Les microbrasseurs du Québec se disent victimes de compétition déloyale

Les microbrasseurs du Québec se disent victimes de compétition déloyale

Les congressistes de l'Association des microbrasseries du Québec profiteront de leur rassemblement cette semaine à Montréal pour discuter de la place de la femme dans l'industrie de la bière.|Photo: Fotolia 

Emmanuel Delacour

Dernière mise à jour: 20-11-2012 | 07h58

Les microbrasseurs québécois sont victimes d'une «compétition déloyale» de la part des multinationales, a dénoncé lundi Frédérick Tremblay, président de l'Association des microbrasseries du Québec (AMBQ).

Les gros joueurs laisseraient peu de place aux petits producteurs de bière, a affirmé ce dernier.

«Les gros groupes achètent beaucoup de tablettes dans les grandes chaînes d'alimentation et les fûts dans les bars, tout en demandant l'exclusivité, a expliqué M. Tremblay. Autrement dit, ils nous bloquent l'accès à ces commerces.» Pourtant, la demande pour les bières artisanales et produites à petite échelle est très présente au Québec, a assuré le président de l'AMBQ. «Les gros brasseurs savent qu'on est de plus en plus populaires et qu'on pourrait gruger une part de leur clientèle», a-t-il souligné.

Toutefois, celui-ci est convaincu qu'il est possible pour les microbrasseries et les grandes marques de cohabiter. En effet, Molson et Labatt, par exemple, produisent chacune autant de litres de bière par année que les 80 microbrasseries du Québec réunies. Les géants de la bière n'ont donc pas à s'inquiéter, selon M. Tremblay.

Cependant, les petits brasseurs restent anxieux, puisque malgré le fait que plusieurs d'entre eux ont ouvert leurs portes en 2012, les habitudes de consommations des Québécois ne semblent pas changer.

«Les Québécois demandent nos bières, mais peu de restaurants, de bar ou d'épiceries les offrent. Beaucoup de consommateurs se résignent à acheter de grandes marques ou des bières importées», s'est désolé M. Tremblay. Cette situation attriste d'autant plus le président de l'AMBQ que les microbrasseries sont souvent vectrices de progrès pour les régions du Québec et certains quartiers de Montréal.

«Ça prend cinq fois plus d'employés dans une brasserie artisanale pour produire un litre de bière que chez Molson. Beaucoup de régions prospèrent grâce à ce marché et plusieurs quartiers de la métropole en bénéficient», a-t-il souligné.

Les microbrasseurs du Québec se réuniront jusqu'à mercredi à Montréal afin de discuter des enjeux et des solutions d'affaires pour améliorer leur sort. Près de 200 producteurs venus de partout au Québec seront présents à l'événement.

Les femmes et la bière

Les congressistes de l'Association des microbrasseries du Québec profiteront de leur rassemblement cette semaine à Montréal pour discuter de la place de la femme dans l'industrie de la bière.

À cette occasion Laura Urtowski, Anne-Marie Lachance et Catherine Dionne-Foster, respectivement propriétaires des marques Boréale, À l'abri de la tempête et Korrigane, feront part de leur expérience.

«Jusqu'à tout récemment c'était un monde d'homme», a expliqué Anne-Marie Lachance. La propriétaire de la brasserie située aux Îles-de-la-Madeleine est aujourd'hui une des nombreuses Québécoises à se tailler une place dans cette industrie.

«C'est un marché en plein changement, a affirmé Mme Lachance. Les femmes consomment aussi beaucoup plus de bières artisanales que les hommes.» Par ailleurs, l'AMBQ invitera la biérologue française Élisabeth Pierre qui tracera un portrait des microbrasseries de l'hexagone et de la bière québécoise dans le paysage européen.

 


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