Révolution dans le monde du chocolat belge

Révolution dans le monde du chocolat belge

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Agence France-Presse

Dernière mise à jour: 20-08-2013 | 02h16

«Le chocolat belge traditionnel? Certains le font très bien, notamment les grandes marques», explique Laurent Gerbaud, l'une des figures phares de la nouvelle génération.

Dans son atelier du centre de Bruxelles, le client ne trouvera nulle trace de Manon, cette grosse praline fourrée d'une crème fraîche aromatisée au café et enrobée de chocolat blanc qui a fait le succès international du chocolat belge depuis des décennies.

Laurent Gerbaud propose plutôt de petits chocolats mariés à des figues d'Izmir, des baies d'Epine Vinette iraniennes, des poires du Cap ou du yuzu japonais.

 

Des produits moins sucrés et moins gras

«Ma priorité, c'est le goût franc, simple, avec de très bonne matières premières. Mes produits sont moins sucrés, moins gras, ce qui répond à une demande de plus en plus forte», explique cet autodidacte trentenaire.

L'attirance pour des chocolats amers et corsés est un mouvement de fond parti de France, où le chocolat artisanal de qualité a explosé à la fin des années 1990.

En Belgique, le phénomène a été plus lent à se concrétiser en raison de la très forte implantation des grandes marques comme Leonidas, Godiva, Côte d'Or ou Neuhaus.

De nouvelles enseignes de luxe ont émergé ces dernières années, comme Pierre Marcolini, mais la plupart des 400 artisans chocolatiers du royaume n'envisagent pas de grandir trop vite.

«Il est extrêmement difficile d'établir une marque, de fidéliser une clientèle et d'être rentable. Après 11 ans d'activité, je ne fais toujours pas de bénéfices», témoigne Laurent Gerbaud, pourtant l'un des chocolatiers les plus célébrés.

 

Plus chocolatées

Pour Leonidas, le défi à relever est bien différent. «L'ambassadeur du chocolat belge» a lancé mercredi les célébrations du centenaire de sa création par un confiseur grec, Leonidas Kestekides.

Venu participer à l'Exposition internationale de 1913, il tomba amoureux d'une Belge et s'installa à Bruxelles.

Un siècle plus tard, la maison est toujours aux mains de ses descendants, qui en ont fait l'une des rares marques belges connues dans le monde entier.

Elle compte aujourd'hui 1300 points de vente dans 50 pays, qui écoulent plus d'un million de chocolats par jour, soit quelque 6000 tonnes par an.

«Il est clair que notre potentiel de développement se situe davantage dans les pays émergents qu'en Europe, où le marché est mature», explique Hugues Moens, son directeur commercial. La Chine, où 40 boutiques Leonidas ont été ouvertes, et les pays arabes, font partie des priorités.

En Belgique comme en France, où l'enseigne compte 350 magasins dans chaque pays, l'équation est délicate à trouver entre le respect de la tradition et l'innovation.

 

Attirer de nouveaux acheteurs

«Nous n'oublions pas que notre succès repose sur la fidélité de nos clients attachés aux recettes de base, comme la Manon, notre best-seller», souligne Claude Sénèque, le maître chocolatier de la marque.

Dans le même temps, Leonidas se doit d'attirer de nouveaux acheteurs, notamment les urbains et les jeunes qui trouvent parfois la marque «un peu ringarde», comme le dit Pauline Vervoort, Bruxelloise de 26 ans.

Pour son centenaire, Leonidas a donc décidé de lancer de nouvelles pralines, plus petites et plus chocolatées, et de rajeunir le concept de ses boutiques.

«En Belgique, réussir dans le monde du chocolat est de plus en plus dur. Il faut être résistant mais aussi sans cesse créatif», résume Laurent Gerbaud.

 


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