Julien Cayer
Canoë

Lenoir & Lacroix: redonner grâce au café

Lenoir & Lacroix: redonner grâce au café

Le torréfacteur de café de Lenoir & Lacroix enverra cet été deux artistes visuels en résidence chez des producteurs de café péruvien pour créer des liens entre ces deux groupes unis par le café.Photo Lenoir & Lacroix

Julien Cayer

Les Québécois connaissent bien le concept du café équitable, qui est solidement implanté dans la province. Mais peut-on faire mieux, faire plus?

C'est ce qu'est en voie de réaliser le torréfacteur de café de Lenoir & Lacroix, de Blainville, qui enverra cet été deux artistes visuels en résidence chez des producteurs de café péruvien pour créer des liens entre ces deux groupes unis par le café.

«L'idée, c'est de créer un échange culturel», explique Léa Lacroix qui pilote le projet de collectif en plus d'être en charge des communications de l'entreprise familiale. «Et quelle meilleur outil que les arts pour créer un échange?», demande-t-elle.

Parce qu'on l'oublie souvent, mais au-delà du café, il y a des gens. «On veut changer l'image du fermier pas très éduqué qui produit du café. Ce sont des personnes qui vivent des enjeux plus complexes. Lors de notre dernier voyage au Pérou, on a notamment débattu avec eux d'équité homme-femme dans la production de café», donne en exemple Léa Lacroix.

Pendant leur séjour, les artistes devront donc tisser des liens avec la communauté qui les reçoit, sous forme de projets artistiques, de rencontres ou de conférences.

La troisième vague du café avant le temps

Cette philosophie d'échange culturelle initiée par Léa Lacroix n'est pas étrangère à la philosophie du café de son père et de son oncle, qui ont fondé Lenoir & Lacroix il y a 11 ans, bien avant que la mode des micro-torréfacteurs «de la troisième vague», qui s'inspire fortement du domaine du vin avec ses terroirs et ses origines reconnues, ne batte son plein.

«Mon père dit souvent à la blague que Lenoir & Lacroix doit être rendu à la quatrième vague! Ça fait des années que l'on voyage dans les pays producteurs de café pour transiger directement avec les fermiers. Ça nous permet de s'assurer que le café que l'on importe soit vraiment biologique et équitable, mais aussi de sélectionner des terroirs spécifiques», souligne Léa Lacroix.

Difficile en effet d'être plus de son temps pour cette entreprise qui a choisi de rester à taille humaine.

«On ne veut pas grossir comme entreprise. Ou plutôt, oui, on veut grossir, mais pas en terme de ventes et de revenus. En redonnant», résume Léa Lacroix.

Financement

Les artistes d'ici ont donc jusqu'au 1er avril pour soumettre un projet qui suscitera un contact avec les producteurs.

Mais le projet ne se terminera pas là. D'ici le début de 2017, un artiste péruvien sera à son tour invité en résidence au Québec.

«On dit souvent, avec raison, que nos artistes mangent leur bas, mais au Pérou, les programmes qui les supportent sont encore plus rares. C'est la raison pour laquelle on tenait à en faire venir un au Québec», explique Léa Lacroix, qui a elle-même un parcours en arts visuels et qui fait de la photographie.

Pour financer le projet, le collectif a mis en vente sur sa boutique en ligne des sacs de café spécialement créés par des illustrateurs et des artistes visuels qui reçoivent en retour 1 $ par sac de café.

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