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Petit moment de panique… Vous ai-je déjà confié à quel point je suis nulle dans une cuisine? Question de circonstances, sans doute. Mon homme règne en maître sur son territoire sacré depuis des années. C'est sans doute le seul endroit où il peut régner en maître dans la maison. Je comprends qu'il y tienne, qu'il défende son territoire avec passion, mais il y a tout de même un mauvais côté à cet acharnement. Il est devenu indispensable. Sans lui, nous sommes souvent démunis lorsque vient le moment de nous nourrir.
Mon réflexe habituel dans ce genre de situation a longtemps été de me précipiter à l'épicerie la plus proche pour acheter une quiche toute faite, un poulet déjà cuit, une pizza congelée, n'importe quoi pour combler le plus rapidement possible l'estomac de mes protégés. C'est un réflexe qui finit par coûter cher à la longue.
Aussi, motivée par mon désir d'assainir les finances familiales, j'ai décidé de me prendre en main et de m'ingérer un peu plus dans le champ de compétences de mon grand Matou.
Ce midi-là, au lieu de céder à l'attrait de la facilité, j'ai fait appel à ma créativité. J'ai réexaminé le frigo et découvert qu'il y avait là de quoi faire une excellente soupe maison. Un oignon, quelques légumes un peu défraîchis coupés en dés, un reste de Bovril pour le bouillon et un peu de riz dormant au fond d'un sac seraient amplement suffisants pour embaumer l'air de la cuisine et calmer la faim de mon petit. En fouillant plus profondément au fond du congélateur, j'ai même découvert des restes oubliés de nos sandwichs roulés du temps de Fêtes. Fiston a dû patienter une dizaine de minutes, mais il s'est régalé comme jamais, tandis que moi, je me délectais d'avoir réussi une fois de plus à me débrouiller sans aller piger dans notre compte en banque.
Vivre avec moins d'argent nous oblige à développer notre créativité, notre sens de la débrouillardise. Nos mères n'avaient pas accès au crédit comme nous. Lorsque le compte en banque était vide, elles devaient se débrouiller avec les restes jusqu'à la prochaine paye. C'est ainsi qu'elles ont dû apprendre à faire plus avec moins. La mienne, comme bien des mères, achetait toujours un poulet entier, se servait des restes de poulet pour cuisiner des vol-au-vent et des os pour préparer un bouillon. «C'est certainement plus économique et plus écologique d'acheter un poulet entier que des poitrines de poulet désossées», approuve Jackie Demers, diététicienne au Dispensaire diététique de Montréal.
Le hic, c'est que ces habiletés se transmettent de moins en moins. Dans bien des familles, la débrouillardise et la créativité ont été remplacées par des mets surgelés et du restaurant-minute parce qu'en général nous manquons de temps, mais surtout d'habiletés pour nous organiser.
Au Dispensaire diététique de Montréal, on tente de renverser la vapeur en enseignant aux jeunes mamans qui vivent en situation précaire toutes sortes de trucs et astuces pour mieux s'alimenter sans dépenser plus que nécessaire. Leurs conseils valent aussi pour toutes les familles qui ont du mal à joindre les deux bouts ou qui veulent simplement apprendre à mieux gérer leurs finances familiales.
Pour plus d'information sur le sujet: www.ddm-mdd.org (Dispensaire diététique de Montréal)
Pour des menus économiques et faciles à
préparer (même moi j'y arrive!):
www.soscuisine.com/?sos_l=fr
cuisine-pas-chere.com/recettes-parprix/tres-bon-marche/
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