|
|
Le Dr Bernard Ruffieux, professeur à
l’université Pierre-Mendès, à Grenoble,
en France, a présenté les résultats de ses
travaux à des étudiants de l’université Laval
et des spécialistes de l’alimentation,
en février dernier. Ses recherches, financées
par le gouvernement français, ont
pour but d’améliorer le bien-être des gens
par la nutrition.
|
Fruits et légumes trop chers
Le professeur a voulu observer le
changement de comportement dans les
achats des consommateurs en les plaçant
devant la situation suivante: si le
gouvernement français décidait d’augmenter
de 30 % la taxe sur les produits de
type
junk food (malbouffe) et de réduire
de 30 % le coût des fruits et légumes en
subventionnant ce groupe alimentaire,
est-ce que les gens adopteraient une
meilleure alimentation? Selon le Dr Ruffieux,
le gouvernement français envisage
sérieusement de mettre en place cette
politique de prix.
Ainsi, 160 femmes françaises, dont le
tiers souffraient d’un surpoids, ont accepté
de participer à cette étude. Parmi elles,
47 % provenaient d’un milieu défavorisé
tandis que les autres étaient issues de la
classe moyenne. Pendant deux heures, devant
un ordinateur, elles devaient faire
une épicerie virtuelle en choisissant parmi
180 produits, dont certains n’avaient
pas changé de prix. Le prix des fruits et légumes
était moins cher de 30 %, alors que
le prix du
junk food était plus cher de 30 %.
Avant l’étude du Dr Ruffieux, les gens
plus pauvres consommaient moins de
fruits et légumes et plus de
junk food.
Lors des travaux du professeur, tant les
femmes de la classe moyenne que les
femmes plus pauvres ont accru leur
consommation de fruits et de légumes et
ont diminué la malbouffe. Or, l’écart entre
les deux classes sociales a lui aussi augmenté,
c’est-à-dire que les femmes de la
classe moyenne achetaient plus de fruits
et légumes et moins de
junk food que les
femmes plus pauvres.
Données surprenantes
Le Dr Ruffieux a été très surpris de
constater à quel point la mise en place
d’une nouvelle politique de prix a eu un
effet bénéfique sur l’indice des prix à la
consommation (IPC) des populations
moyennes, mais a eu un effet très néfaste
chez les pauvres. «L’inflation a été plus
importante pour les femmes pauvres que
les femmes de la classe moyenne. On veut
changer les prix, mais pour la population
plus pauvre, cela se traduit par une hausse
du prix des aliments», dit-il.