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Les Montréalais sont fiers de leur
smoked meat et les New-Yorkais ne jurent
que par leurs sandwiches au pastrami.
Noah Bernamoff, 27 ans, originaire de Dollard-des-Ormeaux, s’est donné comme mission
de les convertir à la viande fumée «à
la Montréal».
Pourquoi personne n’y a pensé avant?
«Je pense que c’est une question de fierté.
Les New-Yorkais ne veulent pas admettre
que leurs sandwiches ne sont pas les
meilleurs. Ils font la même chose avec leurs
bagels!», explique Noah.
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Les magazines dont le New York Magazine parlent déjà du mets. |
Je le rencontre dans le local qui hébergera
sous peu Mile End, un petit delicatessen
de 19 places entièrement inspiré de Montréal
dans le quartier Boerum Hill de
Brooklyn. «J’aime quand c’est à l’étroit
comme chez Patati Patata sur le boulevard
St-Laurent», explique le nostalgique de sa
ville natale.
Les tables sont faites d’allées de quilles
recyclées. Une immense photo du Mile End
enseveli sous la neige ornera le mur principal.
Tout est prêt, il ne manque que
quelques permis et des visites d’inspecteurs.
À New York, on est dans le domaine
du très compliqué.
Un «buzz» se crée déjà autour
de l’endroit. «Quand est-ce que tu
ouvres?», crie un habitant du
quartier qui passe en voiture. Le
restaurant de Noah fait l’objet
d’une pleine page dans le dernier
numéro de
New York magazine. Le titre:
«Un petit comptoir initie les Deliphiles
au cousin canadien du pastrami»,
chapeaute l’article. Après un reportage
de quatre pages sur la poutine dans l’hebdomadaire
New Yorker la semaine
dernière, Montréal et ses curiosités
culinaires semblent titiller plus que
jamais les médias new-yorkais.
Noah Bernamoff a Montréal tatoué sur
le coeur. Et le ventre aussi. Il a grandi en
mangeant les smoked meat de Schwartz’s,
les plats de Beauty’s, les bagels de St-
Viateur et les sandwiches au salami de
Wilensky’s.
Pendant ses études en Sciences
politiques à McGill, il tombe amoureux
d’une étudiante new-yorkaise, se marie et
déménage à Brooklyn, où il habite depuis
3 ans. Dans ses temps libres, il fume sa viande
avec un barbecue de fortune sur son toit,
au grand plaisir de ses amis. Il arrête ses
études à la Brooklyn Law School pour se
consacrer à sa vraie
passion: ouvrir son
propre restaurant. Sans
expérience.
Au menu, il va offrir
ce qu’il décrit de «Greatest
Hits de Montréal».
Tous ces plats qui rendent Montréal
unique. Tout va être fait sur place. Même
ses cornichons. Il y aura aussi de la poutine,
il sera donc le 4e restaurant à New York
à l’offrir. Il va même faire venir des bagels
de l’ouest de Montréal.
«Mon smoked meat sera comparable à
celui de Schwartz’s. Je vais fumer à froid
mon propre saumon et faire mon propre
salami pour un sandwich inspiré de Wilensky’s». Ce dernier portera d’ailleurs le
nom de Ruth Wilensky, la doyenne de l’établissement
de la rue Fairmount, qui vient
d’avoir 100 ans. Aucun doute, on
retrouvera entre ces quatre murs un mini
Montréal.