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Les bons achats de la semaine
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Les bons achats de la semaine

Chaque semaine, notre chroniqueur, spécialiste du vin, vous propose un choix de bouteilles agréables et accessibles. C'est un rendez-vous!
Par Patrick Désy - Collaboration spéciale
Parution
Novembre 2010

Lunch avec Miguel Torres


Tout le monde connaît le petit taureau en plastique qui orne les bouteilles de Sangre de Toro (code SAQ 6585), petit vin rouge bourré de soleil de la région catalane produit par la maison Torres. Aujourd’hui encore, à moins de 13$, c’est une aubaine.

On avait annoncé à tort que c’était sa tournée d’adieu. Loin s’en faut! Monsieur Torres affichait une forme de jeune homme, ou presque. Le regard franc, l’écoute de celui qui en a vu, entendu et vécu. Ça se sent d’ailleurs dans sa voix, dans ses commentaires: il vit pour l’amour du vin, celui de la terre et... des autres! Non seulement la maison Torres continue de produire des vins en quantité impressionnante mais elle s’efforce de le faire dans le respect du caractère de la région de provenance et surtout, en s’assurant d’avoir une qualité irréprochable. Plus encore, on cherche à minimiser au maximum l’empreinte carbone de, n’ayons pas peur des mots, cette «entreprise» vinicole dont les opérations se déroulent également aux États-Unis et au Chili. «Cultiver la vigne n’est pas si vert que l’on peut penser» nous dit Miguel Torres en passant en revue les différentes actions prises par son organisation pour nous donner des vins qui respectent au mieux notre environnement.

Bref, un agréable lunch à la Maison des Gouverneurs qui nous a permis de faire un tour d’horizon des vins de la maison. Comme à l’habitude, j’ai retenu pour vous que le meilleur! Bonnes dégustations!

Les bons achats
Fransola Torres Penedès 2008
(24,95$ - code SAQ 10270047)
Essentiellement constitué de sauvignon blanc (95 %), c’est un vin au charme indéniable. On y sent une maturité du fruité plus intense qu’à l’habitude. C’est épicé, sur des notes de buis, de citron confit et d’épices, le tout avec élégance et délicatesse. La bouche confirme cette matière riche quoique tendue, finement parfumée et de bonne tenue. Fraîcheur manifeste et pureté à l’avenant malgré ses 50% élevé en fût. Un régal.
* * * 1/2


Celeste Torres Ribera del Duero 2007

(20,95$ - code SAQ 10461679) Les derniers millésimes m’avaient laissé un peu sur ma faim: trop boisés, presque patauds avec un côté un peu brûlant. Quel retour en force ici! Robe sombre, violacée. Nez prenant, puissant et posé à la fois, registre ouvert sur le cuir, le havane, la cerise noire, l’orange sanguine, la fumée sur fond de boisée juste. Belle définition en bouche, presque grasse, du volume, des tanins ronds et structurés. Assez longue finale sur les fruits noirs et la réglisse. Un vin fringant, athlétique, mi-corsé et généreux. L’un des meilleurs du lot à un prix plus que justifié. Mon coup de cœur de la semaine.
* * * *


Shiraz Katnook Founder's Block Coonawarra 2007
(19,70$ - code SAQ 10831342)
Je l’avoue sans détour: j’ai un faible pour les shiraz australiens. Des vins souvent gourmands, pleins avec une richesse qui peut ne pas toujours faire l’unanimité mais qui, lorsque bien maîtrisée, donnent des résultats souvent stupéfiants. Celui-ci, bouché avec une capsule à vis (ce qui préserve des mauvaises surprises associées aux vins bouchonnés) m’a d’abord paru un tantinet sévère. Comme souvent, l’aération lui fait le plus grand bien: tonalités de confiture, de mûres, violette, poivre et une légère pointe minérale. La bouche est d’abord stricte, la richesse semblant contenue. Elle finit par s’assagir, gagner en volume et en poids. On y perçoit un aspect velouté, du nerf apporté par des tanins assez fermes et une bonne fraîcheur. Sans être long, le vin rempli sa mission et nous décroche un sourire. On le passe en carafe une trentaine de minutes avant le service.
* * 1/2


L’aubaine


Scià Castorani Sangiovese Puglia i.g.t. 2009 2009
(11,60$ - code SAQ 10966765)
Belle surprise que ce petit italien au fruité frais. Un nez simple mais convaincant de cerise, de thym et une touche balsamique non sans intérêt. Doté d’équilibre, il offre une bouche gouleyante avec cette sensation d’amertume que l’on retrouve dans le sangiovese et qui lui permet de bien paraître à table. Servi frais, on peu difficilement demander mieux pour le prix.
* *


Chardonnay Ed Hardy vin de pays d'Oc 2009
(13,70$ - code SAQ 11253679)
Je donne souvent comme conseil d’éviter généralement les bouteilles aux noms d’animaux et de couleurs. Il faut admettre qu’une telle recommandation a ses limites, surtout si on pense à Château Cheval Blanc à Saint-Émilion, un des plus grands vins du monde! Avec ici un vin à l’effigie de cette marque de mode, j’étais convaincu plus que jamais qu’on allait atteindre les bas fonds… Mal m’en pris! C’est certes racoleur avec des notes boisées, de vanille et de fruits exotiques. La bouche est quant à elle grasse sans manquer de fraîcheur. Bref, un vin moderne qui a comme atout dans sa manche la faculté de plaire à un large public. Pas mal, finalement.
* *


Le grand vin


Cabernet-Sauvignon Mas La Plana Torres Penedes 2004
(46,75$ - code SAQ 10796410)
J’aurais aimé pouvoir vous dire qu’il reste encore quelques bouteilles ça et là des 1996 et 2001 mais je vous mentirais. Disponible pendant plusieurs mois, tout a été malheureusement écoulé. Pour ceux qui ont eu la bonne idée d’en acheter, je peux vous affirmer sans l’ombre d’un doute que vous tenez dans vos mains deux magnifiques bouteilles. Le Mas La Plana 2001, issu d’un millésime parfait, a donné un vin dense, serré que l’on sonde comme l’intérieur de soi et y voyant un avenir splendide. Ce que d’ailleurs, le Mas La Plana 1996 confirme: plus classique de style avec un côté très bordelais (à l’aveugle, on s’y trompe, j’y mets ma main au feu!), des notes de balsamique, de vieux cuir et de sous-bois. La grande classe. M. Miguel Torres n’a trouvé que le rehaussement des degrés alcooliques lié au réchauffement climatique pour expliquer le côté plus moderne des millésimes plus jeunes de Mas La Plana. Je pense aussi que la vinification n’y est pas pour rien non plus… En témoigne ce très beau Mas La Plana 2004, plus généreux, plus rond, moins austère mais avec la même énergie et la même impression de qualité. L’élevage est plus présent (18 mois en fût français): on est sur la pâtisserie, la fraise, le gâteau vanille, la confiture de fruits noirs. Un vin déjà accessible avec une bouche juteuse, des tanins mûrs, frais, sans jamais voir le jupon dépasser. C’est d’un plaisir incontestable mais on aurait souhaité y retrouver ce côté mystique présent dans le 2001 et qui s’est magnifiquement transformé dans le 1996. Le Mas La Plana 2006 devrait bientôt arriver sur nos tablettes. J’y ai vu un air de famille avec les millésimes précédents. Avec mon voisin de dégustation, on fait d’ailleurs écho aux vieux millésimes qui ont bercé notre jeunesse. Des vins encore vendus à prix d’ami que l’on peut oublier en cave sans souci. C’est chose peu courante de nos jours. Chapeau bas, Monsieur Torres!
* * * *





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MicasaCanoë VoyagesLifewise
22 mai 2012

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