Patrick Désy

Chronique de Patrick Désy

Patrick Désy
Canoë

Six conseils pour mieux apprécier le vin au restaurant

Six conseils pour mieux apprécier le vin au restaurant

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Patrick Désy

Qui n’a jamais vécu une mauvaise expérience au restaurant non pas à cause de la bouffe, mais bien du vin? Vous pouvez être attablé au meilleur restaurant de la ville, si ça se passe mal avec le vin, les chances que vous y retourniez sont minces. Voici six conseils pour vous assurer de vivre la meilleure expérience qui soit!

1. Dites-vous d’abord que c’est vous le client, c’est vous qui payez la note en sortant, c’est donc vous qui avez le dernier mot. Le client a toujours raison! Cela dit, ce n’est pas une raison pour jouer aux emmerdeurs. Autrement dit, n’ayez pas peur de demander et soyez en droit de recevoir tout en restant agréable et respectueux. Tout est dans la manière, disait Jacques Brel.

2. Si c’est possible, jetez un œil à la carte des vins avant d’arriver au resto. Ça vous aidera à vous faire une tête sur le(s) vin(s) que vous aimeriez prendre et du budget que vous allez y consacrer. C’est également l’occasion de faire certaines recherches sur des noms que vous connaissez peu ou pas. Dans le feu de l’action, vous n’avez pas toujours le temps de peser et sous-peser toutes les options.

3. Le sommelier est votre meilleur allié. C’est normalement lui qui a construit la carte. Même si vous n’avez pas de question ou que vous savez ce que vous voulez, je vous encourage à lui partager votre choix. Un bon sommelier saura vous guider. Il pourra vous dire si un vin se goûte mieux qu’un autre. Il devrait pouvoir vous renseigner sur un producteur que vous ne connaissez pas. Si vous bloquez sur la carte, mais que vous lui dites ce que vous aimez, il devrait pouvoir trouver chaussure à votre pied tout en respectant votre budget. Ils ont, par ailleurs, souvent des petites perles de derrière les fagots qui ne sont pas encore sur la carte, soit parce que le vin vient d’arriver ou que tout simplement, il en a trop peu reçu. La passion attirant la passion, vous risquez ainsi de faire de belles découvertes!

4. Sentez le bouchon. Oui, oui, vous avez bien lu: n’hésitez pas à sentir le bouchon! C’est un indice qui permet de savoir si le vin est bouchonné. Habituellement, le liège d’un bon vin ne devrait rien sentir. À l’inverse, le liège d’un vin bouchonné a tendance à sentir… le bouchon. Si, dans votre verre, vous percevez les mêmes arômes de liège, de carton mouillé ou de cave pourrie, c’est un signe que le vin est peut-être bouchonné. LA règle d’or ici: n’hésitez jamais à retourner un vin que vous croyez défectueux. JAMAIS! Même si on essaye de vous convaincre du contraire. Le restaurateur pourra se faire rembourser par la SAQ, que ce soit de l’importation privée ou non. Et vous profiterez d’un bon verre de vin.

5. Certains établissements prennent l’initiative de remplir votre coupe de manière à ce que vous ne soyez jamais à marée basse. Certains le font avec brio. Juste ce qu’il faut et au bon moment. C’est d’autant plus apprécié lorsqu’on est plusieurs à table, mais c’est malheureusement une minorité. La plupart du temps, on a l’impression de vous presser à prendre une deuxième bouteille en remplissant votre verre à rebord. C’est tout sauf de bon goût, sans parler qu’il devient impossible d’apprécier le nez du vin et son évolution au fur et à mesure qu’il s’oxygène dans le verre et dans la bouteille. Bref, n’hésitez pas à prendre le contrôle et d’indiquer d’entrée de jeu que c’est vous qui vous occupez de servir le vin.

6. En terminant, si vous pensez ne pas terminer la bouteille, demandez à conserver le bouchon puisqu’il est maintenant permis au Québec de repartir avec une bouteille entamée. Après tout, vous l’avez payé cette bouteille, elle est à vous! C’est une bonne façon de faire perdurer le plaisir en la buvant le lendemain tout en restant sage.

Autrement, voici rapidement trois vins sur lesquels j’ai accroché cette semaine.

Buvez moins. Buvez mieux.

Château La Tour de By 2010 Médoc

(25 $ - Code SAQ 11571829)

Le parfait exemple du potentiel des «petits vins» de Bordeaux bien ficelés qui peuvent tenir admirablement une dizaine d’années en cave et vendus à prix d’ami.

Un Tour de By 2010 qui profite de l’allégresse du millésime par un supplément de densité et de profondeur.

Encore jeune, de bonne structure et équilibré, il se livre avec une classe bordelaise irrésistible. Vous pouvez vous faire plaisir maintenant, mais vous pourriez en surprendre plus d’un à l’aveugle dans cinq ou huit ans.

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Domaine Borie de Maurel Minervois Esprit d'Automne 2013 Minervois

(18,05 $ - Code SAQ 875567)

Un vin qui fait toujours bonne impression.

La mouture 2014 qui vient de débarquer sur les tablettes de la SAQ confirme l’intérêt que vous devriez lui porter.

Bonne intensité des parfums tout en restant simple. Registre sudiste de cerise en confiture et d’épices, de cacao amer avec un fond végétal. C’est nourri, généreux et d’assez bonne droiture.

Pas le plus long, mais assurément fort agréable.

** ½
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Domaine d'Alzipratu Fiumeseccu 2014 Corse Calvi

(22,65 $ - Code SAQ 11095658)

Un domaine que j’affectionne pour la franchise et l’authenticité de ses vins, tout en passant sous silence le nombre de bouteilles de Fiumesccu rosé que j’ai pu écluser lors de mes séjours en Corse dans ma jeune vingtaine.

Composé de nielluccio et de sciacarello, les deux cépages emblématiques de l’Ile de Beauté, le rouge 2014 présente un fruité bien expressif nuancé par des notes de fruits noirs, de tapenade et de maquis.

D’assez bonne concentration, il est énergique et présente cette pointe d’austérité en finale qui vient affirmer l’identité du vin. Le meilleur remède pour faire passer l’hiver.

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