Patrick Désy

Chronique de Patrick Désy

Les vins de Jules César

Les vins de Jules César

Photo courtoisie 

Patrick Désy

Dernière mise à jour: 18-12-2013 | 08h37

INTRO

 

 

Les vins de Jules César

On est en 1995. Une soirée bien arrosée entre trois larrons du Rhône septentrional : Yves Cuilleron, Pierre Gaillard et François Villard. Ensemble, ils allaient relancer le vignoble romain de Seyssuel, des parcelles totalisant, aujourd’hui, 18 hectares en pente abrupte et situées de l’autre côté du Rhône, face aux fameux Côte-Rôtie et Condrieu. On a naturellement repris le nom historique de la région: Les Vins de Vienne.

La notoriété des parcelles remonte à l'Empire de Jules César. Les écrits retrouvés par les trois comparses évoquent des raisins noirs de la région de Vienne donnant trois crus: Sotanum, Taburnum et Heluicium. Le vignoble est d’ailleurs resté populaire jusqu'à la fin du XIX siècle où il sera malheureusement détruit par le phylloxera. Les deux grandes guerres qui suivent ne lui donneront jamais la chance de revivre jusqu’à maintenant.

Les activités du groupe se divisent en trois parties. On les distingue par la couleur des amphores posées sur les étiquettes : d’argent pour les vins de fruits et de gourmandise, d’or pour ceux plus complexes et pouvant se conserver et, enfin, ceux de propriété qui se divisent entre le Château Les Archevêques et les vignes de Seyssuel.

Tous les vins dégustés et commentés à la suite sont disponibles, à l’exception des Sotanum et Helicium 2010 dont ce sont les 2009 présentement disponibles en SAQ. La version 2010 de ces vins doit débarquer au Québec d’ici la fin avril.

 

Les Cranilles Côtes du Rhône 2011
(19,10 $ – code SAQ: 722991 - aussi disponible en 1,5 L)
Le vin de soif par excellence. Un assemblage dominé à 60% par le grenache, complété par 30% de syrah et le reste en mourvèdre. C’est juteux, abondant et chaud, avec juste ce qu’il faut d’acidité pour maintenir le tout en place. Servir frais, autour de 14-15 degrés avec des charcuteries.

* * voire ** ½

 

 

 

 

 

 

 

Crozes-Hermitage 2010
(22,90 $ – code SAQ: 10678229)
Achat de raisins. De la syrah uniquement. Une bonne partie élevée en fût bourguignon de 2-3 ans. Un crozes animal affichant une bonne mâche. Une pointe plus végétale d'eucalyptus qui se dégage. Bien, mais on aimerait plus d’harmonie.

* *

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Joseph 2009
(26,25 $ – code SAQ: 10783310)
Toujours de l’achat de raisins auprès d’une quinzaine de producteurs. Tout est vinifié, producteur par producteur et parcelle par parcelle. Une St-Jo croquante et souple, montrant une richesse contenue qui traduit une belle maîtrise de l’œnologue en charge, Pascal Lombard. On s’amuse!

* * *

 

 

 

 

 

 

 

L'Arzelle Saint-Joseph 2010
(34,00 $ – code SAQ: L'707265)
Une première amphore d’or. Malgré la différence des millésimes, on perçoit un vin plus sérieux aux  allures viriles se traduisant par des notes animalières et de poivre indien. Ensemble bien construit, plutôt corpulent tout en montrant une belle énergie, notamment en finale. Allez-y avec les côtelettes d'agneau.

* * *

 

Héluicum VDP Rhône 2010
(34,50 $ – code SAQ: 11635896)
Provenant des parcelles de Seyssuel, c’est un peu le second vin du Sotanum. Les élevages se font en fûts plus anciens et sont moins longs afin de conserver l’éclat du fruit. Le 2010 donne un vin croquant, soyeux et d’assez bonne ampleur. Les tanins sont fins, rien qui accroche et une finale évoquant des notes plus minérales de graphite sans que ça soit austère. Bref, ça se boit tout seul! On ira sur les petits gibiers comme le lapin. Mon coup de cœur de cette dégustation.

* * * ½

 

Sotanum VDP Rhône 2010
(51,75 $ – code SAQ: 894113)
Je me souviens très bien de la première fois où j’ai goûté à Sotanum. C’était le 2001, un des premiers millésimes commercialisés au Québec. Ma réaction fut toute simple : « wow! ». De l’ADN de Côte-Rôtie de par son encépagement – la syrah – mais avec un côté plus moelleux et accessible, tout en gardant un éclat aromatique remarquable. La version 2010 se présente avec sérieux. Tonalités animales et épicées évoluant sur la vanille et une brise de fleur mauve. L’habillage du bois se fait également sentir en bouche et semble vouloir s’harmoniser avec la matière riche et sensuelle. Un ensemble fougueux pour le moment. Un repos de 3-5 ans lui permettra de gagner en harmonie.

* * *  ½ voire * * * *

 

Les Essartailles Côte-Rôtie 2009
(65,50 $ – code SAQ: 11600781)
Une amphore d’or pour ce vin de négoce issu de cette prestigieuse appellation rhodanienne. Boisé marqué laissant place au fruité. Matière grasse et veloutée pourvue de tannins d’assez bonne finesse. De jolies courbes, pour ne pas dire sexy, mais l’ensemble manque de profondeur.  À prendre avec la côte de bœuf ou le magret de canard. Cher.

* * * ½ voire * * * *

 

 

 

 

 

 

 

Les Barcillants Cornas 2009
(46,75 $ – code SAQ: 708438)
Lui aussi en catégorie or. Un vin plein et détaillé. La richesse et la puissance vont de pair avec l’élevage qu’on sent en équilibre. Long et viril sur des notes salines et de goudron. Le message du terroir passe à merveille. Attendre 3-5 ans avant d’ouvrir. Le gibier ou les viandes en sauce.

* * * *


TABLEAU DES ÉTOILES

 




 

 


Vidéos

Photos