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La question qui tue: est-ce que ces 2009 sont vraiment aussi magiques qu'on le dit? Oui... et non! Force m'est d'avouer que la majorité des vins sont effroyablement succulents. Les nez sont souvent exubérants et affriolants. Les bouches sont suaves, denses et portées par des acidités remarquables et ce malgré le côté puissant, voire capiteux provenant de taux d'alcool élevés (souvent autour de 15%, du jamais vu!). Les blancs secs quant à eux, sont tout aussi réussis avec parfois plus de poids pour certains vins, quoique les meilleurs ont su conserver la fraîcheur nécessaire pour leur donner la vivacité voulue.
Cela dit, lorsque je relis mes notes, j'ai l'impression de tourner autour du même moule: une volupté presque indécente et un fruité crémeux qui n'est pas sans rappeler les vins du Nouveau-Monde. Certains boisés sont un peu trop à l'avenant et on ne peut s'empêcher de penser que certains vins ont été travaillés pour plaire à un palais américain qui raffole de vins de ce genre. Certes, on perçoit la finesse des tanins des Margaux et des Saint-Julien, le côté plus viril des Saint-Estèphe, les tonalités de fumée des Pessac, la fameuse touche minérale des vins de Pauillac et le profil ferrugineux (métal froid) de ceux de Pomerol. Reste qu'à l'aveugle, bien malin celui qui pourrait les différencier commune par commune.
Les meilleurs ont réussi à conserver une identité propre. Je pense à Giscours (Margaux), Haut-Bailly (Pessac-Léognan), Pichon Baron (Pauillac), Léoville-Barton (Saint-Julien), Petit-Village (Pomerol), Canon (Saint-Émilion), et j'en passe. Pour la plupart, la complexité viendra avec le temps. On peut tout de même se questionner sur le côté bien (trop) mûr de beaucoup de vins. Sylvie Cazes, présidente de l'Union des grands crus de Bordeaux, fait justement le rapprochement avec 1989, un millésime chaud et charnu qui a fini par révéler ses limites au vieillissement. «On commencera à les boire d'ici 5 ans et sur une bonne dizaine d'années même si je pense que les meilleurs vont conserver une bonne vigueur à cause des acidités naturelles.»
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Malheureusement, les prix dépassent aujourd'hui l'entendement (certains crus ont carrément triplé!) et ce, au grand désarroi des amateurs d'ici qui peinent à se procurer ce genre de vin pourtant accessible il y à peine dix ans. Les Bordelais ayant toujours eu le sens du superlatif et… du commerce, sachez néanmoins que 2010 est considéré tout aussi bon, sinon meilleur. Qu'à cela ne tienne, on trouve plusieurs crus proposés encore à des prix accessibles: Chasse-Spleen (Médoc), Belgrave (Haut-Médoc), Olivier (Pessac-Léognan), Poujeaux (Moulis), etc.
Un dernier mot sur les Sauternes. On dit qu'un bon millésime en rouge se traduit par de moins bons liquoreux et inversement. Sachez qu'il en est tout autrement pour 2009! Les vins sont exotiques, exubérants, voire même décadents. L'atteinte du botrytis (cette pourriture noble qui permet de condenser les sucres et l'acidité des vins) ayant été facile, les bouches montrent des liqueurs sans lourdeur et des finales explosives tout en préservant cette race qui fait la réputation de cette exquise commune. Les amateurs à la dent sucrée seront donc heureux aussi.
Les notes complètes des vins dégustés par notre chroniqueur seront publiées sur le blog Les Méchants Raisins au courant de la semaine prochaine.
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