’être surpris en pleine
action. Et les enfants ont une espèce d’antenne
quand surviennent ces choses-là... L’instinct, paraît-il.
Quoi qu’il en soit, un verrou, c’est bien pratique.
D’autre part, il est préférable que les enfants sachent
que les parents ont droit à leur intimité.
Place à la communication!
Les enfants qui savent que leurs parents ont des
moments d’intimité sontmoins susceptibles de réagir
démesurément s’ils les surprennent dans leurs
ébats amoureux. «Les enfants doivent savoir que
papa et maman ont besoin de prendre du temps
pour vivre leur amour, leur intimité. Il ne faut donc
pas faire des mystères à ce sujet. Évidemment, on
n’a pas à donner de détails sur notre vie intime,
mais on dit simplement qu’on a besoin de partager
des moments pour vivre notre amour», mentionne
M. Lemieux.
Il semble que plus on a cette discussion tôt avec
notre enfant, plus cela sera facile à accepter pour
lui. D’autre part, on doit établir quelques règles de
manière à vivre notre vie intime de lamanière la plus
respectueuse pour tous. On demande donc à nos
enfants de cogner à la porte de notre chambre et
d’attendre qu’on leur dise d’entrer pour en franchir
le seuil.
«On ne doit pas ignorer l’enfant qui se trouve
de l’autre côté de la porte, précise le thérapeute. On
lui demande d’attendre un instant, on se couvre et
on lui dit d’entrer. Puis, on lui demande de quoi il a
besoin. Le petit enfant n’est pas très préoccupé par
ce qui se passe derrière la porte, mais il a besoin
d’avoir une réponse à son besoin. On lui dit ensuite
de ressortir, d’attendre une minute le temps qu’on
s’habille, puis on va l’aider.»
Il est important de
répondre au besoin de l’enfant, selon M. Lemieux. «Si l’enfant est très jeune et si on choisit de le faire monter dans notre lit, on s’occupe de lui.
On arrête nos ébats pour peut-être les
reprendre à un autre moment si le coeur
est encore là», déclare le thérapeute.
Surprise!
C’est sûr qu’on doit s’attendre à se faire
déranger quand on fait l’amour en plein
jour. Mais même quand on s’y attend, on
n’en est pas moins surpris lorsque ça arrive.
«Avant de faire l’amour, il faut déjà
penser à une réponse et à une réaction.
Et, surtout, il faut dédramatiser», conseille
M. Lemieux.
Si notre enfant a été préparé
au fait que ses parents ont parfois besoin
d’intimité, il ne devrait pas trop mal réagir
s’il nous surprend dans le feu de l’action.
Mais s’il réagit mal, on fait quoi? «On lui demande
ce qui est inacceptable pour lui.
L’enfant va dire ce qui lui déplaît, et ce sera
peut-être le moment de lui fournir un peu
plus d’information. D’autre part, il faut le
rassurer sur l’amour qu’on a pour lui parce
qu’il peut avoir l’impression qu’il est moins
important.»
Et, surtout, il ne faut pas faire comme si
rien ne s’était passé. Il faut au contraire
parler avec notre enfant, car celui-ci vit
peut-être un certain traumatisme. Après
tout, il a vu une scène inhabituelle qu’il ne
comprend pas, toute nouvelle pour lui,
et cette vision possiblement troublante
réveillera sans doute sa curiosité naturelle
sur la sexualité.
Si on le laisse sur cette
vision, il pourra garder une image négative
de la sexualité, c’est-à-dire dépourvue
d’amour, comme dans la pornographie. Il
importe donc de lui parler des sentiments
amoureux qu’on a pour notre partenaire et
de lui rappeler que cet amour entre adultes
est bien différent de celui qu’on éprouve
pour nos enfants.
Bref, être pris les culottes à terre, ça exige
une petite discussion adaptée à l’âge de
nos jeunes, bien entendu. Bonne semaine
de relâche!
Page 1. Pris les culottes à terre?
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