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Fin d’été au Chili

Pas un nuage pour venir perturber le ciel bleu azur. Un vent mordant, moqueur et encore chaud comme celui du Pacifique poussant, vers les Andes,  cette petite tranche de terre qu’est le Chili. Depuis les Terrasses Bonsecours sur les quais du Vieux-Port de Montréal, on avait presque l’impression d’être sur place!

La dégustation Chill & Grill mettait en vedette une sélection de 11 vins chiliens provenant de climats plus frais et situés dans les vallées aux noms exotiques de Elqui, Limari, San Antonio, Casablanca, Itata, Bio Bio et, Malleco. On y cultive surtout les sauvignon, pinot noir et, dans une moindre mesure, chardonnay et syrah.

Je vous le dis tout de go: ce sont, à quelques exceptions près, des vins d’une grande simplicité. Ils sont aussi vendus à petit prix, mais la qualité est là. C’est indéniable. Mieux encore, je n’ai aucunement perçu dans les rouges ces notes dérangeantes de plan de tomates et/ou de caoutchouc qui sont, trop souvent, présentes dans les vins chiliens. Il faut dire que le pinot noir est moins propice à ce genre de développement aromatique que le cabernet-sauvignon ou le carménère, mais il n’en est pas moins à l’abri. En blanc, mon engouement s’est souvent buté à des notes végétales de fougère et des expressions simples d’agrumes. Sans être mauvais, je pense qu’il y a place à beaucoup d’amélioration.

Le Chili viticole est surtout façonné par l’action d’un petit nombre de grosses maisons qui possèdent et produisent la majorité des vins. Les petits producteurs ne sont pas légion. L’innovation et la créativité demandent souvent de se soustraire à une logique mercantile. La prestation intéressante de la maison Arbodela (avec, quand même, le soutien du groupe Chadwick), mérite en ce sens d’être soulignée et imitée.

Soulignons, en terminant, le menu inspiré et magnifiquement exécuté par l’équipe de Martin Juneau, du restaurant Le Pastaga. Mes deux visites m’avaient, par le passé, un peu déçu. Mais là, force m’est d’avouer que c’était bigrement convaincant, pour ne pas dire absolument délicieux. Chapeau!

Voici mes commentaires sur les vins dégustés et le détail des plats qui les accompagnaient.

Mise en bouche
Pétoncle « princesse », chantilly iodée et pickles d’abricots

Entrée
Bar noir, purée d’avocat, gelée de pamplemousse et herbes biologiques

 

Sauvignon blanc Arboleda Eduardo Chadwick Valle Leyda 2010
(18,95$ - 11256626)
Nez invitant de pamplemousse chaud, un brin herbacé laissant place jolies notes florales. Fruité mûr, acidité franche donnant de la tension au vin. Longueur moyenne sur des notes de pêche blanche. Sans hésitation, le vin le plus intéressant de cette dégustation. ** ½

 

 

 

Sauvignon blanc Santa Rita Reserva 2011
(15,45$ - 11767881)
Ensemble vert : asperge, fougère et citron frais. Acidité marquée et matière pointue. Amertume, notes végétales et finale courte. Tout juste passable. *

 

 

 

Sauvignon blanc Trio Reserva Concha Toro Casablanca valley 2011
(14,95$ - 10327672)
Plus convaincant avec un fruité mieux défini: agrumes mûrs, un peu de buis et touche saline. Plus rond et pourvu d’une acidité qui apporte de l’équilibre. Bien. **

 

 

 

Sauvignon blanc Amaral Montgras Leyda valley 2011
(16,95$ - 11464345)
Simple et léger avec une acidité plus fine. Finale âpre laissant croire à une maturité ou une vinification moins bien maîtrisée. Brouillon. *

 

 

 

Chardonnay Carmen Gran Reserva Casanblaca valley 2011
(15,95$ - 11767856 disponible en octobre)
Plus dense avec un registre floral s’entremêlant à des tonalités aguichantes de vanille. Bon tonus, finale douce et d’assez bonne persistance. Recommandable. **

 

 

Plats de Résistance
Haut de cuisse de pintade fumée, billes de groseilles, asperges, échalotes mignonnettes
Porcelet de la ferme Gaspor, ragoût d’orge au vin rouge, salade de poivrons verts

 

 

 

Pinot noir Casillero del Diablo Casablanca/Rappel 2011
(14,95$ - 853390)
L’histoire du diable qui rôde dans les chais afin de décourager les éventuels voleurs remonte au tout début de l’histoire de cette incontournable maison qu’est Concha Y Toro. Pinot s’exprimant sans détour sur un registre de framboise sauvage et de bonbon à la cannelle. Servir frais. Bien. * ½, voire **

 

 

 

Pinot noir Cono Sur Reserve valle de Casablanca 2010
(15,95$ - 874891)
Plus sucré, moins pinot dans l’expression avec des notes de fruits noirs en confiture et de poivre de Jamaïque. Viril, rond et doté d’une acidité basse. Aspect « sucrose » en finale. Correct. * ½

 

 

 

Pinot noir Montes Sélection Limitée valle de Casablanca 2010
(16,95$ - 10944187)
Nez quelconque qui a peu à voir avec le pinot: fraise chaude, vanille, gomme balloune. Moyennement ample, un peu lourd avec une acidité qui manque de punch. L’alcool contribue à son côté mi-corsé. La maison fait (beaucoup) mieux avec la syrah. *

 

 

 

Pinot Noir Errazuriz Max Reserva Valle de Casablanca 2011
(19.95$ - 11192095)
Viande, sucre brûlé, cassis cuit dans un ensemble dominé par le bois. Ample, musclé avec un tonus enviable apporté par l’acidité, mais l’élevage manque de doigté. Peut faire mieux. * ½

 

 

 

Syrah Arboleda Valle de Aconcagua 2009
(19,20$ - 11625671)
Très Nouveau-Monde avec son nez dégoulinant et juteux de moka, de confiture, de myrtilles et de vanille. Impression grasse, des tanins gommés, ensemble assez mou et à la limite du digeste. En finale, on a l’impression de sucer un 2 x 4 de chêne chauffé. Autant j’ai trouvé le sauvignon bien maîtrisé que j’estime qu’il y a place à une sérieuse remise en question sur le genre de vin que l’on veut (peut?) faire ici. Tout juste correct. *

 

À faire

Pour les amateurs de bière, débute aujourd’hui, et ce, jusqu’à dimanche le 7e Oktoberfest des Québécois. Présenté dans le cadre enchanteur du Parc de l’Ile-Lebel, à Repentigny, on y retrouvera plus de 80 exposants, dont de nombreux brasseurs artisans. Ne manquez pas d’ailleurs de goûter la bière officielle de l’évènement. Brassé par Les trois Mousquetaires, c’est une blanche riche qui ira à merveille avec les bretzels et autres mets bavarois. Prost!

 




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MicasaCanoë VoyagesLifewise
25 mai 2013