Encourager l'élevage et la consommation d'insectes

Encourager l'élevage et la consommation d'insectes

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AFP

Dernière mise à jour: 15-05-2013 | 09h34

Deux milliards d'êtres humains, dans les cultures traditionnelles, en consomment déjà, mais le potentiel de consommation est bien plus vaste, juge l'agence l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture.

«Notre message est: mangez des insectes, les insectes sont en abondance, ils sont une source riche en protéines et en minéraux», a plaidé Eva Ursula Müller, directrice du département des politiques économiques des forêts, en présentant ce rapport à Rome.

Les billions d'insectes, qui se reproduisent sans cesse sur terre, dans l'air et dans les eaux, «présentent des taux de croissance et de conversion alimentaire élevés et ont un faible impact sur l'environnement pendant tout leur cycle de vie», ont relevé les experts.

Selon leurs calculs, quelque 900 espèces d'insectes sont comestibles.

À la FAO, on énumère les avantages d'une production d'insectes à grande échelle: ainsi deux kg d'aliments sont nécessaires pour produire un kg d'insectes, tandis que les bovins en exigent 8 kg pour produire 1 kg de viande.

En outre, les insectes «sont nutritifs, avec une teneur élevée en protéines, matières grasses et minéraux» et «peuvent être consommés entiers ou réduit en poudre ou pâte et incorporés à d'autres aliments».

L'élevage des insectes est facile car il peut se faire à partir des déchets organiques comme par exemple les déchets alimentaires, et aussi à partir de compost et de lisier.

Les insectes sont très écolo-compatibles: ces «messieurs propres» de la nature utilisent moins d'eau et produisent moins de gaz à effet de serre que le bétail.

La consommation d'insectes, qui porte le nom savant d'entomophagie, est déjà répandue depuis toujours dans les cultures traditionnelles de certaines régions d'Afrique, d'Asie et d'Amérique Latine.

«Un tiers de la population mondiale mange des insectes, et c'est parce qu'ils sont délicieux et nutritifs», a plaidé Eva Ursula Müller.

«Des insectes sont en vente sur les marchés de Kinshasa, sur ceux de Thaïlande ou encore du Chiapas au Mexique, et ils commencent à apparaître dans les menus de restaurants en Europe», a-t-elle fait valoir.

Certains éleveurs sur divers continents ont d'ailleurs su comprendre très tôt l'avantage à en tirer : ils ont commencé à utiliser les insectes comme ingrédients alimentaires, notamment pour l'aquaculture et l'élevage de volailles.

Selon Mme Müller, ils apportent en fait bien plus que de la simple nourriture. Ils sont utilisés aussi pour la colorer et forment une des bases de la médecine traditionnelle dans de nombreux pays.

Pour assurer la nutrition des animaux, les insectes sont susceptibles d'offrir un complément aux autres ressources utilisées comme le soja et les farines de poisson.

Gabril Tchango, ministre des forêts du Gabon, pays forestier d'Afrique centrale, a vanté la consommation d'insectes qui «fait partie de la vie quotidienne»: «les termites grillés sont considérés comme des mets de choix de nos forêts», a-t-il déclaré à la tribune de la FAO, en estimant que les insectes, toutes catégories confondues, contribuent à environ 10% des protéines animales consommées par la population gabonaise.

Selon la FAO, «d'ici 2030, plus de 9 milliards de personnes devront être nourries, tout comme les milliards d'animaux élevés chaque année» pour satisfaire divers besoins, au moment où «la pollution des sols et de l'eau dus à la production animale intensive et le surpâturage conduisent à la dégradation des forêts».

Autre argument en faveur de l'élevage des insectes: ils «peuvent être récoltés à l'état naturel, cultivés, transformés et vendus par les plus pauvres de la société, comme les femmes et les paysans sans terre. Les insectes peuvent être collectés directement et facilement à l'état naturel. Les dépenses ou investissements exigés pour la récolte sont minimes».


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