Patrick Désy

Chronique de Patrick Désy

Canoë

Cinq vins à partager avec son papa ce week-end

Cinq vins à partager avec son papa ce week-end

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Ceux qui me lisent depuis un moment comme ceux avec qui je partage ma passion assoiffée du vin depuis plus d’une vingtaine d’années, savent que j’ai la chance, le privilège et le bonheur d’avoir un papa extraordinaire. De complicité avec ma maman avec qui il célébrait cette semaine 48 ans de mariage (48 ans!), il est à l’origine de mon amour pour le vin. Et j’aimerais spécifier ici, le bon vin. Or, si j’avais à le décrire en un mot, je dirais humilité.

Si je vous raconte tout ça avec un air d’opérette, c’est que c’est aussi la façon avec laquelle papa m’a introduit au vin. Dans le respect de la vigne et du vigneron.

Encore à Bordeaux, en mai dernier, où j’ai passé une semaine à tourner avec lui dans les grandes propriétés de Bordeaux, il était aussi heureux et excité qu’un enfant de 6 ans avant d’ouvrir ses cadeaux à Noël. Et même si c’était à des années-lumières de ce qu’on a vécu depuis presque 20 ans de visite viticole ensemble, on s’est éclaté. Parce que pour papa, ce qui comptait, c’était de partager ensemble un moment spécial autour du vin.

Bref, mon papa c’est le plus fort. Il est loin d’être parfait. Mais il est toujours là pour moi, comme pour les autres. Toujours aussi généreux. Aimant. Tendre. Dévoué. Humble.

Allez. J’ai l’impression que nos verres sont à marée basse. Il est temps de jouer un peu du tire-bouchon. Voici cinq vins qui m’ont interpellé cette semaine et que je partagerais volontiers avec mon papa, ce dimanche.

Bonne Fête des Pères.


Creux de Sobron 2015, Jean-Claude Boisset, Côte de Nuits Villages, France

42,00 $ Code SAQ 13303748

14 %

1,4 g/l

Il y a actuellement à la SAQ près d’une trentaine de cuvées élaborées par la maison Jean-Claude Boisset. Avec le temps, le piège quand vous tournez dans le monde du vin, c’est de tomber « pote » avec les producteurs. Comme avec Grégory Patriat. C’est lui qui fait les vins chez Boisset. Le gars est brillant. Il a travaillé chez Leroy, domaine mythique en Bourgogne. Il dispose de beaucoup de moyens, l’accès à un fabuleux patrimoine de vignes et une grande liberté d’action. J’ai goûté de lui des trucs formidables. Or, depuis deux ou trois ans, j’ai l’impression que ses vins sont plus convenus qu’avant. Moins audacieux. C’est toujours très bien fait, mais c’est moins sur le fil du rasoir qu’auparavant. C’est le cas, par exemple, de la cuvée Les Charbonnières 2015, un joli Nuit-St-Georges village, gourmand et élégant, mais qui m’a semblé manquer d’âme. Surtout à 80$ le flacon. En revanche, j’ai été charmé par la cuvée Creux de Sobron 2015. On sent bien la générosité du millésime avec une impression de fruit mûr et dense, presque structuré, notamment quand le vin grimpe en température. Du bois aussi. Sans prendre toute la place, on sent l’expression minérale s’estomper au profit d’un profil boisé plus convenu. L’ensemble reste élégant et habilement construit. Étant donné les prix souvent vertigineux des vins en Bourgogne, ça reste un achat intéressant si on veut faire l’expérimentation d’un chardonnay racé.

*** ½ $$$ ½

La Vieille Ferme 2016, Famille Perrin, Luberon, France

13,00 $ Code SAQ 298505

13 %

1,2 g/l

Beaucoup moins cher que le précédent, cette nouvelle mouture 2016 de La Veille Ferme est toujours aussi convaincante. Un assemblage sudiste de bourboulenc, grenache blanc, ugni blanc et vermentino encore une fois habilement maîtrisé par la famille Perrin à qui l’on doit le Château de Beaucastel à Châteauneuf-du-Pape. C’est bien parfumé (pêche, poire, agrumes, tilleul), bien sec avec un fruit tendre, du volume et une assez bonne acidité qui rend l’ensemble fort digeste. Servir bien frais (8-10 degrés) avec les poissons et salades estivales.

** ½ $ ½

Les Grandes Vignes 2015, Domaine Claude Lafond, Reuilly, France

19,75 $ Code SAQ 11495379

13,5 %

1,9 g/l

On ne trouve malheureusement que quatre vins de cette jolie appellation de Loire à la SAQ. À base de pinot noir, celui-ci n’apporte que du bonheur, de la première à la dernière gorgée. Un nez débordant de fruits : fraise, cerise, touche herbacée. C’est gouleyant, fringant, avec de la chaire et un volume moyen. La parfaite définition du vin de soif. À servir assez frais, autour de 14 degrés.

*** $$

Domaine de Souviou rosé 2016, Bandol, France

26,00 $ Code SAQ 12200798

13,5 %

1,4 g/l

Les bandols rosés sont toujours plus chers que les autres rosés provençaux. Celui-ci s’en rapproche d’ailleurs beaucoup avec sa couleur pâle très à la mode, mais qui n’est nullement un gage de qualité. Nez facile, peu complexe, mais agréable de fruits rouges et de fleur. Ampleur moyenne, bon équilibre, plutôt léger pour un bandol. À boire dans l’année.

** ½ $$ ½

Rimage 2015, Domaine La Tour Vieille, Banyuls, France

25,60 $ (500 ml) Code SAQ 884908

16 %

110 g/l

On termine avec le dessert. Un très bon banyuls au style axé sur le fruit, un peu comme le sont les portos ruby, mais avec un supplément d’âme, d’énergie et de minéralité. Une impression de chocolat noir, de cerise confite, d’écorce d’orange et d’épices douces. C’est frais, onctueux et merveilleusement digeste pour un vin de dessert. À servir assez frais, 13-14 degrés avec le chocolat ou le fromage bleu.

*** $$$



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