Les bons achats de la semaine

Aux deux semaines, notre chroniqueur, spécialiste du vin, vous propose un choix de bouteilles agréables et accessibles. C'est un rendez-vous!
Par Patrick Désy - Collaboration spéciale
Parution
28 janvier 2011


C’est le gros «buzz» de la semaine: le Morgon 2009 de Marcel Lapierre revenait sur les tablettes de la SAQ. Talentueux vigneron, devenu un icône du Beaujolais, il nous a malheureusement quitté à la fin de 2010. Initialement «programmé» avec l’opération de la revue Cellier à l’automne dernier, les 150 caisses s’étaient envolées en moins de six heures! Le nouvel arrivage de cette semaine, bien que plus substantiel, a su provoquer son lot de cohues dans les succursales. Ce n’est pas compliqué, tout le monde en veut!

Et alors? Cette excitation est-elle justifiée? À mon sens, oui et non. Le vin est fin, sapide, de bonne longueur et profite de la richesse du millésime. Mais en même temps, ça reste léger, construit pour le plaisir immédiat et on se demande s’il saura devenir véritablement meilleur avec le temps. Bref, du (très) bon bojo qu’on enfile à bonne lampée les jours d’été sans se poser trop de questions. Sauf qu’on trouve plusieurs belles bouteilles dans cette gamme de prix. Même si j’ai du mal à comprendre cette frénésie, je me réjouis de savoir les amateurs s’intéresser à des vins autres que les Liano de ce monde!

Marcel Lapierre Morgon 2009
(26,80$ - code SAQ: 11305344)
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Les bons achats


Chardonnay De Loach Russian River Valley 2009
(22,55$ - code SAQ 927061)
On est loin ici des bêtes ultra concentrées au boisé trop appuyé. Provenant d’une des meilleures communes (Russian River) de Sonoma, en Californie, ce chardo offre un nez d’une étonnante pureté, sur des tonalités fines de citron vert, de meringue et de litchi. Ample, de bonne finesse et soutenue, la bouche offre une finale moyenne à longue. L’ensemble bien digeste se marie à merveille sur les pâtes à l’effiloché de canard confit.
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Il Ducale Ruffino Toscana i.g.t. 2007

(19,05$ - code SAQ 11133204)
J’ai toujours affectionné cette maison. Le parfait exemple du super toscan raisonné qui permet à l’amateur de comprendre l’apport structurel du cabernet sauvignon, celui parfumé de la syrah qui complètent ensemble l’aspect fougueux du sangiovese. Cerise, cannelle et des notes d’encre composent un nez d’assez bonne intensité. Des saveurs franches, élégantes et sans flafla en bouche. Beaucoup d’authenticité. Mon coup de cœur de la semaine!
* * * 1/2


Ijalba Reserva Rioja 2006
(19,45$ - code SAQ 478743)
Figure connue se présentant dans une mouture bien colorée, puissante sur des parfums virils d’aneth, de confiture de fruits noirs et de chocolat. Les tanins et l’élevage donnent à la bouche un côté charpenté, tonitruant sans cacher complètement le côté bien mûr du fruit. C’est corsé et enrobé à défaut de réelle finesse. Réconfortant sur l’épaule de bœuf longuement braisée.
* * 1/2


L’aubaine


Sauvignon blanc Astica Trapiche Cuyo 2010
(8,05$ - code SAQ 10394533)
Un des blancs les moins chers à la SAQ. Et pas pour autant le moins bon! Un nez simple et agréable laissant paraître un fruité mûr de citron et de chèvrefeuille. La bouche est droite, correctement nourrie et bien fraîche. Pris à l’aveugle avec des huîtres du Pacifique, il m’a étonné.
* * 1/2


L'Opéra Château Villerambert Julien Minervois 2007
(12,80$ - code SAQ 488270)
Le second vin de cette maison languedocienne offre un nez intéressant de bleuet, de garrigue et de cigare. Bonne définition en bouche avec un fruité juste, fluide, frais et surtout, une longueur respectable. On se fait plaisir sur le couscous.
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Le grand vin


Château Duhart-Milon Pauillac grand cru classé 2006
(64,00$ - code SAQ 480285)
Classé 5e en 1855, le Château appartient à la branche Lafite de la famille Rothschild. Avec la poussée vertigineuse des prix sur les grands crus classés à Bordeaux, il est aujourd’hui l’une des meilleures affaires. Le vin affiche une robe sombre aux reflets bleutés. Le nez paraît d’abord discret, s’ouvrant doucement sur des notes fines de graphite, de cigare frais, de cassis et de réglisse noire. Avec le temps, le cuir et des notes animales prennent le relais. Sévère, la bouche n’en est pas moins concise, sur une matière serrée et surtout, de bonne densité. Le tout fini par se délier et s’allonge en finale. Racé, on le laissera dormir au moins 5 ans en cave.
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Le petit sucré devant le foyer


Causse Marines Grain de Folie Douce
(18,15$ les 500ml - code SAQ 866236)
Liquoreux original issu des cépages loin de l’œil, muscadelle et sémillon. Il m’a d’abord laissé un peu sur ma faim avec des tonalités un peu ternes au nez et une bouche qui manque de panache. L’aération (une quarantaine de minutes en carafe) a servi de bougie d’allumage: le vin gagne en définition et en expression. Un ensemble confit qui évite le piège de la surmaturité, sur la mirabelle, le coing et l’abricot. Bouche docile, de bonne tension, doux sans être liquoreux, on aimerait plus de longueur mais au final, on le trouve réjouissant.
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Cru Barréjats Sauternes 2001
(52$ les 500ml – i.p. chez Rézin)
Même s’il est difficile à trouver (il faut passer par l’importation privée), je me devais de vous en glisser un mot. Et pour cause! Issu d’un millésime prodigieux, ce Sauternes est probablement ce que j’ai dégusté de mieux depuis longtemps. Un nez d’une intensité remarquable, éminemment complexe, sur le coing, la marmelade, le miel frais, le poivre blanc et une espèce de salinité qui lui donne beaucoup de race. La liqueur en bouche est onctueuse, dense tout en demeurant d’une légèreté déconcertante tant l’acidité est magnifiquement dosée. Une finale proprement explosive, racée dont la persistance aromatique laisse en bouche un plaisir immense. Un grand verre d’émotions, tout simplement.
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