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Parents - Pris les culottes à terre?
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Parents

Pris les culottes à terre?

C’est la semaine de relâche, et toute la famille profite de ces précieuses journées de vacances. Les enfants sont occupés de leur côté, et les parents en profitent pour faire des galipettes quand... surprise! L’un des petits vient d’entrer dans la chambre à coucher. Oupélaï!
Par Kathleen Michaud
Parution
Vol. 14 no4
Pub.
C’est beau, l’autonomie, non? Notre bébé qui avait autrefois besoin qu’on le porte pour se déplacer d’une pièce à l’autre le fait désormais tout seul, comme un grand. Tellement bien que ses pas l’ont mené directement à notre chambre à coucher alors qu’on était gentiment en train de faire l’amour. OK, c’est pas super comme feeling. Il ne faut toutefois pas paniquer, mais il importe de réagir correctement.


Soyons réalistes!


Il faut s’attendre à ce que cela arrive un jour ou l’autre, car il serait très naïf que de penser que nos enfants ne nous surprendront jamais en train de faire l’amour. À moins qu’on ne le fasse que lorsqu’ils sont sortis et pour un bon bout de temps. Cependant, attendre le moment idéal peut devenir cauchemardesque.


Alors, si on veut profiter de notre jeunesse et de notre vie sexuelle, il faut pouvoir assumer notre intimité en plein jour, au risque d’être interrompus dans nos ébats ou encore d’être carrément pris les culottes à terre! Situation inconfortable? Plutôt. Tant pour nous que pour nos enfants. Voilà pourquoi il faut s’y préparer et y préparer les enfants.

«Lorsqu’on souhaite avoir une relation sexuelle le jour alors que nos enfants se trouvent dans la maison, il faut faire ça de façon responsable, précise Michel Lemieux, thérapeute conjugal, familial et sexologue clinicien. D’abord, on s’assure que nos enfants sont en sécurité. Puis, on choisit un endroit où on peut verrouiller la porte.»

On peut aussi indiquer clairement sur la porte de ne pas déranger. Car, bien sûr, si on choisit de s’envoyer en l’air dans la salle de lavage et que celle-ci est bien à la vue de tous, on risque encore plus d’être surpris en pleine action. Et les enfants ont une espèce d’antenne quand surviennent ces choses-là... L’instinct, paraît-il. Quoi qu’il en soit, un verrou, c’est bien pratique. D’autre part, il est préférable que les enfants sachent que les parents ont droit à leur intimité.


Place à la communication!


Les enfants qui savent que leurs parents ont des moments d’intimité sontmoins susceptibles de réagir démesurément s’ils les surprennent dans leurs ébats amoureux. «Les enfants doivent savoir que papa et maman ont besoin de prendre du temps pour vivre leur amour, leur intimité. Il ne faut donc pas faire des mystères à ce sujet. Évidemment, on n’a pas à donner de détails sur notre vie intime, mais on dit simplement qu’on a besoin de partager des moments pour vivre notre amour», mentionne M. Lemieux.

Il semble que plus on a cette discussion tôt avec notre enfant, plus cela sera facile à accepter pour lui. D’autre part, on doit établir quelques règles de manière à vivre notre vie intime de lamanière la plus respectueuse pour tous. On demande donc à nos enfants de cogner à la porte de notre chambre et d’attendre qu’on leur dise d’entrer pour en franchir le seuil.

«On ne doit pas ignorer l’enfant qui se trouve de l’autre côté de la porte, précise le thérapeute. On lui demande d’attendre un instant, on se couvre et on lui dit d’entrer. Puis, on lui demande de quoi il a besoin. Le petit enfant n’est pas très préoccupé par ce qui se passe derrière la porte, mais il a besoin d’avoir une réponse à son besoin. On lui dit ensuite de ressortir, d’attendre une minute le temps qu’on s’habille, puis on va l’aider.»

Il est important de répondre au besoin de l’enfant, selon M. Lemieux. «Si l’enfant est très jeune et si on choisit de le faire monter dans notre lit, on s’occupe de lui. On arrête nos ébats pour peut-être les reprendre à un autre moment si le coeur est encore là», déclare le thérapeute.


Surprise!


C’est sûr qu’on doit s’attendre à se faire déranger quand on fait l’amour en plein jour. Mais même quand on s’y attend, on n’en est pas moins surpris lorsque ça arrive. «Avant de faire l’amour, il faut déjà penser à une réponse et à une réaction. Et, surtout, il faut dédramatiser», conseille M. Lemieux.

Si notre enfant a été préparé au fait que ses parents ont parfois besoin d’intimité, il ne devrait pas trop mal réagir s’il nous surprend dans le feu de l’action. Mais s’il réagit mal, on fait quoi? «On lui demande ce qui est inacceptable pour lui.

L’enfant va dire ce qui lui déplaît, et ce sera peut-être le moment de lui fournir un peu plus d’information. D’autre part, il faut le rassurer sur l’amour qu’on a pour lui parce qu’il peut avoir l’impression qu’il est moins important.»

Et, surtout, il ne faut pas faire comme si rien ne s’était passé. Il faut au contraire parler avec notre enfant, car celui-ci vit peut-être un certain traumatisme. Après tout, il a vu une scène inhabituelle qu’il ne comprend pas, toute nouvelle pour lui, et cette vision possiblement troublante réveillera sans doute sa curiosité naturelle sur la sexualité.

Si on le laisse sur cette vision, il pourra garder une image négative de la sexualité, c’est-à-dire dépourvue d’amour, comme dans la pornographie. Il importe donc de lui parler des sentiments amoureux qu’on a pour notre partenaire et de lui rappeler que cet amour entre adultes est bien différent de celui qu’on éprouve pour nos enfants.

Bref, être pris les culottes à terre, ça exige une petite discussion adaptée à l’âge de nos jeunes, bien entendu. Bonne semaine de relâche!

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