Retour à l'accueil Cuisine & vins
ABC
HOMARD
Recettes simples
SEXY
Regard des hommes
Comment l'attirer?
PHOTOS
Rincez-vous l'oeil!
Nos galeries
Les caprices alimentaires
Page(s) | 1 |

Les caprices alimentaires

Être trop difficile à table peut cacher d’autres problèmes qu’une simple incapacité à choisir quoi manger.
Agence QMI
Parution
Septembre 2010
Pub.
Linda K., chef de bureau de 35 ans, a toujours été capricieuse au moment de passer à table. Enfant, ses parents étaient tout simplement désespérés de voir qu’elle ne mangeait que de la pizza, des bâtonnets de poisson et des pommes. Aujourd’hui, les choses n’ont guère changé, et elle est la première à le reconnaître: «mais il m’arrive de prendre un verre de vin. Et je mange aussi des poires… et des pâtes à la sauce tomate nature», dit-elle, si embarrassée de parler de ses goûts alimentaires limités qu’elle demande même que son nom de famille soit gardé secret.


Linda affiche un poids moyen et est en bonne santé. Elle prend chaque jour un supplément de vitamines pour combler ses déséquilibres nutritionnels. Toutefois son alimentation pour le moins restreinte (pizza au fromage seulement; pâtes avec sauce tomate lisse ne contenant… que de la tomate) l’empêche de socialiser convenablement. Elle a littéralement peur de certains aliments et se referme comme une huître à la seule pensée de devoir participer à un déjeuner d’affaires, à une réception, ou d’être invitée au restaurant.

Les caprices à table devraient normalement être surmontés avec l’âge. Cependant, de plus en plus d’adultes comme Linda avouent qu’ils ont une alimentation plus que restrictive et qu’ils vont même jusqu’à écarter complètement certaines catégories d’aliments comme les fruits ou la viande. Certains croient que cette situation est causée par le fait d’avoir été forcés à manger des aliments qu’ils n’aimaient pas quand ils étaient enfants; d’autres jugent qu’il s’agit essentiellement d’une affaire de goût et de texture.

Trouble de l’alimentation, phobie ou dépendance?


Aujourd’hui, on dit que les adultes dont le choix d’aliments est restreint en raison de leurs goûts limités souffrent d’un trouble de l’alimentation appelé «caprices alimentaires excessifs». Ce désordre est le fait de ne consommer qu’un nombre très restreint d’aliments, et ce, durant de nombreuses années. Selon l’University College du London’s Institute of Child Health, un centre de recherche sur la santé des enfants, jusqu’à 20 % des enfants de moins de 5 ans sont très capricieux à cet âge et certains développeront un trouble de l’alimentation de ce genre une fois adultes, c'est-à-dire qu’ils refuseront, éviteront et craindront même certains aliments. Certains psychologues croient que ce problème est une combinaison d’un trouble de l’alimentation, d’une phobie et d’une dépendance – mais on en sait très peu.

Dans le but d’étudier davantage la question, des chercheurs de l’Université Duke et de l’Université de Pittsburgh ont mis sur pied un registre public pour les adultes aux prises avec des caprices alimentaires excessifs. Ce registre vise à consigner les habitudes alimentaires des adultes capricieux en vue d’aider les chercheurs à mieux comprendre ce problème et de voir en quoi il est différent de la boulimie ou de l’anorexie, les deux formes de trouble de l’alimentation les plus fréquentes.

Un régime alimentaire qui peut devenir problématique


«Si vous êtes un adulte aux prises avec des caprices excessifs, il y a de bonnes chances que vous n’ayez pas une alimentation équilibrée», affirme la diététiste Fran Berkoff, chroniqueuse en nutrition pour Sun Media. «Si vous écartez systématiquement des nutriments comme les protéines, par exemple, et que vous ignorez comment en obtenir autrement qu’en mangeant de la viande et que vous n’en mangez pas, votre régime alimentaire peut vraiment devenir problématique.»

Lorsqu’elle voit en consultation un adulte avec une alimentation aussi restrictive, Mme Berkoff procède d’abord à une analyse de son alimentation afin de voir quelles sont ses carences. «Je vais ensuite voir s’il est possible pour cette personne de prendre une boisson au soja au lieu du lait ou du fromage qu’elle ne mange pas, pour au moins obtenir, aussi, du calcium. Si elle ne veut rien essayer, on peut envisager la prise d’un supplément.»

Le déni


Julie Notto, de Toronto, croit que les capricieux excessifs vivent tout simplement dans le déni lorsqu’ils restreignent leur apport alimentaire de la sorte. Directrice de programme à Sheena’s Place, un centre de soutien aux personnes souffrant de troubles alimentaires, Mme Notto se souvient de parents venus la consulter afin de savoir si les caprices excessifs de leur jeune fille étaient un réel problème alimentaire ou quelque chose d’autre. «Elle ne consommait aucun glucide, et seulement certains types de viandes et certains fruits et légumes bien précis. J’étais préoccupée par le fait que ces caprices pouvaient peut-être cacher un problème de restriction alimentaire. C’est la pente la plus glissante pour mener à un trouble de l’alimentation.»

Mme Notto estime que les caprices excessifs sont une forme de trouble de l’alimentation de plus en plus fréquent dans notre société. «C’est un mécanisme d’inadaptation qui s’inscrit dans la relation avec les aliments. Certaines personnes boivent trop, d’autres fument trop. À quel point vos caprices alimentaires affectent-ils votre qualité de vie, votre capacité à fonctionner au sein de votre famille ou avec vos amis? Voilà la question qu’il faut se poser. Néanmoins, vous savez qu’une personne a des problèmes lorsqu’elle refuse votre invitation à dîner, ou qu’elle ne veut pas aller au restaurant parce qu’elle ne peut rien manger de ce qu’il y aura au menu.»


Les caprices excessifs sont-ils un trouble de l’alimentation?


Un trouble de l’alimentation survient presque toujours lorsqu’une personne traverse une période de transition, selon Anne Elliott, directrice de programme à Sheena’s Place (www.sheenasplace.org).

«Il peut s’agir du passage de l’école secondaire au collège ou à l’université, ou d’une catastrophe telle que le divorce des parents. Dans des situations de ce genre, les enfants n’ont aucun contrôle sur ce qui se passe. Pourtant, l’une des choses que vous pouvez contrôler dans votre vie est certainement ce que vous mangerez… ou que vous ne mangerez pas.» Si une personne a des caprices excessifs parce qu’elle souhaite perdre du poids, se trouve trop grosse ou a une image déformée d’elle-même, ce genre de choses peut être considéré comme une forme de trouble de l’alimentation», reconnaît Mme Elliott.

«Cependant, si elle mange convenablement en regard du Guide alimentaire canadien mais qu’elle est simplement capricieuse, il ne s’agit pas d’un trouble de ce genre. Elle est capricieuse, tout simplement.»



Souffrez-vous de caprices excessifs?


Nous avons tous des aliments que nous aimons moins ou que nous ne mangerons tout simplement pas, mais selon le Duke Center for Eating Disorders, un centre américain spécialisé en troubles de l’alimentation, les adultes qui sont trop sélectifs ou trop capricieux ont bel et bien une alimentation inadéquate. Dans certains cas, la quantité de nourriture consommée est insuffisante pour favoriser une croissance adéquate. Dans d’autres, la variété trop limitée d’aliments consommés ne fournit pas tous les éléments nutritifs nécessaires à une santé optimale.



Pour plus de renseignements sur l’étude sur les caprices excessifs chez les adultes, réalisée par le Centre Duke (en anglais), consultez le www.eatingdisorders.mc.duke.edu.



MicasaCanoë VoyagesLifewise
22 mai 2012

Chroniques

Partenaires

Horoscope