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Les bons achats de la semaine

Photo Fotolia
Je lisais dernièrement le billet d'un blogueur québécois qui se présente, avec la plus grande modestie du monde, comme un «journaliste professionnel spécialisé dans le vin», laissant entendre qu'il n'est pas tellement important de connaître le vin pour l'apprécier. Ce qui compte au fond, c'est son propre goût. Plus simplement dit, si on aime, c'est que c'est nécessairement un bon vin. Ce qui revient à circonscrire le rôle du «journaliste» vin à une vitrine publicitaire faisant des suggestions sans même se questionner sur la nature des vins qu'il boit.

Une telle approche n'est pas sans me rappeler l'allégorie de la caverne de Platon: des hommes enchaînés dans une caverne qui n'ont jamais vu la lumière du jour ne connaissent que leur ombre et leurs voix. S'ils sortent dehors, ils seront éblouis par la lumière du jour. Sauf qu'une fois qu'ils se seront adaptés, c'est une réalité mille fois plus complexe et appréciable qu'ils auront le plaisir de découvrir.

Le vin, c'est un peu ça. Si on s'entête à boire seulement ce que l'on aime en se disant qu'on détient toute la vérité de son propre goût, on en vient à oublier l'existence de milliers d'autres vins dont les qualités surpassent fort probablement ce que l'on connaît. Autrement dit, on finit par passer à côté de l'aspect hédoniste et jouissif de comprendre et saisir le vin que l'on boit.

Je ne dis pas qu'il ne faut pas s'écouter. Bien au contraire, on est juge de notre propre plaisir, c'est indéniable. Mais si l'on veut donner une dimension supplémentaire à son plaisir, il faut se questionner sur les raisons qui nous poussent à préférer un vin plutôt qu'un autre. Comme pour les hommes de la caverne, il faut une période d'adaptation. Il faut du temps et, parfois, beaucoup d'essais. Mais cette patience et cette persévérance seront bien récompensées.

 

Le bon achat

Cabernet-sauvignon/Syrah Castel Sans-Façon IGP Pays D'Oc 2011
(14,60$ - code SAQ 11676022)
Produit exclusif au Québec importé par la maison derrière l'étiquette Nicolas. Le cab et la syrah s'associent pour donner un vin aguicheur et de facture moderne. Formule connue et convaincante : matière charnue, voire juteuse, des tanins enveloppants et de belle allure, avec ce qu'il faut de vivacité. Ne chercher pas de personnalité ici, mais plutôt une gourmandise qu'on boit avec plaisir.
** ½

 

L'aubaine

Chardonnay Cliff 79 South East Australia
(10,95$ - code SAQ 11529591)
Un chardo loin des bêtes ultra-boisées qui sentent la chauffe et dégoulinantes de fruits en compote. On sent bien sûr le style australien avec un nez crémeux de vanille, de banane et de poire tatin. On perçoit certes la rondeur du fruité et le côté un peu facile de l'ensemble. Mais on sent aussi de la fraîcheur apportée par une acidité franche et une tenue appréciable. À servir bien frais (10 degrés).
* ½

 

Deux syrah en comparaison

Hardy's Shiraz/Sangiovese No.3 Chronicle Butcher's Gold 2011
(16,95$ - code SAQ 11676364)
Hardy's, une grosse maison australienne offrant un large éventail de vins. À la robe, l'apport du sangiovese, un cépage plus clair avec lequel on fait le chianti, se distingue et apporte de la limpidité au shiraz, habituellement foncé et violacé. Peut-être est-ce l'influence de la vache qui orne fièrement l'étiquette, mais le nez évoque des notes brouillonnes de fruits rouges et de fleur chaude alors qu'un aspect fermier prend rapidement beaucoup de place. À l'évolution, on perçoit des notes moins agréables de latex et de plastique. Bouche restreinte. C'est mûr et assez puissant. Acidité un poil agressante et des tanins au profil bas. Pas ma tasse de thé, quoiqu'il plaira possiblement aux amateurs de sensations fortes qui affectionnent les vins virils.
*

 

Syrah Porcupine Ridge Vin d'origine Swartland 2010
(17,55$ - code SAQ 10678510)
D'Afrique du Sud, cette syrah est franchement plus convaincante. Même qu'elle a un petit quelque chose d'aguichant. C'est corsé et généreux tout en restant bien tourné. Robe grasse, violacée et de bel éclat. Fumée, de la confiture de fruits noirs et une impression de poivre piquant. Bouche docile pourvue de tanins plutôt costauds sculptant une matière nourrie et de bonne vigueur. À servir idéalement autour de 16 degrés.
**, voire ** ½

 

 

Le grand vin

Domaine de la Tour du Bon Bandol 2007
(30,25$ - code SAQ 10780645)
Un domaine moins connu de la région qui n'a pourtant pas beaucoup à envier aux gros canons de l'appellation que sont Tempier, Gaussens ou Pibarnon. Un exemple parfait d'un style à cheval entre tradition et modernité. Le mourvèdre qui domine cette cuvée classique est complété par le grenache et le cinsault. Il en résulte un vin charnu, de bonne fermeté et d'excellent tonus. Des arômes enjôleurs de kirsh, de poivre alors que l'élevage en foudre apporte un côté épicé. On prend soin de le passer en carafe une petite demi-heure avant de le servir.
*** ½

 

 

À faire

Amateurs de cuisine et foodies tous azimuts, ne manquez pas ce week-end le tout premier passage du Omnivore World Tour. Trois jours où vous pourrez expérimenter la cuisine des meilleurs chefs de partout dans le monde et, bien sûr, d'ici! Au programme, 18 démonstrations culinaires, 5 soupers fastueux et une grande fête gourmande à la Société des arts technologiques (SAT). Les vins de la Vallée du Rhône sont partenaires de l'événement et feront déguster les produits de la région.

 




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MicasaCanoë VoyagesLifewise
25 mai 2013