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«80% de notre vente de vin se fait au verre. Mais la machine ne suffit pas, il faut quelqu'un derrière. C'est pourquoi nous avons deux sommeliers pour parler du vin et le sélectionner», explique à l'AFP Christophe Gines, le directeur de l'établissement, où le prix du verre va de 3 à 45 euros (4 à 60 dollars).
Exposées dans des vitrines qui recouvrent entièrement un des murs du restaurant, les dizaines de bouteilles, une fois ouvertes, se conservent «jusqu'à trois semaines» grâce à un système qui remplace au fur et à mesure l'air par de l'azote, un gaz neutre, poursuit M. Gines.
Il faut compter environ 1 000 euros (1 300 dollars) par bouteille proposée pour ces machines qui sont également en cours d'installation au Relais Bernard Loiseau, le restaurant trois étoiles du groupe éponyme, selon Dominique Loiseau, veuve du célèbre cuisinier.
Pour des questions de standing, les grandes tables ont longtemps tourné le dos à la vente de vin au verre. L'évolution de la technologie leur permet désormais de proposer des vins à la hauteur de leur réputation. Le contexte de crise économique et la peur du gendarme les poussent à aller dans le même sens.
Distribuée en France depuis 2006, la marque italienne Enomatic, née en 2002, est le leader mondial sur ce marché.
«Nous sommes sur une progression de nos ventes de 20 à 30% par an. La tendance étant clairement au « boire moins mais mieux", ce système permet de découvrir le vin de manière moins traditionnelle», détaille David Morin, son directeur en France.
«Avant, quand on choisissait une bouteille, on engageait toute la table, il ne valait mieux pas se tromper, ça pouvait gâcher tout le repas!», ajoute M. Morin, qui a installé ce système notamment chez Alain Senderens, à Paris, et à la brasserie de la Maison Pic, à Valence.
Pour Joëlle Brouard, directrice de l'Institut de management du vin à l'École supérieure de commerce de Dijon, il était auparavant «inenvisageable» dans les grands établissements «de ne pas prendre une bouteille de vin».
«Ce type de système est aussi une façon de récupérer des consommateurs» afin de limiter l'érosion de la consommation de vin au restaurant, ajoute-t-elle alors que le «wine bag» (qui permet d'emporter sa bouteille non terminée) n'a jamais pris en France car «ça fait radin». errosion «À 25 euros (33 dollars) le verre, on peut accéder à des superbes vins sans se ruiner au restaurant», conclut Mme Brouard.
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