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Le couple fissionnel - Pour une remise en question de la monogamie
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Le couple fissionnel

Pour une remise en question de la monogamie

Pour Serge Chaumier, sociologue et auteur de La déliaison amoureuse, le couple monogame serait en voie de disparition. Pour lui, le bonheur conjugal passe par l’autonomie et l’ouverture, et seule une (r)évolution du contrat amoureux saura renverser la vapeur du fléau des séparations et divorces.
Par Pascale Martel - Collaboration spéciale
Parution
Mai 2008
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Serge Chaumier est un libre-penseur français qui a toujours été fasciné par ce qu’il nomme l'«organisation amoureuse». Quand il parle de couple fissionnel, il fait évidemment référence au couple fusionnel tel qu’on le connaît: c’est-à-dire deux amoureux qui font tout ensemble, tout le temps. Vacances, vie sociale, train-train quotidien, etc. Son point de départ est celui-ci: le couple est en pleine mutation, il désire et se permet une plus grande autonomie. Sorties en gars, entre filles, vacances mère-fille, trip de chasse père-fils, on est pleinement conscient de notre besoin d’indépendance, de vouloir vivre aussi à l’extérieur de cette bulle qu’est le couple. D’hermétique qu’elle était il y a à peine cinquante ans, l’union de deux personnes a depuis quelques années envoyé valser certaines obligations conjugales. Qui aujourd’hui pointe du doigt la mère de famille qui s’évade seule ou encore avec sa bande de copines pour un week-end spa?


La grande friction


Dans son bouquin, Chaumier fait principalement référence aux mœurs européennes: les couples y sont beaucoup plus traditionnels, beaucoup plus frileux à l’idée de faire des activités chacun de leur côté. C’est vu d’un très mauvais œil, et souvent c’est perçu comme un échec amoureux. Quant au Canada, le sociologue note une plus grande égalité sexuelle: chacun de son côté, on conserve nos amis, nos loisirs, etc., sans que cela ne génère de malaises. Et il observe que cela ne nous rend pas nécessairement infidèles (!).

Toutefois, certains couples iront jusqu’à renégocier la clause «fidélité» de leur union. Soyons réalistes: pour plusieurs individus, la monogamie n’est ni plus ni moins qu’un vaste mensonge, un paravent qui repose sur des conventions sociales et culturelles. On donne à l’autre l’impression qu’on lui est fidèle sexuellement mais dans les faits, on cède occasionnellement aux charmes d’un tiers. Ainsi, on assiste à l’émergence – bien qu’encore marginale - d’un nouveau modèle amoureux: le couple ouvert. Aïe. Ces amoureux se permettent des aventures et surtout (laissons tomber nos préjugés deux secondes...), osent vivre dans la franchise. Pour Chaumier, ce nouveau genre amoureux exprime sa fidélité dans le temps et non dans la sexualité. «L’idée est qu’il n’y a jamais remplacement mais complémentarité. Il ne peut donc y avoir rupture, tout au plus éloignement.» Et si ce soir on avouait à notre conjoint l’inavouable? Qu’effectivement, ce beau collègue dont il est si jaloux nous fait le plus grand effet, qu’on rêve éveillée à tous les délicieux interdits qu’il représente et que parfois on pousse la chose en se vêtant un chouïa trop sexy simplement pour attirer son regard? Soyons honnêtes: il y a des fois où la renégociation de notre couple aurait bien meilleur goût. Mais ça tiendrait combien de temps? Le temps de vivre cette alléchante aventure? Et votre conjoint, lui, vous l’imaginez en train de faire balader ses doigts sur le corps de la super bombe qui bosse dans le même building que lui et qui vous fait frissonner de jalousie avec sa croupe parfaite? La sentez-vous la grande friction qui peut s’ensuivre?


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